lundi 21 décembre 2009
Israël: des organes ont été prélevés sur des Palestiniens
L'ancien chef du principal institut médico-légal israélien a reconnu que des organes avaient été prélevés sur des corps, notamment de Palestiniens, au cours des années 1990 sans l'autorisation des familles des défunts.
Le Dr Jehuda Hiss a fait ces déclarations dans le cadre d'un entretien accordé en 2000 à une universitaire américaine. Nancy Scheper-Hugues a décidé de ne le rendre public que maintenant en raison d'une controverse qui a éclaté l'été dernier à la suite d'un article d'un journal suédois laissant entendre que des soldats israéliens tuaient des Palestiniens pour faire commerce de leurs organes. Des allégations qu'Israël a vivement démenties.
Des extraits de l'entretien ont été diffusés ce week-end sur la deuxième chaîne de télévision israélienne. Le Dr Jehuda Hiss précise que des cornées ont été prélevées sur des cadavres "de manière extrêmement informelle". "Aucune autorisation n'était demandée à la famille", affirme-t-il. La chaîne affirme que dans les années 1990, les spécialistes de la morgue Abou Kabir prélevaient la peau, la cornée, les valves cardiaques et les os des cadavres de soldats et citoyens israéliens, de Palestiniens et d'étrangers, généralement sans même l'autorisation de leurs familles.
En réponse à ce reportage, l'armée israélienne a reconnu dans un communiqué l'existence de ces faits. "Ces activités ont cessé il y a dix ans, et cela n'arrive plus", selon Tsahal.
Dans son interview, le Dr Jehuda Hiss raconte la manière dont les médecins dissimulaient la disparition de la cornée. "Nous fermions les paupières avec de la colle" et "nous ne prenions pas de cornée quand nous savions que les familles ouvriraient les yeux".
De nombreux éléments étaient apparus au grand jour lorsque le médecin avait été renvoyé de l'institut en 2004, en raison d'irrégularités sur l'utilisation des organes prélevés. Il avait bénéficié d'un non-lieu et travaille toujours à l'institut.
Le Dr Hiss a dirigé l'établissement à partir de 1988. Mais d'après lui, dès 1987, des chirurgiens militaires avaient utilisé de la peau prélevée sur des corps pour des greffes de brûlés. Le médecin affirme qu'il pensait à l'époque que les familles avaient donné leur accord. Les prélèvements auraient cessé en 2000.
A l'époque de son renvoi, des familles de malades, de personnes et de victimes du conflit israélo-palestinien avaient porté plainte, mais rien ne prouvait la véracité des informations rapportées par le quotidien suédois "Aftonbladet", selon lequel des soldats israéliens auraient tué des Palestiniens pour récupérer leurs organes. Des responsables israéliens ont qualifié l'article d'"antisémite".
Même si les Palestiniens n'ont pas été les seuls concernés par cette pratique, Nancy Scheper-Hughes a décidé de rendre public cet entretien en raison de la "symbolique" autour du prélèvement de la "peau d'une population considérée comme étant l'ennemi".
Tout en assurant que tous les prélèvements avaient été autorisés par les familles, le ministère de la Santé a reconnu que "les recommandations de l'époque n'étaient pas claires".
Mark Levie
21.12.09
Source: Associated Press
dimanche 20 décembre 2009
Hugo Chávez: "Si le climat était une banque, les pays riches l'auraient déjà sauvé"
Le mandataire vénézuélien a demandé aux représentants des pays présents au sommet de changer le monde. "Sans cynisme, sans double discours, avec la vérité pour point de départ". Il a accusé les pays riches d’être responsables de l’impasse actuelle, faute de "volonté politique" pour baisser les émissions de C02.
"Si le climat était une banque les gouvernements des pays riches l’auraient déjà sauvé", a-t-il déclaré en faisant allusion aux pancartes déployées par les manifestants qui exigent un accord juste pour sauver le monde.
Dans son discours en plénière il a expliqué pourquoi le socialisme est la voie pour le sauvetage de la Terre face au capitalisme destructeur et déprédateur des ressources naturelles. Il a exhorté les gouvernements de toute la Terre à lutter contre la nature destructrice de ce système.
"Dehors grondent les peuples. J’ai repris quelques uns de leurs slogans. Le premier : ne changez las le climat, changez le système. Changeons le système et nous commencerons à changer la planète" a-t-il expliqué.
L’Histoire, selon lui, oblige aujourd’hui les peuples à mener la lutte contre le capitalisme au nom de l’égalité, de la justice et de l’humanisme, "si nous ne le faisons pas, cette merveilleuse création qu’est l’univers disparaîtra".
Il a averti les gouvernements du monde entier qu’"ils ne s’étonnent pas de ce qu’on cherche à imposer un document non participatif. Il y a un groupe de pays qui se croient supérieurs á nous, les pays écrasés comme nous appelle Eduardo Galeano. Nous ne pouvons rien attendre du système impérial, nous ne pouvons attendre aucune inclusion".
"Nous n’acceptons aucun texte qui ne provienne des groupes de travail, du protocole de Kyoto ou de la convention qui sont les moyens légaux de chercher une solution, il ne me semble pas logique qu’apparaisse un document du néant. Faisons pression pour que d’ici sorte un document contraignant, qui nous oblige à nous responsabiliser vis-à-vis de la planète".
"On pourrait dire qu’un spectre hante Copenhague, et parcourt en silence cette salle, rôde dans les couloirs. Il sort, revient. C’est le spectre du capitalisme. Avec leur modèle capitaliste les riches détruisent cette planète. Serait-ce qu’ils ont déjà fait leurs plans pour émigrer à une autre ?" a dénoncé Chávez.
Le mandataire a recommandé la lecture du livre "Comment les riches détruisent la planète" du journaliste et chercheur français Hervé Kempf, et a cité l’auteur en avertissant que nous ne "pourrons réduire la consommation matérielle, sur le plan global, sans faire descendre les puissants de quelques marches. Il est nécessaire de consommer moins et de répartir mieux".
Il a rappelé à l’audience que "sept pour cent de la population mondiale est responsable des 50 pour cent des émissions polluantes, alors que les 50 pour cent plus pauvres sont responsables des 7 pour cent des émissions globales".
Il a en outre affirmé que 60 pour cent des écosystèmes sont abîmés, que 20 pour cent de la terre est dégradée et que la diversité biologique s’éteint. "La planète est en train de perdre sa capacité de s’autoréguler, chaque jour se répandent des déchets qui ne peuvent plus être assimilés. Nous ne sommes pas nécessaires pour que la terre existe, mais sans elle nous ne pouvons vivre. Aidons à la sauver".
"Depuis les pays qui formons l’ALBA, nous exhortons les gouvernements et les peuples de la terre à lutter contre la nature destructrice du capitalisme, nous sommes obligés d’ouvrir la voie du sauvetage de l’espèce humaine", a-t-il ajouté.
18.12.09
Source : Radio Nacional de Venezuela
Traduction : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve
Copenhague, le sommet avorté des riches
A Copenhague, on a parlé (beaucoup), échangé (peu), négocié (sans perspective) sur le CO2. Surtout pas du sort des populations de la planète souffrant de la faim, du manque d’eau, des maladies, du sous développement, du pillage de leurs richesses, du blocage des transferts de technologies médicales et industrielles. Alors qu’ils se gavent toujours en surexploitant leurs ex-colonies, les riches et leurs descendants bobos ont tenté d’occulter à Copenhague leurs responsabilités historiques dans le dérèglement du climat en montant un cirque politico-médiatique limitant les problèmes de la planète au CO2.
Oser émettre la possibilité que d’autres facteurs entrent en jeu, oser évoquer les réflexions de scientifiques écartés du moule établi, oser simplement s’interroger relève du crime conduisant droit au bucher monté par les intégristes de tous poils. Pourquoi ? Le drapeau de la «défense de la planète» ou encore de «l’environnement» est la plupart du temps un cache sexe du capitalisme. Avec images et reportages télévisés à l’appui. Sarkozy se permettra-t-il d’enjoindre Bolloré de cesser de détruire les forêts africaines ? Obama décidera-t-il d’arrêter les chaînes de montage des 4X4, de réduire de moitié la consommation d’électricité à Washington ? Zapatero de fermer les détournements d’eau vers les super productions de tomates en Andalousie ? A Copenhague, il a été demandé aux pauvres de rester pauvres en leur proposant quelques miettes d’un argent pollué sur leur dos. Le reste n’est que gesticulations et propagande.
José Fort
18.12.09
Source: Le Grand Soir
samedi 19 décembre 2009
Marche et commémoration pour Gaza
Marche et commémoration pour Gaza - Solidarité avec le peuple palestinien
Marche : départ Avenue de Stalingrad, 13h30
Veillée commémorative : Place de la Monnaie, 16h00-18h00.
La "Gaza Freedom March", coalition internationale initiée aux Etats-Unis et visant à réunir des milliers de volontaires pour dire NON AU BLOCUS DE GAZA, est désormais lancée ! De tous les pays, des femmes et des hommes s’inscrivent pour participer à cette très belle aventure, qui les amènera à célébrer le changement d’année en montrant leur attachement aux Droits de l’Homme et au Droit international.
L’opération débutera le 27 décembre 2009, un an jour pour jour après le début des bombardements israéliens à la sortie des écoles de la Bande de Gaza.
Dans le cadre d’une action citoyenne et pacifique, nous organisons une marche symbolique et une veillée de commémoration à Bruxelles, pour :
- La levée du blocus de Gaza
- L’arrêt de la politique sioniste de colonisation et d’occupation de la Palestine
- Le soutien à la résistance du peuple palestinien
- La libération de tous les prisonniers palestiniens
- Le soutien à la campagne « Boycott Désinvestissement et Sanctions ».
Le départ de la Marche se fera au croisement de l’avenue de Stalingrad et du boulevard du Midi à 13h30, et nous achèverons cette Marche sur la Place de l’Albertine vers 15h30.
La Marche rejoindra en fin de parcours la Veillée commémorative sur la Place de la Monnaie, à partir de 16h00.
Nous lançons un appel à tous et toutes : citoyens, mouvements sociaux, mouvements syndicaux, ONG, comités de solidarité, représentants politiques à manifester avec nous, massivement, le 27 décembre 2009 à Bruxelles.
Premiers signataires : MOUVEMENT CITOYEN PALESTINE, COFECI (coordination des femmes citoyenne), INTAL, VPK (Vlaams Palestinakomitee), ABP, GPOS (Groupe Proche-Orient Santé), CODIP vzw, MCP (Mouvement chrétien pour la paix), COMAC QUARTIERS, VREDE vzw, LCR, PTB, EGALITE, ...
Saïdi Nordine
19.12.09
jeudi 17 décembre 2009
Pourquoi nous lutterons CONTRE un accord à Copenhague
Kyoto 2, la bouée de sauvetage du capitalisme
Le sommet de Copenhague vise à trouver un accord entre les Etats sur la suite à donner au protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Le projet sur la table des dirigeants est très semblable à celui de Kyoto, c'est à dire qu'il est basé sur le commerce du carbone et même étend les sphères auxquelles le marché des émissions pourra être appliqué.
Au prétexte de réduire les émissions de gaz à effet de serre, on a commencé depuis 2005, date d'entrée en application de Kyoto, à faire du carbone, l'élément le plus basique de la vie sur terre, une marchandise. L'accord de Kyoto n'est que cela. Toutes les réductions d'émissions auxquelles se sont engagés les pays riches depuis 1997 peuvent se monnayer en échange de la construction d'une centrale hydraulique ici, d'une plantation de palmiers à huile là-bas. Cet accord a-t-il permis de réduire les émissions? Non, puisque depuis 1990, le volume d'émission a augmenté de 40%, et cela malgré la dégringolade des économies de l'ex-URSS et des «démocraties populaires» qui ont largement participé à baisser le niveau des émissions en Europe. Jamais la croissance des émissions n'a été aussi rapide que depuis que Kyoto est entré en vigueur. Mais à quoi sert ce protocole alors? A faire de l'argent pardi! Et, pour être plus précis, à sauver le capitalisme mondial.
La guerre pour les ressources a commencé
Notre système économique a besoin, pour survivre, de produire toujours plus. C'est le principe même de la croissance et de l'accumulation du capital. Pour cela, il utilise toujours plus de ressources naturelles, des ressources toujours plus rares, qu'il doit arracher aux communautés rurales qui en dépendent. Ces vingt dernières années, on a donc vu un accaparement exceptionnel des richesses du monde par quelques dizaines de multinationales qui, pour prendre possession des terres, des réserves d'eau, des minerais et des ressources génétiques (semences et races animales) de la planète, n'hésitent pas à assassiner, à jeter en prison, à terroriser et à affamer des centaines de millions de personnes. Le protocole de Kyoto participe à cet élan d'expropriation en lui offrant une légitimité morale et un appui financier.
Les grandes entreprises ont un besoin particulièrement important d'énergie pour pouvoir continuer à produire en masse et à transporter les biens de consommation d'un bout à l'autre de la planète. Le protocole de Kyoto permet aux pays riches d'éviter de réduire leurs émissions en finançant le développement d'énergies soit-disant «propres» dans le Sud. Monocultures d'agrocarburants, barrages géants et méga-projets éoliens sont ainsi mis en place. L'énergie est ensuite acheminée vers les centres industriels ou les pays riches. De façon quasi-systématique, les populations locales sont chassées de leur territoire et n'ont aucun accès à l'énergie produite.
L'aspect durable de ces productions est plus que douteux: les plantations de maïs ou de palmiers à huile pour l'éthanol par exemple détruisent la biodiversité, consomment des quantités gigantesques d'eau, sont aspergées d'engrais et de pesticides et s'étendent le plus souvent au détriment de la forêt primaire. Mais surtout, ces énergies renouvelables ne permettent en rien une réduction des émissions de gaz à effet de serre, puisque la consommation d'énergies fossiles, loin d'être remplacée, continue elle aussi de progresser. Il est prévu que la consommation énergétique mondiale augmente de 50% d'ici à 2030, essentiellement grâce à la progression de la production de charbon, de gaz et de pétrole. Malgré des investissements massifs, les énergies renouvelables ne constitueraient alors que 2% de la consommation totale. Cette perspective, prise comme référence par l'Agence Internationale de l'Energie, est apocalyptique. Elle a néanmoins le mérite de montrer que les beaux discours sur les énergies renouvelables servent plus à légitimer une croissance généralisée de la production d'énergie qu'à sauver le climat.
A Bali et à Poznan, les négociations ont visé à introduire de nouveaux secteurs dans le commerce du carbone: les forêts (via le mécanisme intitulé REDD) et les terres agricoles. Une entreprise polluante en Europe pourra choisir de ne pas réduire ses émissions et compenser en achetant des crédits-carbone à une entreprise en Indonésie qui possède une forêt. D'ores et déjà et alors même que l'accord n'est pas encore signé, des investisseurs en recherche d'un placement «durable» commencent à acheter des territoires entiers au détriment des populations qui les habitent. Ils vendent ensuite les crédits-carbone sur des marchés volontaires et font double profit en commercialisant le bois. La protection de l'environnement est en quelques années devenu l'alibi le plus commun pour expulser des communautés et laisser la place libre aux multinationales. Alors qu'en 2008 40 milliards d'ha de terres ont déjà été accaparées par les multinationales et certains pays, Kyoto va encore accélérer l'expropriation des territoires des populations rurales.
Pauvres et coupables
Le changement climatique et le commerce du carbone n'offrent pas seulement la possibilité pour les grandes entreprises de s'emparer des richesses du monde, ils permettent aussi de justifier auprès des travailleurs le retour de la rigueur. A Poznan lors du sommet sur le climat de 2008, de grandes pancartes affichées dans la gare centrale présentaient les 10 Commandements du 21e siècle. On pouvait lire «Ne prends pas l'avion, Recycle, Utilise le vélo plutôt que la voiture, Evite tous les produits avec emballage plastique, Evite tous les produits venant de loin, N'achète pas à moins d'être sûr que tu as besoin de ce produit, Ne produis pas plus de deux enfants, Ne fais rien qui nécessite des terres ou de l'eau jusqu'ici non utilisées, Suis tous ces commandements de façon facile et économique, pour toi et les autres».
Chacun sait que les grands de ce monde ne fréquentent pas les gares, ce message ne leur était donc évidemment pas destiné. Pendant qu'on s'évertue à convaincre la population de changer ses ampoules et de fermer le robinet pour se brosser les dents, d'autres peuvent tranquillement continuer leur travail de pillage de la planète. Et nous faire la leçon pour accepter une petite réduction salariale, quelques heures de travail en plus, au nom de la simplicité volontaire et de la solidarité avec les ours polaires.
Cet accaparement massif des richesses et le démantèlement des politiques sociales ont conduit à une explosion de la misère dans le monde. Un tiers des urbains habitent maintenant dans des bidonvilles et un milliard de personnes ont faim (un milliard!). Jamais le fossé entre les plus riches et les plus pauvres n'a été si gigantesque. Le terme «pays en voie de développement» cache pudiquement une vérité autrement plus crue: la pauvreté s'accroit. Dans le Sud, mais aussi dans nos pays soit-disant prospères.
Toujours plus de profits pour une catastrophe toujours plus proche
Pour une fois, soyons clairs: la crise climatique n'est qu'un aspect de la crise environnementale globale, qui elle-même n'est que le résultat de l'accaparement et de la surexploitation des richesses naturelles par une poignées d'entreprises multinationales dans le seul but de faire du profit. La sur-consommation des ressources naturelles, et notamment des énergies fossiles, ne vise pas à alimenter, chauffer, abriter les gens, bref, à répondre aux besoins des populations, mais à produire des voitures, des gadgets, du soja transgénique, des voyages aux îles Baléares, pour nourrir la croissance mondiale. Nous pillons la planète pour produire de l'inutile! Et cela alors même qu'une personne sur six ne mange pas à sa faim! Le monde regorge d'assez de richesses pour assurer à 9 milliards d'êtres humains une vie digne, mais pas pour produire toujours plus de biens superflus dans le seul but de garantir la pérennité d'un système économique et financier basé sur la rémunération du capital (les taux d'intérêt sont le premier maillon qui justifie la croissance économique).
La question posée par le changement climatique est donc celle du partage des richesses. Kyoto, de même que l'accord proposé à la signature à Copenhague, accroissent l'inégalité de l'accès aux richesses naturelles en accélérant la privatisation du monde. C'est pour cela que ces accords sont pour nous inacceptables.
Changeons le système, pas le climat!
C'est sous ce slogan que manifesteront le 12 décembre les partisans de la «justice climatique». Une manifestation pour dire NON aux fausses solutions présentées dans le sommet officiel -non au commerce du carbone, non aux agrocarburants, non au nucléaire,...- mais aussi et surtout pour proposer de vraies solutions. Le 16 décembre, Climate Justice Action tentera de s'emparer de la conférence pour y donner la parole à celles et ceux, peuples autochtones, paysan-ne-s, femmes rurales, pêcheurs artisanaux, qui depuis des millénaires contribuent par leur travail à stocker du carbone dans les sols, à renouveler la biodiversité, à prendre soin de l'eau, tout en produisant ce dont les communautés ont besoin pour bien vivre.
Les solutions face à la crise climatique ne requièrent ni de la haute technologie ni des sommes d'argent colossales; elles demandent de la volonté et du courage politiques. En lieu et place du commerce du carbone, quatre priorités devraient s'imposer pour faire face à la grave crise actuelle:
- La réforme agraire, c'est-à-dire la redistribution des ressources naturelles telles que la terre, l'eau et les semences, au bénéfice des populations. En 2006, lors de la Conférence Internationale sur la Réforme Agraire et le développement Rural, 92 pays se sont mis d'accord sur la nécessité de relancer le processus de réforme agraire dans le monde. Cependant, l'opposition farouche de l'Union Européenne et des Etats-Unis a bloqué tout progrès dans ce sens depuis lors.
- La relocalisation de la production, et notamment de la production alimentaire, en appliquant la souveraineté alimentaire et énergétique. Le transport des marchandises tient une place importante dans les émissions de gaz à effet de serre; il faut donc soutenir les productions locales, nationales et régionales et autoriser la protection des marchés. L'OMC doit être démantelé et les accord bilatéraux de libre-échange stoppés.
- L'annulation de la dette des pays pauvres, qui les contraint à favoriser les productions d'exportation au détriment du bien-être de leurs populations.
- La réforme totale du système financier avec notamment l'interdiction pour les banques de créer de la monnaie via le crédit.
Nos gouvernements actuels, englués dans la corruption, ne sont pas ceux par qui le changement aura lieu. Ils jouent tout juste le rôle de marionnettes dociles aux mains du pouvoir économique et financier. L'enjeu majeur des mobilisations de Copenhague est de bouleverser le rapport de force entre les multinationales et les populations, de reprendre le pouvoir (Le nom de l'action du 16 décembre est «Reclaim Power!»), de mettre en lumière la duperie monstrueuse que représente Kyoto et le marché du carbone pour que des milliers, des millions de personnes, rejoignent les luttes pour la réappropriation des territoires, des savoirs, pour des vies dignes et solidaires.
Décembre 2009 n'est qu'une étape dans le processus de renforcement de ce mouvement. Qu'un accord soit signé ou non à Copenhague, nous sommes maintenant en marche.
Morgan Ody
12.12.09
"AFFAIRE DHKP-C"
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Mercredi 16 décembre 2009
Le verdict, annoncé pour le 16 décembre, est (à nouveau) reporté !
D’abord suggéré pour le 14 juillet 2009, puis postposé au 16 décembre, le verdict – qu’ont à rendre les juges de la 13è Chambre de la Cour d’Appel de Bruxelles – devrait finalement être connu… le mercredi 23 décembre 2009. Telle est, en effet, la énième surprise judiciaire étalée ce jour, dans une affaire pénale et politique qui aura été secouée depuis ses débuts (en 1999) par d’incessants et sensationnels rebondissements.
Le CLEA réitère donc ses précédents appels à la mobilisation afin que, le mercredi 23 décembre (dès 8 h30), ses sympathisants assistent nombreux au prononcé d’un Arrêt qui fera date et jurisprudence. Ce jugement précisera, en effet, l’interprétation que la Justice sera dorénavant autorisée à donner à une série de lois liberticides récemment adoptées par notre pays…
RAPPEL
1999-2009
quatre procureurs, quinze juges,
quatre procès, deux Cassations,
dix années d’acharnement judiciaire...
Ça suffit !
Bahar, Kaya, Musa, Sükriye ne sont ni des malfaiteurs, ni des criminels, ni des terroristes
Afin de les condamner coûte que coûte, la Justice, acharnée, a pourtant décidé de les juger une nouvelle fois.
Mercredi 23 décembre, prenez donc congé et, dès 08h30, soyez avec nous au Palais de Justice de Bruxelles... La Cour d'Appel y rendra son verdict en exécutant un ultime coup de théâtre !
Pour toutes infos
www.leclea.be
Vraiment, croyez-vous encore au Père Noël ?
Qu’on se le dise, rien n’a vraiment changé !
En voici quelques exemples :
- A Tubize et Zulte, des familles avec enfants sont toujours enfermées, non plus dans des camps, mais dans des maisons individuelles...et toujours en vue d'une expulsion... belle hypocrisie...
- L'ancienne "ministre de l'immigration", l'ultra libérale Annemie Turtelboom a laissé en héritage, une semaine avant son départ, une circulaire ordonnant aux bourgmestres et chefs de police des enquêtes de voisinage, et appelant à dénoncer les sans papiers de vos quartiers. Cette circulaire est toujours d'application et la chasse est plus-que-jamais ouverte dans le plus grand silence…!
- L’Etat fédéral a débloqué quelques 11 millions d’euros pour construire un nouveau CAMP d’expulsion juste à côté du tristement célèbre 127Bis. Les travaux sont déjà entamés et révèlent une structure encore plus cloisonnée! De quoi enfermer mieux et plus…!
En d’autres mots donc, on continue de renforcer une politique xénophobe sur fond de discours faussement humanitaires… Et la question reste alors :
Comment humaniser une chose qui est inhumaine ???
La fête de Noël approche à grands pas et avec elle les cadeaux et les bonnes résolutions pour l’année prochaine, à cette date symbolique nous voulons penser à ceux qui ne pourront pas faire la fête comme nous tous…les exclus du système social dans lequel nous vivons, les indésirables qu’on enferme et qu’on expulse juste parce leurs documents ne sont pas en règle, les étrangers…
Pour les soutenir et crier notre révolte contre les centres fermés, nous vous invitons à nous rejoindre:
Appel à un Rassemblement de Noël au Camp d'expulsion 127bis
Dimanche 20 décembre à 14h
(Train Gare du Nord Bruxelles 13h44 direction Leuven – Arrêt gare de Nosseghem)
mercredi 16 décembre 2009
Trois poids, trois mesures: le Mahatma Gandhi, Barack Obama, Aminatou Haïdar
«Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer.»
Mahatma Gandhi
Barack Obama a reçu officiellement, ce 10 décembre 2009 à Oslo, son prix Nobel de la paix. Empêtré dans deux conflits en Irak et en Afghanistan, il est néanmoins distingué par l’académie norvégienne du prix Nobel. C’est, dit-on, une héroïque infirmière militaire britannique, qui convainquit Alfred Nobel de créer un prix de la paix pour compenser le mal fait par la dynamite dont il était l’inventeur. Or, parmi les lauréats qui ont reçu le prix depuis sa création, en 1901, quelques-uns ne s’étaient pas montrés particulièrement rétifs à l’utilisation militaire des explosifs. À commencer par le président américain Théodore Roosevelt, prix Nobel en 1906 qui, en dépit de son aimable sobriquet de «Teddy», était un militariste avéré, de même que certains en vrac : l’Egyptien Anouar al-Sadate, l’Israélien Menahem Begin, le Palestinien Yasser Arafat, l’Américain Henry Kissinger, ou encore le Vietnamien Le Duc Tho, qui devait, lui, prudemment le décliner. Avec 21 prix Nobel de la Paix à ce jour, les Etats-Unis détiennent le record du genre, devant le Royaume-Uni et la France. Mais de Jimmy Carter à Barack Obama, Washington aura initié nombre d’opérations militaires dans le monde entier, parfois comme en Irak, sans motifs justifiables a posteriori. Les archives du comité Nobel s’ouvrant au bout de 50 ans, on connaît maintenant les finalistes auxquels le prix a échappé dans la dernière évaluation. Ainsi Adolph Hitler a-t-il été proposé en 1939, Mussolini en 1935 et Staline par deux fois, en 1945 et 1948.
Le Nobel de la paix au pays de la guerre
On sait aussi que le Nobel est avant tout une récompense de ceux qui sont dans la mouvance de la doxa occidentale. Pendant la guerre froide, toutes les méthodes de déstabilisation de l’Union soviétique ont été utilisées. Souvenons-nous du prix Nobel de littérature attribué à Boris Pasternak pour un manuscrit sorti de derrière le rideau de fer par la CIA, dans des conditions rocambolesques. Souvenons-nous de Soljenitsyne à qui on a attribué le prix Nobel pour lui donner une réputation d’intouchable et qui fut par la suite récupéré par l’Ouest. Ce fut par la suite durant l’ère Reagan, l’électricien Lech Walesa qui déstabilisa la Pologne, eut le prix Nobel, devint président mais ne fit pas illusion trop longtemps, il fut balayé au bout d’un mandat. Ce fut aussi Mgr Belo [inconnu jusqu’alors] qui eut à lutter contre l’Indonésie pour l’indépendance de son île, le Timor oriental, et le prix Nobel lui a donné une dimension planétaire. Je citerai pour mémoire les deux prix Nobel de la honte acceptés par Sadate et Arafat pour reddition en rase-campagne devant Israël. Seul Jean-Paul Sartre eut la dignité et le courage de refuser le prix Nobel.
Peut-on recevoir le Nobel de la paix tout en faisant une guerre en Irak et en Afghanistan ? Barack Obama n’a pas cherché à esquiver la polémique en recevant jeudi son prix à Oslo, en Norvège. Le président américain a accepté sa médaille avec «une profonde gratitude et humilité».
Relevant l’ironie qu’un président d’un pays «au milieu de deux guerres» reçoive le Nobel de la paix, le démocrate a souligné «la dure vérité qui veut que les conflits armés ne seront pas éradiqués de notre vivant». «Dire vouloir la paix ne suffit pas à l’obtenir», a asséné le président américain, ancien professeur de droit. «Si la paix est l’objectif, la guerre est parfois justifiée», a-t-il insisté. «Un mouvement non violent n’aurait pu stopper Hitler ou persuader Al Qaîda de déposer les armes», a-t-il cité en exemple. «Dire que la violence est nécessaire n’est pas cynique mais une reconnaissance de l’histoire et des imperfections de l’homme.» «Avec le sang de nos citoyens, nous avons œuvré à un monde plus juste, de l’Allemagne à la Corée. Nous avons amené la démocratie dans les Balkans. Nous n’agissons pas par intérêt mais nous voulons un avenir meilleur pour nos enfants.»
Rappelant que la paix suppose non seulement le respect des droits politiques et civils mais aussi la «sécurité économique», le président américain a exhorté le monde à faire face au changement climatique et aider les pays pauvres. «Il faut tenter d’atteindre le monde tel qu’il devrait être, atteindre l’étincelle de divin qui est en chacun de nous», a lancé le chef d’Etat américain. «Nous pouvons comprendre qu’il y aura encore des guerres mais encore et toujours poursuivre la paix. Nous pouvons y arriver, c’est l’histoire du progrès humain.» Ovations de l’assistance.
Obama a défendu le concept de «guerre juste». Il se prend pour saint Thomas qui, dans «La Somme Théologique», définit les principes d’une guerre juste : «Si la paix est l’objectif, la guerre est parfois justifiée», a-t-il insisté. «Avec le sang de nos citoyens nous avons œuvré à un monde plus juste de l’Allemagne à la Corée. Nous avons amené la démocratie dans les Balkans. Nous n’agissons pas par intérêt mais nous voulons un avenir meilleur pour nos enfants.» «Même confronté à un adversaire qui ne respecte aucune règle, les Etats-Unis doivent rester la référence en matière de respect du droit dans la conduite de la guerre.»
On l’aura compris : Obama étend sa guerre juste à l’Afghanistan et au Pakistan. (...)
Pourquoi Gandhi n’a jamais eu le Nobel ?
«À vrai dire, on ne sait ce qui doit le plus surprendre : l’attribution d’une si prestigieuse distinction à Barack Obama, la mise en scène grotesque qui l’accompagne, ou encore la méthode utilisée pour corrompre le jury et détourner ce prix de sa vocation initiale. (...) Ainsi, Barack Obama aurait été le plus méritant des militants de la paix en 2008 et n’aurait commis aucune atteinte majeure au droit international en 2009. Sans parler des personnes toujours détenues à Guantanamo et Bagram, ni des Afghans et des Irakiens confrontés à une occupation étrangère, qu’en pensent les Honduriens écrasés par une dictature militaire ou les Pakistanais dont le pays est devenu la nouvelle cible de l’Empire ?» Il faut lire l’article de Thierry Meyssan pour comprendre les liens de l’administration avec le Comité Nobel, on ne sera pas alors surpris de cette attribution comme l’est Obama qui a beaucoup travaillé au Ghana avec le président du Comité Nobel... (1)
Que penser alors de la politique de Obama si l’on se réfère à la non-violence de Gandhi qui a perturbé l’Occident au point de ne pas lui attribuer le prix Nobel ? «Dès que nous perdons la base morale, écrit Gandhi, nous cessons d’être religieux.» «Les paroles de Mahomet sont un trésor de sagesse, pas seulement pour les musulmans mais pour l’humanité entière.» «Je suis hindouiste, je suis aussi un chrétien, un musulman, un bouddhiste et un juif.»
Gandhi pouvait admirer les avancées technologiques et le bien-être économique que donnait la civilisation occidentale moderne, mais pointait également ses lacunes et les nouveaux risques et besoins qu’elle apportait à l’individu. Dans son livre Hind Swaraj or Indian home rule (Leur Civilisation et notre délivrance) où il fait la critique du développement et de la notion même de civilisation telle qu’idéalisée par la Grande-Bretagne et les Occidentaux, Gandhi montre que chaque progrès réalisé d’une part, correspond à une aggravation des conditions de vie, de l’autre, que la civilisation occidentale a laissé de côté la moralité et la religion, qu’elle a créé de nouveaux besoins liés à l’argent et impossibles à satisfaire, qu’elle accroît les inégalités et voue à l’esclavage une grande partie de l’humanité. Pour lui, ce type de civilisation est sans issue : «Cette civilisation est telle que l’on a juste à être patient et elle s’autodétruira.» Time Magazine a nommé Gandhi la «Personnalité de l’année» en 1930 et Gandhi fut derrière Albert Einstein comme «Personnalité du siècle» en 1999. Le magazine a désigné le dalaï-lama, Lech Walêsa, Dr Martin Luther King, Jr, Cesar Chavez, Aung San Suu Kyi, Benigno Aquino, Jr, Desmond Tutu et Nelson Mandela comme enfants de Gandhi et héritiers spirituels de la non-violence. Gandhi a été nommé en 1937, 1938, 1939, 1947 et 1948 au prix Nobel de la paix, mais sans jamais l’obtenir. Plus tard, certains membres du comité regretteront publiquement que le prix ne lui ait jamais été accordé. Le président du comité dira, au cours de la remise du prix au dalaï-lama en 1989, que le prix est remis en partie à la mémoire du Mahatma Gandhi.
Justement à propos de non violence à laquelle se réfère Barack Obama sans s’en inspirer, il est une autre cause non-violente :celle de l’indépendance d’un peuple symbolisé par une icône : Aminatou Haidar, qui est en train de s’éteindre inexorablement dans le hall d’un aéroport occidental : Lanzarote. Il est fort à parier Si le conflit du Sahara occidental intéressait l’Occident, si Aminatou Haïdar était par exemple, chrétienne, toutes les foudres du monde s’abattraient sur le Royaune chérifien. Aminatou Haidar ne remplit aucune de ces conditions, si ce n’est qu’elle veut être libre dans son pays. La militante des Droits de l’homme, qui eut plusieurs distinctions, a été persécutée et réprimée par les autorités marocaines à plusieurs reprises. En 1987, alors âgée de 21 ans, elle a participé à une manifestation dont le but était de demander l’organisation d’un référendum pour l’indépendance du Sahara. Elle a alors été mise en détention dans la prison pour une durée de 4 ans. En 2005, elle a été condamnée par la justice marocaine à un séjour de 7 mois dans une prison à Laâyoune.
Pour les indépendantistes du Polisario, cette femme de 42 ans est assurément «la Gandhi sahraouie». Une chose est sûre : Aminatou Haïdar, refoulée sans ménagement le 13 novembre de l’aéroport de Laâyoune - ville où elle habite avec ses deux enfants - en direction des îles Canaries, et, depuis, déclarée persona non grata au Maroc, est une militante déterminée.(...) La militante sahraouie est très affaiblie par ses 25 jours de grève de la faim. Elle a réaffirmé jeudi sa «revendication» de rentrer au Sahara occidental, «morte ou vivante, avec ou sans passeport», lors d’une conférence de presse à l’aéroport de Lanzarote. A l’occasion de la Journée internationale des Droits de l’Homme, elle a lancé «un appel urgent en faveur des droits de mon peuple, en faveur du peuple sahraoui». Mme Haïdar «ne peut être laissée mourir à petit feu sur un territoire européen», écrit Mohamed Abdelaziz dans une lettre adressée à M.Sarkozy.
En 2008, l’Afsc, (Americain Friends Service Committee) a proposé sa nomination au prix Nobel de la paix. On l’aura compris, elle ne correspond au format en odeur de sainteté exigé par ces messieurs du Nobel. La lutte du peuple saharaoui est complètement escamotée au point de devenir un conflit oublié. Il est à craindre que la militante meure et l’Occident portera à la fois dans cette mort injuste pour la paix et plus largement, une responsabilité quant aux souffrances du peuple sahraoui depuis 1975. Ainsi va le monde façonné par l’impérialisme occidental.
Chems Eddine Chitour
15.12.09
Note:
1.Thierry Meyssan : Le dessous du prix Nobel de la paix 2009 - Réseau Voltaire 13 octobre 2009
Source: Le Grand Soir
Gaza freedom march
La "Gaza Freedom March", coalition internationale initiée aux Etats-Unis, et visant à réunir des milliers de volontaires pour dire NON AU BLOCUS DE GAZA, est désormais lancée ! De tous les pays, des femmes et des hommes s’inscrivent pour participer à cette très belle aventure, qui nous amènera à célébrer le changement d’année en montrant notre attachement aux Droits de l’Homme et au Droit international.
L’opération débutera le 27 décembre 2009, un an jour pour jour après le début des bombardements israéliens à la sortie des écoles de la Bande de Gaza.
Dans le cadre d’une action citoyenne et pacifique, nous organisons une marche symbolique à Bruxelles, dont le but est notre devoir de mémoire, concernant les massacres qui ont été commis l’an passé à Gaza, ainsi qu’exprimer notre soutien envers la résistance de ces milliers de personnes victimes encore et toujours de la double mesure, qui consiste a soutenir l’impunité et protéger les criminels de guerre plutôt que d’œuvrer à appliquer la justice en Palestine et à Gaza en particulier.
Notre départ se fera au croisement de l’avenue de Stalingrad (13h30) et du boulevard du Midi (statue Trompette), et nous achèverons cette Marche sur la Place de l’Albertine (15h30).
La Marche rejoindra en fin de parcours le rassemblement organisé par Intal à la Place de la Monnaie à partir de 16h00.
Merci d'envoyer votre signature et de faire signer ce texte à : mcpalestine@netcourrier.com
Nordine Saïdi
Mouvement Citoyen Palestine
16.12.09
mardi 15 décembre 2009
En direct du couloir de la mort civile
Au cours de cette audience doublement décisive, nous saurons en effet si, d’une part, la nature et le contexte de l’expression d’une opinion peuvent déterminer et justifier l’interdiction de celle-ci et, d’autre part, si l’expression d’une opinion politique peut conduire ou non à la condamnation de son auteur pour terrorisme.
Dans le cas présent, l’accusation portée par le procureur fédéral concerne l’expression d’idées (pourtant non radicales) et l’organisation d’activités (pourtant à caractère humanitaire) à partir d’un bureau d’information qui se situe, géographiquement, dans le quartier des institutions européennes à Bruxelles mais, politiquement, dans une mouvance anatolienne d’inspiration marxiste, clandestine en Turquie, et jusqu’à nouvel ordre, légale en Belgique, à savoir le DHKP-C.
Jouant sur les mots et esquissant des scénarios biscornus et calomnieux, le procureur fédéral a misé sur la peur du «rouge» et de l’étranger dans une Flandre de plus en plus frileuse dans son rapport avec «l’autre». Toutefois, à sa grande surprise, les voix démocratiques des deux côtés de la barrière linguistique se sont aussitôt unies pour exiger le respect des libertés d’expression et d’association attaquées de plein fouet dans ce procès.
Peu nombreuses au début, ces voix courageuses et libres ont réussi à rallier une partie non négligeable du monde associatif et à faire entendre un son de cloche différent quant aux lois dites sécuritaires.
Dix ans tout de même que ce procès dure, instruction comprise. Cela équivaut à une cinquantaine d’audiences, des dispositifs de sécurité impressionnants avec des déploiements abusifs d’unités d’élite et de policiers, des frais d’enquête et de traduction colossaux, des réunions secrètes onéreuses réunissant le gratin national et international de l’antiterrorisme, un total de plus de six années de détention préventive effective dont plus des deux tiers en régime d’isolement inhumain pour sept des onze inculpés, des milliers d’heures d’écoutes téléphoniques, de filatures pédestres et de surveillance informatique. Pendant des années, le procureur fédéral s’est frauduleusement doté d’une escorte privée, en prétextant fallacieusement que nous, inculpés, le menacions. Le tout a coûté des dizaines de millions d’euros au contribuable.
Tout ça pour quoi? Pour persécuter des militants politiques. Des militants qui n’ont jamais commis le moindre acte de violence, ni n’en ont eu l’intention, ni en Belgique ni ailleurs dans le monde.
Parmi nous, un seul camarade a commis des faits jugés délictueux par la législation belge. Il s’agissait en réalité de peccadilles relativement compréhensibles et légitimes dans leur contexte singulier. Des actes qui lui auraient valu une petite peine de prison et une amende. Si le procureur fédéral avait été juste et honnête, seul ce camarade aurait été condamné, l’affaire aurait été traitée en quelques semaines et quasi personne en Belgique n’aurait entendu parler du DHKP-C.
Mais le Parquet fédéral en a voulu autrement. Il a préféré se livrer à un show. Avec une seule obsession en tête: faire avaler la loi antiterroriste à la population coûte que coûte en nous faisant passer pour des dangers publics.
Mais, plus il a voulu faire taire le DHKP-C et plus le DHKP-C a gagné en audience et en sympathie.
Le procureur fédéral a ainsi offert, malgré lui, une tribune inespérée au DHKP-C, une tribune que le mouvement révolutionnaire ne demandait même pas.
Ce procès illustre ainsi de manière éclatante le caractère non seulement cruel mais aussi et surtout absurde de la répression politique.
Il met en outre à l’honneur toutes les voix démocratiques réfractaires à la pensée unique des élites iniques.
En effet, quel que soit l’issue du prononcé du 16 décembre, les démocrates sincères de notre pays ont fait goûter de nombreuses défaites au serviteur zélé de l’État et de la doctrine américaine de guerre contre les peuples.
Elles ont réussi à lui mettre des bâtons dans les roues, à porter le débat sur la place publique, à sortir les inculpés de l’isolement carcéral et politique, à renverser la vapeur dans un combat qui semblait pourtant perdu d’avance.
Nous, inculpés, avons également gagné plusieurs batailles: nous sommes avant tout restés debout. Nous sommes restés des militants tant en liberté que derrière les barreaux, et c’est là notre plus grande victoire, sachant que si le procureur nous a tant éprouvé sur le plan moral, physique et financier, c’est pour nous intimider, nous réduire au silence, nous pousser à la capitulation. Or, nous sommes aujourd’hui plus que jamais déterminés à poursuivre notre combat pour un monde plus juste, sans domination impérialiste, sans privilèges, sans guerres et sans misère.
Tout récemment, nous avons réussi à faire libérer Güler Zere, une camarade atteinte d’un cancer terminal et que les autorités turques maintenaient illégalement en captivité.
Malgré la menace d’emprisonnement qui pèse sur nous, nous poursuivons la lutte pour la libération de tous les prisonniers politiques malades de Turquie.
A l’ombre de l’épée de Damoclès, nous combattons le terrorisme de la lutte antiterroriste, la torture, les exécutions extrajudiciaires, l’isolement carcéral et la censure, en Turquie, en Europe et ailleurs.
Aujourd’hui, nous poursuivons la lutte contre le terrorisme international, en militant pour la fermeture de la base militaire américaine d’Incirlik en Turquie et contre l’envoi de soldats turcs en Afghanistan.
Aujourd’hui, nous continuons à faire entendre les aspirations légitimes du peuple kurde dont les libertés d’expression et d’association ont une nouvelle fois été bafouées suite à l’interdiction par la Cour constitutionnelle turque de son principal représentant, le Parti pour une société démocratique (DTP).
Aujourd’hui, nous continuons à bâtir des ponts entre les peuples et les cultures, entre le Nord et le Sud.
Aujourd’hui, nous continuons à organiser la colère des opprimés en force positive, en énergie créatrice, en projet d’avenir pour l’humanité.
Aujourd’hui, nous continuons à vivre, à aimer et à résister sans nous soucier des lendemains incertains.
Alors, au final de ce long marathon judiciaire, que peut-il vraiment nous arriver de grave?
Dans mon cas, au pire, je risque quelques années de prison avec toutes ses conséquences douloureuses: entre autres, l’éclatement forcé de ma famille avec une épouse qui devra assumer quasi seule les innombrables responsabilités familiales, un fils en bas âge qui grandira loin de son père, l’impossibilité d’assister à la naissance de mon second fils [annoncée dans cinq mois - ndlr], la violence physique et morale de la confrontation avec l’univers carcéral pour ma famille et mes amis et une énorme dépense d’énergie pour mes visiteurs. Une fois dehors, avec un casier judiciaire entaché, mes libertés politiques seront gravement restreintes ainsi que mon droit de voyager, déjà fortement compromis en raison d’un signalement Interpol abusif émis par le régime d’Ankara. J’aurai des difficultés à l’embauche, situation que je subis déjà depuis de nombreuses années, et puis, surtout, une sacrée réputation de terroriste et de taulard qui suscitera immanquablement méfiance et effroi.
Ce châtiment n’est pas sans rappeler celui de la «mort civile» propre à l’Ancien Régime.
Il n’y a en somme rien d’exceptionnel à cette situation funeste car hormis le label peu commun et peu commode de terroriste, l’exclusion matérielle et morale vaut pour quasi tous les prisonniers.
Et puis, il faut raisonnablement reconnaître que ces préjudices ne sont pas grand-chose comparés à la souffrance de ces milliards d’être humains pour qui nous déclarons nous battre.
Ceci étant, ma condamnation, aussi minuscule soit-elle, entraînerait automatiquement la mort civile (et peut-être même plus) de Deniz, mon épouse, dont le seul crime est de s’être mariée avec moi. En avril 2007, le Procureur du Roi fit opposition à sa demande de naturalisation en prétextant ses opinions politiques suite à quoi elle introduisit un recours devant le Tribunal de première instance de Bruxelles. Le 19 novembre 2008, la 12e Chambre refusa de statuer en attendant la suite de mon procès. Or, pour refuser une nationalité, seuls des faits personnels graves peuvent être invoqués. Dans notre cas, la juge s’était appuyée sur une jurisprudence de 2002 qui lui permettait de tenir compte de relations entretenues avec des personnes de «moralité douteuse» pour justifier son refus de statuer. Par conséquent, si je suis condamné à la moindre peine, je devrai porter cette appellation injurieuse tandis que mon épouse sera davantage exposée à un éventuel mandat d’arrêt international émis par l’État turc car elle ne sera protégée par aucune nationalité. On se souviendra que ma nationalité belge joua un rôle déterminant dans mon retour en Belgique après la tentative d’extradition vers la Turquie via les Pays-Bas que notre vaillant paladin antiterroriste appelé prosaïquement procureur fédéral ourdit illégalement à mon encontre.
Pour Deniz, la nationalité belge constituerait une garantie essentielle pour sa sécurité, ce que ma condamnation pourrait définitivement compromettre.
Deniz vit depuis 10 ans en Belgique. Auparavant, elle vécut dix ans en France en tant que fille d’exilés politiques. Elle est mariée au Belge que je suis, et ce depuis plus de six ans. Elle enseigne le français depuis plus de deux ans dans une association bruxelloise et pourtant, avec ma condamnation, elle risque plus gros que moi.
Quoiqu’il nous arrive, je dirai à ma femme, comme Nâzim Hikmet dit un jour à la sienne:
«Ils nous ont eus : moi, à l’intérieur des murs, toi à l’extérieur. Ce qui nous arrive n’est pas grave. Le pire: c’est de porter en soi la prison.»
Fort heureusement, nous n’en sommes pas encore là.
Je reste d'ailleurs confiant et crois fermement qu’à l’aune de toutes les violences et turpitudes auxquelles nous avons été confrontées pendant toutes ces années, notre acquittement pur et simple ne serait que justice et réparation.
C’est le minimum à exiger de cette justice de classe toujours prompte à défendre la loi du plus fort.
Vous tous qui nous avez inlassablement accompagné tout au long de notre odyssée judiciaire, je vous remercie de toutes mes forces, de tout mon cœur et espère vous retrouver au plus vite loin des marches de ce sinistre Palais de justice et de sa salle des pas perdus. Pour finir, rendons hommage à nos camarades d’ici et de là-bas, d’hier et d’aujourd’hui et, surtout, de demain, en criant haut et fort:
De Mumia Abu Jamal à Güler Zere, honneur à tous les combattants de la liberté.
De Zahra Boudkour à Leonard Peltier, honneur à tous nos prisonniers.
D’Ahmad Saadat aux Cinq de Miami, honneur à tous nos frères insoumis.
De Juliette Broder à Ernesto, honneur à tous nos héros.
Bahar Kimyongür
13.12.09
Note:
A 08h30 précises se tiendra un rassemblement sur les marches du Palais. Différents intervenants y reviendront sur les dangers que ce verdict fait peser sur les libertés de tous les citoyens.
Le CLEA vous encourage à y être présents à temps et en nombre. En effet, à 09h précises, celles et ceux qui souhaitent soutenir les militants criminalisés dans cette affaire doivent se trouver dans la 13ème chambre de la Cour d’appel (section néerlandophone) du Palais, où débutera la lecture du verdict.
Source: CLEA
Union européenne : un essai à transformer
L'Association France Palestine Solidarité (AFPS) se félicite de ces pas en avant, dont elle attend qu’ils se traduisent dans la politique quotidienne de l’Union européenne. Elle sera particulièrement vigilante de ce point de vue. Elle insiste sur ce point décisif : le rôle majeur que peut et doit absolument jouer la communauté internationale dans une situation marquée par le blocage israélien et la paralysie palestinienne. On ne peut laisser les deux parties en tête à tête. C’est le rôle des Nations unies inscrit dans sa Charte que «d’imposer» la paix là où les parties, ou l’une des parties, s’y refusent.
Elle regrette que, dans la discussion de la déclaration européenne comme dans le vote du rapport Goldstone, l'Elysée et le Quai d'Orsay aient tirés en arrière et en prend bonne note pour son action. Elle confirme son soutien à la «Marche de la liberté pour Gaza» à laquelle elle participera. Cette déclaration importante, avec ses ombres et ses lumières, nous conforte dans l’idée que seule la mobilisation populaire la plus large, en premier lieu dans le cadre de la campagne «Boycott, désinvestissement, sanction» (BDS) visant à en finir avec l’impunité dont bénéficie Israël, peut permettre que la France pèse vraiment de tout son poids dans le bon sens.
14.12.09
lundi 14 décembre 2009
Conférence du MIR sur Gaza: une réussite exeptionnelle
Ont pris également la parole Alima Boumedienne, sénatrice (Vert), Nadine Rosa Rosso, initiatrice de l’appel pour le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes, Richard Labévière, rédacteur en chef de la revue "Défense", Walid Charara, politologue libanais, Houria Bouteldja, porte parole du MIR, ainsi que Youssef Boussoumah du MIR également.
Comme on pouvait le prévoir, quelques jeunes trublions de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) ont tenté de perturber la conférence, provoquant quelques remous légitimes dans une salle qui souhaitait pouvoir écouter tranquillement les intervenants. Préparé à une telle éventualité, notre service d’ordre est intervenu rapidement pour conduire pacifiquement les perturbateurs vers la sortie, permettant à d’autres membres de l’UEJF qui n’avaient pas tenté de semer le trouble d’assister à la conférence.
L’annonce d’un dépôt de plainte contre le MIR et... la Sorbonne, rendu public par un communiqué de l’UEJF qui prétend que dix de ses étudiants « ont été insultés et agressés physiquement » ne nous étonne guère de la part d’une organisation alignée sur la politique raciste de l’Etat colonial d’Israël. Il est évident que ce n’est pas notre mouvement que l’UEJF cherche à impressionner. Son objectif est bien plus large : il s’agit de contraindre l’administration de la Sorbonne et les autres universités françaises, à refuser d’accueillir à l’avenir toute initiative qui n’aurait pas le cachet « Certifié conforme aux normes du Mossad ». Au-delà, ce type de pressions s’inscrit dans la politique de terrorisme intellectuel menée par les agences sionistes dans le but de dissuader toutes sortes de critiques contre l’Etat d’Israël, y compris les plus modérées.
Pour notre part, nous remercions la présidence de la Sorbonne et son administration pour nous avoir prêté un de ses amphis et ne pas avoir cédé aux multiples pressions qui exigeaient l’annulation arbitraire de notre conférence. Nous dénonçons la mise en cause personnelle et les menaces formulées par les sites sionistes contre l’une des responsables administratives de l’Université qui a veillé, dans le stricte cadre de son devoir professionnel à ce que la conférence puisse se tenir sans problème, .
Enfin, nous tenons à remercier une fois de plus notre ami Jean Salem, philosophe et professeur à la Sorbonne, qui a co-organisé avec nous cette initiative.
Vive les résistances palestinienne et libanaise contre l’occupation sioniste !
Le Secrétariat exécutif du MIR
Paris, le 13.12.09
dimanche 13 décembre 2009
Un moment de vérité pour nos libertés
Le prononcé du troisième procès en appel, intenté à des personnes liées au DHKPC, une organisation turque d’opposition radicale, sera rendu le 16 décembre. Il était d’abord attendu pour le 14 juillet, mais la Cour a décidé de reporter le jugement et de rouvrir les débats afin de pouvoir procéder à une requalification "à la baisse" des inculpations. Il s’agit là d’une nouvelle phase d’un procès qui a déjà connu de multiples rebondissements. Trois jugements et deux arrêts de cassation ont déjà ponctué cette affaire. La dernière péripétie, qui a consisté dans le report en dernière minute du prononcé, en dit déjà long sur le caractère arbitraire qui préside à ce genre de poursuites.
Des personnes, qui étaient désignées depuis des années comme des dirigeants d’une organisation terroriste, pourraient subitement voir leur rôle réduit à celui de simples membres. La réouverture des débats a permis de comprendre ce revirement. Pour le parquet, il s’agit de préserver l’essentiel : pouvoir criminaliser des activités d’information "en soutien à un groupe à vocation terroriste", activités qu’il considère comme "aussi dangereuses que l’action terroriste elle-même".
Ainsi, l’accusation a décidé d’abandonner les aspects les plus caricaturaux de ses propos afin de pouvoir criminaliser le "soutien moral" à une organisation désignée comme terroriste. Le deuxième jugement en appel avait parfaitement rencontré les souhaits du parquet fédéral. Il stipulait que même donner une explication au sujet d’une organisation désignée comme terroriste constitue un fait punissable et que les individus qui ne prennent pas leurs distances avec la doctrine d’une telle organisation doivent être considérés comme "socialement dangereux et enfermés".
En conséquence, serait criminalisé non seulement le fait d’apporter un point de vue opposé à celui du pouvoir sur un conflit violent partout dans le monde, mais aussi de rapporter des faits qui sont en contradiction avec la politique du gouvernement. Si les prévenus venaient à être condamnés sur une telle base, notre pays n’aurait plus rien d’un Etat de droit. Sans avoir adopté de loi créant des incriminations comme le "soutien indirect" ou la "glorification" du terrorisme, la Belgique serait soumise à une jurisprudence qui produirait les mêmes résultats. Sans que les parlementaires en aient fait le choix en votant une loi spécifique, le parquet fédéral et une partie de l’appareil judiciaire auraient la possibilité de remettre en cause une partie essentielle de nos libertés. Il serait périlleux de s’en remettre à ces institutions en pensant qu’elles feraient un usage raisonnable des pouvoirs arbitraires qui leur seraient ainsi offerts.
Tout le déroulement de cette affaire a prouvé le contraire. Afin d’obtenir de sévères condamnations, le premier jugement n’avait-il pas été rendu par un tribunal créé en violation des procédures légales (1) ? Le parquet fédéral n’avait-il pas participé, avec des fonctionnaires du ministère de la Justice, à une tentative d’enlèvement d’un des accusés de nationalité belge, afin de le remettre à la Turquie (2) ? Ces antécédents nous montrent que l’on doit nourrir de grandes appréhensions sur l’apparition d’une jurisprudence qui serait le résultat de l’action du parquet fédéral.
Dans les faits, ce dernier deviendrait le véritable législateur. La loi antiterroriste de 2004 est particulièrement floue. Son véritable champ d’application sera fixé par les attendus des jugements. L’enjeu fondamental de cette affaire est de permettre une utilisation directement politique de la loi. La requalification des préventions se situe dans ce cadre. L’essentiel n’est pas de condamner lourdement les prévenus afin de plaire à la Turquie mais de recentrer l’affaire sur son objectif fondamental : l’installation d’une jurisprudence qui permettrait de criminaliser toute opposition politique non reconnue par le pouvoir.
Jusqu’à présent, seule une partie de l’appareil judiciaire a suivi le parquet fédéral. En effet, cette affaire a connu des jugements en sens opposés. Ce qui montre bien le caractère subjectif de ces lois. En février 2006, les prévenus avaient été lourdement condamnés pour terrorisme par le tribunal correctionnel de Bruges, ainsi que par le tribunal d’appel de Gand en novembre de la même année. Cependant, la Cour de cassation, dans un premier arrêt, avait critiqué le déplacement d’un juge, ce qui, dans les faits, créait un tribunal spécial. Les deux premiers jugements s’en trouvaient invalidés et l’affaire a dû être jugée de nouveau en appel. Le 7 février 2008, la cour d’appel d’Anvers a acquitté les prévenus de toute participation à une organisation terroriste ou criminelle et avait estimé que leur action, pour l’essentiel, n’avait pas outrepassé le droit de réunion ou d’opinion. La Cour de cassation avait ensuite invalidé ce deuxième jugement en appel, stipulant que la loi ne requiert nullement que des individus soient personnellement impliqués dans la commission de délits pour être sanctionnés, le seul fait d’appartenir à une organisation incriminée suffit pour être condamné.
Le prononcé du dernier jugement, qui doit avoir lieu le 16 décembre, sera donc essentiel pour déterminer la portée de la loi antiterroriste. Le jugement en appel à Anvers avait démontré que les inculpés n’avaient pas formé d’association délictueuse en Belgique. Si le prononcé du 16 décembre remet en cause cet acquis, en stipulant que le seul fait de donner des informations sur les actions de l’organisation incriminée revient à participer à l’activité de celle-ci et ainsi à en faire partie, une mutation dans notre ordre de droit sera opérée. Il sera inscrit, dans l’ordre juridique de notre pays que, dans le cadre d’une poursuite en matière "terroriste", la manière dont les choses sont nommées doit primer sur leur réalité matérielle et que toute personne inculpée dans le cadre d’une telle affaire peut être condamnée, quels que soient ses actes ou ses intentions.
Jean-Claude Paye, Jean Cornil, Josy Dubié, Jean-Marie Dermagne, Dan Van Raemdonck, ...
11.12.09
Notes :
(1) "Lutte contre le terrorisme. Un procès exemplaire", "La Libre Belgique", 10 mars 2006.
(2) "Terrorisme. Une jurisprudence d’exception", "La Libre Belgique", 8 septembre 2006.
Source : Lalibre.be
samedi 12 décembre 2009
Pourquoi Evo Morales a-t-il gagné ?
(a) il est le premier président démocratiquement réélu lors de deux législatures successives ;
(b) il est le premier président, en outre, qui améliore le score avec lequel il a été élu la première fois : 53,7 % et 63,3 % cette fois-ci ;
(c) il est le premier à obtenir une écrasante majorité à l’Assemblée Législative Multinationale. En outre, et bien qu’on ne connaisse pas encore les résultats définitifs, il est presque certain qu’Evo obtiendra les deux tiers des sièges au Sénat et à la Chambre des Députés ce qui va lui permettre de nommer des autorités judiciaires et d’appliquer la nouvelle Constitution sans opposition. Tout cela fait de lui, du point de vue institutionnel, le président le plus puissant que la Bolivie ait connu au cours de toute son histoire fort mouvementée. Et un président qui s’est engagé à bâtir un avenir socialiste pour son pays.
Evidemment, ces succès n’empêcheront pas Washington de réitérer ses critiques bien connues à l’égard de la “qualité défectueuse des institutions” de la démocratie bolivienne, du “populisme” d’Evo Morales et de prôner la nécessité de perfectionner le fonctionnement politique du pays pour garantir la volonté populaire, ainsi que cela est fait, par exemple, en Colombie. Dans ce dernier pays, pour ne pas aller plus loin, quelques 70 parlementaires uribistes ont été traduits devant les tribunaux par La Cour Suprême de Justice et le Ministère Public en raison de leurs liens supposés avec les paramilitaires et 30 d’entre eux ont été condamnés à des peines de prison ferme et incarcérés pour ce même motif. Quatre millions de personnes déplacées en raison du conflit armé, le développement du narcotrafic et le paramilitarisme avec l’aval des autorités officielles et l’approbation de Washington, la violation systématique des Droits de l’Homme, l’aliénation de la souveraineté nationale au profit des Etats-Unis suite à un traité négocié en secret qui leur concède l’installation de 7 bases militaires sur le territoire colombien et la frauduleuse manipulation du processus électoral pour obtenir la réélection du président Alvaro Uribe, voilà des traits qui caractérisent une démocratie de “haute qualité institutionnelle” et qui ne suscitent nullement la moindre inquiétude aux soi-disant gardiens étatsuniens de la démocratie !
Le parcours électoral du leader bolivien est impressionnant : il a obtenu un triomphe écrasant aux élections pour l’Assemblée Constituante de juillet 2006 qui allait établir les bases institutionnelles du futur Etat Multinational ; une seconde écrasante victoire, en août 2008, (67 %), lors du Référendum Révocatoire imposé par le Sénat, alors contrôlé par l’opposition, dans le but déclaré de le renverser ; en janvier 2009, (62 %) des suffrages exprimés ont approuvé la Constitution Politique de l’Etat et, il y a quelques heures à peine, il a obtenu une nouvelle ratification avec presque deux tiers des suffrages. Qu’y a-t-il derrière cette impressionnante machine à gagner des élections, indestructible en dépit de l’usure de quatre années de gouvernement, les obstacles dressés par La Cour Nationale Electorale, l’hostilité des Etats-Unis, de nombreuses campagnes de pénuries organisées, des tentatives de coup d’Etat, des menaces de sécession et des plans d’assassinat ?
Ce qu’il y a c’est un gouvernement qui a tenu ses promesses électorales et qui pour cette raison même a mis en œuvre une politique sociale entreprenante qui lui a gagné la ferme gratitude de son peuple: Allocation Juancito Pinto que perçoivent plus d’un million d’enfants, Pension Dignité, programme universel pour tous les Boliviens âgés de plus de 60 ans et qui n’ont pas d’autres revenus ; Allocation Juana Azurduy pour les femmes enceintes… Un gouvernement qui a éradiqué l’analphabétisme en appliquant la méthode cubaine du programme “Yo Sí Puedo” (Moi Je Peux) ce qui a permis d’alphabétiser plus d’un million et demi de personnes en deux ans environ, raison pour laquelle, le 20 décembre 2008, l’UNESCO (et pas les partisans d’Evo) a déclaré la Bolivie territoire libéré de l’analphabétisme. Il s’agit d’un succès extraordinaire pour un pays qui a enduré des siècles durant l’oppression et l’exploitation, qui a été soumis à une déchirante pauvreté par ses classes dominantes et ses maîtres impérialistes et cela en dépit des énormes richesses qui gisent dans ses entrailles lesquelles, désormais, et grâce au gouvernement d’Evo, sont récupérées et mises au service du peuple. Par ailleurs, l’internationalisme solidaire de Cuba et du Venezuela a aussi permis la construction de nombreux hôpitaux et centres de soins en même temps que des milliers de gens ont retrouvé la vue grâce à l’Opération Milagro (Miracle). D’importantes avancées ont eu lieu en matière de réforme agraire (près d’un demi million d’hectares ont été transférés à des paysans sans terre) et dans la réappropriation annoncée des richesses naturelles (gaz et pétrole) ce qui, en son temps, a provoqué de la nervosité chez ses voisins, spécialement le Brésil, plus soucieux de garantir la rentabilité de Petrobras que de coopérer avec le projet politique d’Evo. Enfin, la sage gestion macroéconomique a permis à la Bolivie, pour la première fois de son histoire, de pouvoir compter sur d’importantes réserves en devises estimées à 10 milliards de dollars et sur une situation budgétaire excellente qui, grâce à la collaboration avec le Venezuela dans le cadre de l’ALBA, a permis de réaliser de nombreux travaux d’infrastructure et de financer l’ambitieux programme social.
Bien entendu, il reste bien des problèmes à régler et tout ce qui a été fait n’est pas parfait. Dans une note récente, Pablo Stefanoni, directeur du Monde Diplomatique pour la Bolivie, mettait en garde à propos de la fragile cohabitation d’un “discours éco-communautaire tenu dans les forums internationaux avec un discours prônant le développement sans nuances adressé à l’opinion intérieure”. S’il est vrai que cette tension existe, il faut reconnaître que la vocation éco-communautaire d’Evo va bien au-delà du niveau de ses plaidoyers dans les forums internationaux : son engagement pour la Mère Terre, la Pachamama, et les peuples premiers est sincère et réel et il fait date dans l’histoire de Notre Amérique. Bien entendu, on ne peut nier le caractère extractif de son modèle de développement, mais en même temps, ce modèle est incontournable étant donné les caractéristiques brutalement prédatrices qui ont marqué l’accumulation capitaliste en Bolivie. Imaginer que du jour au lendemain le gouvernement populaire allait pouvoir soutenir un modèle de développement alternatif en laissant de côté l’exploitation des immenses richesses minières et énergétiques du pays est complètement irréaliste. La Bolivie n’a pas à sa portée, du moins pour le moment, une option comme celle qu’ont eu, en leur temps, l’Irlande ou la Finlande. Mais il serait injuste de ne pas reconnaître que l’orientation de son modèle économique et son haut niveau redistributeur le distinguent radicalement d’autres expériences entreprises dans le Cône Sud. Sans oublier l’intention clairement proclamée d’Evo Morales d’avancer sur le chemin scabreux - et donc malaisé et semé d’embûches – de la construction d’un socialisme nouveau, quelque chose qui n’a rien de commun avec le fumeux “capitalisme andin-amazonique” que certains persistent à présenter comme l’antichambre aussi inexorable qu’invraisemblable du socialisme.
Tous ces succès, auxquels il faut ajouter son absolue intégrité personnelle et le spartiate train de vie quotidien auquel il nous a habitués (lesquels contrastent très favorablement avec les imposantes fortunes personnelles ou les trains de vie fastueux qu’affichent d’autres dirigeants politiques dits “progressistes” de la zone) ont fait d’Evo Morales un leader doué d’un formidable charisme personnel qui lui permet de battre n’importe quel rival qui osera le défier dans l’arène électorale. Mais, en outre, son souci permanent de sensibiliser, de mobiliser, d’organiser sa base sociale – en laissant de côté les appareils bureaucratiques déconsidérés qui, comme en Argentine, au Brésil et au Chili, ne mobilisent et ne sensibilisent plus personne – non seulement satisfait l’urgent besoin de construire une subjectivité adaptée aux luttes pour le socialisme, mais, en même temps, devient une carte maîtresse au moment de l’emporter dans l’arène électorale. Les forces de l’affligeant “centre-gauche” du Cône Sud qui guettent un avenir politique bien incertain étant donné les progrès de la droite nourris par le réformisme résigné du premier, feraient bien de prendre note de la lumineuse leçon que donne le triomphe d’Evo Morales dans les élections de dimanche. Une leçon qui démontre que, face au danger du retour de la droite, l’unique alternative possible est la radicalisation des processus de transformation mis en route. Battue sur le terrain électoral, la droite va redoubler son offensive sur les multiples terrains de la lutte des classes. Il serait suicidaire de supposer qu’elle va s’incliner sans livrer bataille après un revers électoral. Plaise au Ciel que cette leçon aussi ne soit pas oubliée !
Atilio Boron
09.12.09
Source: atilioboron.com
Traduit par Manuel Colinas Balbona pour Investig’Action
vendredi 11 décembre 2009
Invitation à Assemblée Générale
Egalité a décidé de consacrer ses activités du mois de décembre à Gaza.
L'une d'entre elles sera la Marche du 27 décembre, à Bruxelles.
Pour la bonne organisation de celle-ci, nous souhaiterions que chacun(e) d'entre vous puisse apporter son énergie et sa bonne volonté.
Une première réunion se tiendra ce vendredi 11 décembre, à 19 h, dans les locaux du Pianofabriek
rue du fort, 35
1060 Bruxelles
(Parvis de St Gilles)
Votre présence est la bienvenue !
Salutations égalitaires
Déclaration d’Attac MAROC
Copenhague abrite du 7 au 18 décembre le 2ème grand sommet des Nations Unis sur les changements climatiques après celui de Kyoto. Une grande messe à laquelle prennent part 192 pays et une soixantaine de chefs d’Etat dans l’objectif d’arriver à un accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le grand paradoxe est que cette conférence, avec les voitures de luxe, les Jets privés et toute la logistique mise en place, produira en 11 jours un total de 41 000 Tonnes d’équivalent CO2 soit ce que produit pendant la même période une ville d’environ 142 00 habitants !
ATTAC Maroc, qui suit avec préoccupation le sommet de Copenhague :
1. enregistre avec une grande préoccupation le réchauffement croissant de la terre et craint énormément ses répercussions néfastes pour la vie humaine sur le climat et les écosystèmes :
- dégradation de la couche d’ozone et accentuation de l’effet de serre
- fonte de la calotte glacière et élévation du niveau de la mer
- développement de la fréquence et de l’intensité des catastrophes majeures (inondations/sècheresse, phénomène El Niño, etc.)
2. s’indigne du comportement irresponsable du monde industrialisé qui privilégie la logique productiviste et le profit immédiat sans prendre en considération les conséquences néfastes de leurs choix tant sur le plan écologique que sur le plan économique et sur le plan social : cycles de sècheresse et inondations, dégradation des sols, de la faune et de la flore, destruction des espaces naturels entraînant pauvreté, malnutrition, épidémies, exode rural et mutation des villes en mégalopoles, chômage, migrations forcées, etc..
3. condamne le rôle des lobbies industriels et agro-industriels dans la dégradation de la vie sur terre en ne tenant compte que de leurs intérêts mesquins et particuliers.
4. constate que les accords de Kyoto sont en deçà des exigences. Limiter à 5.2% la réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à son niveau en 1990 est notoirement insuffisant, d’autant qu’aucune instance de contrôle contraignant n’a été instauré pour pouvoir garantir la réalisation de cet objectif.
5. s’indigne du refus des Etats-Unis et d’autres pays grands émetteurs de gaz à effet de serre de prendre des engagements fermes de réduction conséquente de leurs émissions, ce qui ne peut qu’encourager par ailleurs les autres pays industriels à différer l’application de ces accords.
6. rappelle que le Maroc opère des choix en matière d’agriculture industrielle, de production énergétique, d’urbanisation, de gestion de l’eau, etc., qui contribuent à aggraver les effets déjà sensibles du réchauffement climatique sur le pays (notamment les cycles alternés de sècheresse et inondations dévastatrices).
7. appelle l’opinion publique nationale et internationale à redoubler de vigilance, d’efforts, de mobilisation et de lutte pour imposer :
• un engagement du Maroc et de l’ensemble des États réunis au sommet de Copenhague d’une réduction conséquente de leurs émissions de gaz à effet de serre (d’au moins 40% d’ici 2020 pour les pays les plus industrialisés)
• que la priorité soit donnée à la réduction des émissions à la source : règlementations et normes contraignantes, politiques industrielles, agricoles, de logement et de transport compatibles avec des objectifs de développement socialement justes et écologiquement soutenables
• Reconnaissance de la dette écologique des pays du Nord envers les pays du Sud
• Réorientation de la consommation par le développement de services publics et de consommations collectives responsables, socialement justes et écologiquement soutenables.
Le secrétariat national d’Attac Maroc
07.12.09
Source: Attac/Cadtm Maroc
mercredi 9 décembre 2009
Pour faire réfléchir les islamophobes qui citent des sourates...
La Dr. Laura Schlessinger est une vedette de radio américaine qui donne des conseils à ceux qui participent à son émission.
Cette juive de stricte observance a déclaré que :" Selon le Lévitique (18:22), l’homosexualité est une abomination, et ne peut être pardonnée en aucune circonstance."
Voici une lettre ouverte à Docteur Laura, écrite et diffusée sur Internet par une personne résidant aux États-Unis.
Chère Docteur Laura,
merci de vous donner tant de mal pour éduquer les gens selon la loi de Dieu.
Votre émission m’a beaucoup appris, et j’essaie de partager ces connaissances avec le maximum de gens. Par exemple, quand quelqu’un essaie de défendre l’homosexualité, je lui rappelle que le Lévitique (18:22) dit clairement que c’est une abomination. Fin du débat.
J’ai besoin de vos conseils, toutefois, sur d’autres points précis de la loi, et sur la façon de les appliquer.
Quand je brûle un taureau sur l’autel du sacrifice, je sais que l’odeur qui se dégage est apaisante pour le Seigneur (Lev.1:9). Le problème, c’est mes voisins : ils trouvent que cette odeur n’est pas apaisante pour eux. Dois-je les châtier en les frappant ?
J’aimerais vendre ma sœur comme esclave, comme l’Exode (21:7) m’y autorise. A notre époque et à ce jour, quel prix puis-je raisonnablement en demander ?
Le Lév.(25:4) affirme que je peux tout à fait posséder des esclaves, mâles ou femelles, à condition qu’ils soient achetés dans les pays alentour. Un de mes amis affirme que ceci s’applique aux Mexicains, mais pas aux Canadiens. Pouvez-vous m’éclairer sur ce point ? Pourquoi ne puis-je pas posséder de Canadiens ?
J’ai un voisin qui s’obstine à travailler le jour du Sabbat. L’Exode (35:2) dit clairement qu’il devrait être mis à mort. Suis-je dans l’obligation morale de le tuer moi-même ?
Un de mes amis pense que même si c’est abominable de manger des fruits de mer Lev. (11:10), l’homosexualité est encore plus abominable. Je ne suis pas d’accord. Pouvez-vous régler notre différend ?
Le Lev.(21:20) affirme que je ne dois pas approcher de l’autel de Dieu si ma vue est déficiente. Je dois admettre que je porte des lunettes pour lire. Est-ce que ma vision doit être de 20/20, ou est-il possible de trouver un arrangement ?
La plupart de mes amis de sexe masculin se font couper les cheveux, y compris autour des tempes, alors que c’est expressément interdit par le Lév.(19:27). Comment doivent-ils mourir ?
Je sais grâce au Lév.(11:6-8) que toucher la peau d’un cochon mort rend impur. Puis-je quand même jouer au foot si je porte des gants ?
Mon oncle a une ferme. Il viole le Lév.(19:19) en semant deux espèces différentes dans un même champ, et sa femme en fait autant en portant des vêtements de deux fibres différentes (coton et polyester mélangés). Il a également tendance a beaucoup jurer et blasphémer. Est-il nécessaire d’aller jusqu’à alerter toute la ville afin qu’il soit lapidé ? Lev.(24:10-20). Ne pourrions-nous pas tout simplement les mettre à mort par le feu et en privé, comme nous le faisons avec ceux d’entre-nous qui couchent avec des membres de leur belle-famille ?
Je sais que vous avez étudié à fond tous ces cas, aussi ai-je confiance en votre aide. Merci encore de nous rappeler que la loi de Dieu est éternelle et inaltérable.
Votre disciple dévoué et fan admiratif, Jim.
Pierre-Yves Lambert
08.12.09
mardi 8 décembre 2009
Les minarets et la peur de l’islam
L’islamophobie, ce n’est pas la haine, mais la peur de l’islam. Avant de répondre à la question «peur de quoi»?, relevons avec d’autres que la peur comme la haine, qui en est le prolongement compulsif, procède de l’ignorance. Depuis, on voit des masses de ces nouveaux «islamophobes» combler frénétiquement cette ignorance en se transformant en experts de Coran, commentant tel verset et critiquant telle sourate. Mais la plupart d’entre eux ne connaissent rien de ces musulmans qu’ils décrient et qu’ils n’ont en fait aucune envie de connaître. Leur opinion est faite. Il y aurait une poignée de bons musulmans laïques, qui se caractériseraient par leur capacité de partager avec «nous» un bon verre de rouge, un peu plus de «musulmans modérés» qui rasent les murs en «privatisant leurs convictions» comme on le leur conseille (ce qui ne les aidera pas à trouver un logement ou un travail) et une masse de femmes enfoulardées, incapables de libre arbitre et victimes soumises de leurs pères, frères et maris qui ne doivent pas valoir grand-chose pour opprimer ainsi leurs femmes.
Peur de quoi? De voir un régime à l’iranienne s’imposer chez nous ? Car bien entendu, l’Iran est aujourd’hui le mal absolu. Mais dans le monde arabo-musulman, le mal absolu est ailleurs : il est en Palestine sous la botte de l’occupant israélien. La dernière vidéo sur You Tube (http://www.youtube.com/watch?v=3IHD08b0jco) a fait le tour du monde : un colon israélien en Mercedes écrasant en marche avant et en marche arrière un badaud palestinien devant des soldats israéliens impassibles. La litanie des crimes de Gaza n’en finit pas, un an après, d’égrener ses révélations. Mais l’Europe reste de marbre. Ça n’émeut pas notre opinion publique. Par contre, une journaliste soudanaise poursuivie pour tenue non islamique, quelques mariages forcés, quelques crimes d’honneur «nous» révulsent au-delà de tout. Il y a de quoi, bien sûr, mais que les indignations sont sélectives ! Pourquoi s’emballer sur les gamines de Dison que leurs parents voulaient scolariser avec un foulard islamique et ne rien dire de la circoncision, juive avant d’être musulmane dans nos contrées ? Ce n’est pas la même chose ? Non, c’est pire, car ce n’est pas réversible… Et ne parlons pas du libre arbitre des bébés…
Donc peur de quoi? Peur de l’envahissement de «notre» espace public – autant dire «notre» salon privé – par des signes qui ne nous appartiennent pas, que nous ne comprenons pas et qui nous chassent symboliquement d’un espace que nous ne voulons pas partager. (Pourquoi devrions-nous, dit la rumeur publique dont les nouveaux porte-parole autoproclamés redécouvrent – c’est trop drôle – l’identité «judéo-chrétienne» de l’Europe ? Ne sommes-nous pas «chez nous»?) Or c’est exactement là que se joue la rencontre interculturelle : dans notre capacité de partager l’espace symbolique avec les nouveaux arrivants, selon les mots de ma grande amie Thérèse Mangot. Si nous n’en sommes pas capables, ce sera la guerre.
Car «en face», il y a effectivement des discours symétriques qui sont tenus. Invité à parler des accommodements raisonnables par le Cercle des étudiants arabo-européens (un cercle remarquable, injustement qualifié d’intégriste par les habituels verseurs d’huile sur le feu), j’ai été confronté avec une personne qui défendait le droit pour les musulmans d’être jugés selon la charia pour les litiges entre musulmans, et avec une autre qui prétendait que la haine de l’Arabe constituait le fond de la pensée occidentale depuis Voltaire et Montesquieu. (J’avais entendu que c’était la haine du Juif, avec quelques arguments plus solides, mais ça ne m’avait jamais convaincu.) Une discussion tendue, assez inhabituelle pour moi dans ce sens, s’en est suivie. Après quoi le président du Cercle, Mohssin El Ghabri, m’a adressé le message suivant:
Pour ce qui est de ma part, combattre les peurs, d’un côté, et combattre ceux qui les provoquent, d’un autre, relève d’une démarche fatigante parfois désespérante. A fortiori, lorsqu’on adhère au principe de la liberté d’expression et à une éthique de la discussion dénuée d’anathèmes en tous genre. Le combat est long et requiert de se battre sur tous les fronts. Les réactionnaires sont partout. Dans chaque “camp”, ils se répondent.
La communauté musulmane renvoie à un spectre d’opinions très larges. Une infime partie de cette communauté ne veut en aucun cas s’accommoder, ne recherche aucun compromis sociétal, préfère jouer la carte de l’intégrisme (au sens propre) dans leurs revendications. Cette faction partage la même réalité (une dialectique) que ceux qui s’attachent à diaboliser les musulmans en attisant les peurs de leurs concitoyens. Mais même s’il ne s’agit que d’une très petite minorité, nous ne pouvons faire semblant qu’elle n’existe pas. Nous devons la combattre sur le terrain des idées. Ce que nous faisons au Cercle même si c’est très parfois très fatiguant j’en conviens.
Ces propos, dénués de tout angélisme, me redonnent confiance.
Henri Goldman
07.12.09
lundi 7 décembre 2009
Sauver la planète ou s'occuper des hommes ? Ou les deux ?
Comment expliquer le fait que la planète soit si mobilisée autour de son sauvetage à long terme, et si peu concernée par le sauvetage des hommes aujourd'hui ?
Il ne s'agit pas ici de minimiser ou de nier les changements climatiques : c'est un autre débat et je pense que, au-delà des polémiques sur les données scientifiques, nous avons tout à gagner à faire évoluer nos comportements individuels et collectifs de manière écologiquement vertueuse. Et on me rétorquera que l'absence de solution à long terme n'améliorera pas le sort des hommes qui souffrent aujourd'hui.
Il n'empêche, comment peut-on fermer les yeux sur les impasses des dirigeants du monde face à des problèmes criants et immédiats ? Prenez les «Objectifs du Millénaire»* visant à éliminer la pauvreté de la surface de la terre en 2015, un engagement solennel de la communauté internationale : il suffit de se rendre sur le site dédié des Nations unies pour réaliser le retard colossal pris sur ce chemin.
«Bien que l'aide au développement ait atteint un niveau record en 2008, il manque encore 35 milliards de dollars par an aux contributions des donateurs, par rapport à leur promesse faite en 2005 à propos des flux annuels d'aide par le Groupe des Huit à Gleneagles, et 20 milliards de dollars par an sur l'aide à l'Afrique, d'après les estimations des Nations unies.»
Le G8 de Gleneagles, c'était en 2005. Trois ans plus tard et la photo de famille faite, les engagements ne sont pas tenus… Cela signifie autant de retard sur des programmes visant à éliminer la mortalité colossale des femmes à l'accouchement par manque d'infrastructure sanitaire, à lutter contre des maladies propres au Sud, ou encore à améliorer la sécurité alimentaire des pays les plus fragiles, trois des objectifs du Millénaire.
Exit Bono, vive Hulot et Arthus-Bertrand
La machine médiatique est telle que l'on passe d'un gros titre à l'autre - Rue89 n'échappe pas à ce travers, ayant royalement ignoré le Sommet de Rome sur la faim…- d'une mobilisation à coup de rockstars sur la faim dans le monde, à une autre mobilisation sur le réchauffement climatique, écolostar en tête, sans se soucier du suivi des décisions précédentes. Exit Bono et ses campagnes sur la dette ou le sida passées de mode ; in Hulot ou Arthus-Bertrand, ou encore Gore, et la planète en danger.
Sommes nous obligés de choisir ? Le réchauffement climatique OU la faim dans le monde ? La dette des pays en développement OU la santé publique ? La réalité est que la gouvernance mondiale est en déshérence, et a été largement remplacée par des rendez-vous hypermédiatisés dans lesquels s'engouffrent les hommes politiques hypocrites en mal de visibilité, et les journalistes en manque d'imagination.
Plutôt que de dramatiser chaque enjeu comme s'il n'en existait qu'un, de crier au loup sur l'extinction de notre monde quand des hommes souffrent ici et aujourd'hui, peut-être pourrait-on réfléchir à relier les causes et trouver une approche plus équilibrée ?
C'était une modeste contribution au débat, plutôt que de rajouter une note consensuelle de plus autour de la fin du monde dont nos journaux débordent.
Pierre Haski
07.12.09
Source: Rue89
* "(...) Entre le 06 et le 08 septembre 2000, se tenait au siège de l’ONU à New York, le Sommet du Millénaire. A son terme, Kofi Annan alla jusqu’à proclamer à l’Assemblée : "Je suis frappé par l'extraordinaire convergence de vues sur les défis auxquels nous sommes confrontés ; vous avez dit que votre première priorité est l'éradication de la pauvreté extrême. Vous avez énoncé des objectifs pour y parvenir. [...] Si ces mesures sont vraiment mises en oeuvre, a-t-il ajouté, nous savons tous que le but peut être atteint".
Jusque-là on pourrait presque se réjouir et j’aurais personnellement tendance à accorder quelque crédit à la bonne volonté manifestée par l’ancien Secrétaire général de l’ONU, au cours de ses mandats. Mais en réalité, il conviendrait de ne prendre ces coûteuses «grands messes» et leur étalage médiatique, que pour ce qu’elles sont : une façade. Froide et glaciale. Juste une couverture de magazine. Derrière laquelle le seul objectif poursuivi par nos Etats dominants est l’ouverture plus grande encore des frontières des pays pauvres à l’appétit voraces de nos multinationales. Et quelques années plus tard, le retard dans les Objectifs du Millénaire démontre que pour l’Afrique par exemple, la partie paraît d’ores et déjà perdue. Dans quantité de ces pays, visés par les Objectifs, la pauvreté n’a de cesse de s’accentuer. (…)"
Daniel Vanhove -
La Démocratie Mensonge - 2008 - Ed. Marco Pietteur - coll. Oser Dire - Extrait