vendredi 5 juin 2009

Ces imposteurs politiques qui se prétendent de gauche !

Le texte ci-dessous date de fin 2008 et est repris pour mémoire...

Suite à la guerre sans merci engagée par le gouvernement israélien dans la Bande de Gaza (pour reprendre la terminologie du Ministre de la Défense, Ehud Barak), comment ne pas revenir sur la décision prise il y a quelques jours seulement par le Conseil des 27 ministres européens des Affaires étrangères, ayant voté à l’unanimité, un texte invitant au rehaussement des relations entre l’UE et Israël, alors qu’une semaine auparavant, le Parlement de l’UE avait préconisé le renvoi de la signature de ce texte en janvier, invitant Israël à revoir sérieusement sa politique d’occupation des territoires palestiniens et son blocus meurtrier exercé sur la Bande de Gaza ? L’État Major israélien a bien reçu le message et remercie à sa façon, l’ensemble de ce sinistre Conseil des ministres…

Si je reviens sur cette lamentable décision, c’est parce qu’à l’examen de ce vote des ministres européens se trouvent plusieurs hommes et femmes se réclamant de gauche… Si la situation n’était si dramatique, cette péripétie pourrait faire sourire et serait à verser à la énième contradiction – pour ne pas dire trahison – que l’on peut observer chez ces virtuoses de la pirouette. Mais vu la gravité des faits, il convient de s’arrêter sur ce vote odieux, afin de le dénoncer haut et fort, et d’en exiger l’annulation. En lieu et place, il conviendrait de relayer l’exhortation du journaliste israélien Michel Warschawski, fondateur de l’AIC (Alternative Information Center de Jérusalem) lorsqu’il préconise la suspension de l’État d’Israël de toutes les institutions internationales, tant que cet État perpétuera ses crimes et sa politique d’apartheid.

Par ailleurs, comment peut-on se prétendre de gauche et soutenir le rapprochement avec un État dont la politique et le comportement s’inscrivent résolument à droite, voire même à l’extrême droite !? Comment peut-on se prétendre de gauche et encourager le rapprochement avec un État qui n’a de cesse de violer le Droit humanitaire et international, se moquant des multiples Résolutions de l’ONU depuis des décennies !? Comment peut-on se prétendre de gauche et voter pour un texte qui revalorisera les rapports de l’UE avec un État résolument hors-la-loi !? Comment peut-on se prétendre de gauche en favorisant le soutien à un État qui affame des enfants, prive les malades de médicaments, empêche les femmes d’accoucher dans des conditions correctes, assassine des civils collectivement depuis des années, procède à des liquidations extrajudiciaires, etc !? Cette même prétendue gauche qui chez nous, participe aux rapatriements forcés des sans-papiers ; à la fermeture des frontières de l’UE aux plus démunis ; au maintien des familles déchirées en centres fermés ; au renforcement les lois sécuritaires ; à la réduction les allocations sociales ; à la fragilisation des précarisés ; à l’application des dictats de l’OTAN ; à l’encouragement du libéralisme débridé ; et j’en passe, tant cette liste nauséabonde est longue… Cette prétendue gauche qui face à la tragédie palestinienne se borne à se montrer vivement préoccupée de temps à autre, et pousse l’hypocrisie au point d’accepter le Parti Travailliste israélien (dont le chef de file est Ehud Barak himself) dans l’internationale socialiste !

Des personnalités n’ayant plus rien à prouver quant à leur engagement pour l’émergence de plus de justice dans le monde, reconnues internationalement pour avoir payé de leur personne, honorées pour plusieurs d’entre elles de prix Nobel ou de prix Sakharov, telles Nelson Mandela, Mairead Mac Guire, Desmond Tutu, Jimmy Carter, Nurit Peled-Elhanan et de nombreuses autres comme dernièrement le Président de l’Assemblée générale de l’ONU le père Miguel d’Escoto Brockmann, ainsi que certaines institutions internationales (OMS, UNRWA, …) et la plupart des ONG présentes sur le terrain (MSF, Amnesty, FIDH, …) y compris israéliennes (AIC, ICAHD, Machsom Watch, Ta’ayoush, B’Tselem, …) et combien de militants de diverses associations encore… de tous âges, de tous horizons, de toutes confessions, de toutes nationalités, se sont levés pour condamner Israël et sa criminelle politique d’occupation… Peu importe ! Cela ne semble pas avoir égratigné l’esprit de nos ministres européens se définissant de gauche, englués dans leurs mauvaises consciences, animés de sordides projets et atteints d’un profond autisme qui n’a d’égal que leur ego surdimensionné. Ainsi, tant de droite que de gauche, tous ont voté « comme un seul homme » pour ramper et se plier à la sournoise demande israélienne, pressés par le duo sioniste de choc Sarkozy-Kouchner avant la fin de la présidence française de l’UE.

Comment donc les vrais citoyens de gauche peuvent-ils réagir face à tant de lâcheté et de duplicité de la part de ceux qui n’ont de cesse de les tromper !? Une telle attitude ne mérite aucune circonstance atténuante et j’utiliserai ici un mot que d’aucun reconnaîtront : j’accuse !… J’accuse les représentants de ces partis de gauche d’imposture ! J’accuse les représentants de ces partis de gauche de complicité avec un pouvoir colonial ! J’accuse les représentants de ces partis de gauche de collaboration avec la politique israélienne d’apartheid ! J’accuse les représentants de ces partis de gauche de soutien à la funeste idéologie qu’est le sionisme ! J’accuse les représentants de ces partis de gauche de non-assistance à peuple en danger ! J’accuse les représentants de ces partis de gauche d’être coresponsables des crimes perpétrés aujourd’hui à Gaza ! Et en conséquence, j’invite tout citoyen à tourner le dos à ces partis, traîtres aux vraies valeurs de la gauche, et qui par leur attitude ont perdu toute légitimité à représenter tous ceux qui se battent pour l’émergence d’une vraie justice.

Honte à vous et votre parti qui vous traînez de la sorte devant les exigences d’un État dont certains de ses dirigeants risquent un jour d’être jugés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Honte à vous et votre parti qui n’avez plus de gauche que l’appellation usurpée. Honte à vous et votre parti qui nous mentez et nous trahissez par ce vote. Honte à vous et votre parti qui ne représentez plus que vous-mêmes. Honte à vous et votre parti qui piétinez les principes les plus élémentaires d’une justice digne de ce nom. Honte à vous et votre parti qui au lieu de faire avancer l’Europe la faites reculer. Honte à vous et votre parti qui bafouez les acquis fragiles d’une démocratie dont vous n’êtes pas dignes. Honte pour tant de reniements. Honte pour tant de violations des Droits humains. Honte pour tant d’injustices. Honte pour tant de retournements de veste. Honte pour une telle parjure !

Par de tels comportements, il me reste à vous souhaiter vous récoltiez ce que vous avez semé : une désertion massive de militants habitués à voter pour vous, au profit d’une nouvelle gauche en train d’émerger, et que vous pourrez bien qualifier « d’extrême » mais qui, en définitive, est la seule digne de ce nom,… avec pour malheureux corollaire, le retour d’une droite dure, comme on peut déjà s’en rendre compte en Europe depuis un certain temps. Depuis que durent vos compromissions.

Pour tant de mensonges, d’hypocrisies et de tromperies vis-à-vis des citoyens, je ne peux vous adresser qu’un dernier commentaire : disparaissez du paysage politique !

Daniel Vanhove – 30.12.08
Observateur civil
Membre du Mouvement Citoyen Palestine
Auteur de Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes - 2004
et de La Démocratie Mensonge – 2008 – parus aux Ed. M. Pietteur - coll. Oser Dire

jeudi 4 juin 2009

Le capitalisme touche à sa fin

Entretien avec Immanuel Wallerstein.

- Signataire du manifeste du Forum social de Porto Alegre (”Douze propositions pour un autre monde possible”), en 2005, vous êtes considéré comme l’un des inspirateurs du mouvement altermondialiste. Vous avez fondé et dirigé le Centre Fernand-Braudel pour l’étude de l’économie des systèmes historiques et des civilisations de l’université de l’Etat de New-York, à Binghamton. Comment replacez-vous la crise économique et financière actuelle dans le “temps long” de l’histoire du capitalisme ?

Immanuel Wallerstein : Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la “longue durée”, qui voit se succéder dans l’histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l’homme à son environnement matériel, et, à l’intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950). Nous sommes aujourd’hui clairement dans une phase B d’un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d’histoire du système capitaliste.

Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les États et les ménages s’endettent, massivement. Nous sommes aujourd’hui dans la dernière partie d’une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l’économie connaît une situation de déflation réelle.

Mais, aujourd’hui, ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c’est que le capitalisme ne parvient plus à “faire système”, au sens où l’entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop et trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l’équilibre, et l’on assiste alors à une bifurcation.

La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu’alors, et l’on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l’usage du mot “crise” à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin.

- Pourquoi ne s’agirait-il pas plutôt d’une nouvelle mutation du capitalisme, qui a déjà connu, après tout, le passage du capitalisme marchand au capitalisme industriel, puis du capitalisme industriel au capitalisme financier ?

Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles – il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l’information. Mais je pense que les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries.

A cet égard, le rattrapage économique de l’Asie de l’Est, de l’Inde, de l’Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour “l’économie-monde” créée par l’Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l’accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d’oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s’achever n’a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu’en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu’en 1945. En fait, la dernière période d’accumulation réelle – les “trente glorieuses” – n’a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !

- Y a-t-il des précédents à la phase actuelle, telle que vous la décrivez ?

Il y en a eu beaucoup dans l’histoire de l’humanité, contrairement à ce que renvoie la représentation, forgée au milieu du XIXe siècle, d’un progrès continu et inévitable, y compris dans sa version marxiste. Je préfère me cantonner à la thèse de la possibilité du progrès, et non à son inéluctabilité. Certes, le capitalisme est le système qui a su produire, de façon extraordinaire et remarquable, le plus de biens et de richesses. Mais il faut aussi regarder la somme des pertes – pour l’environnement, pour les sociétés – qu’il a engendrées. Le seul bien, c’est celui qui permet d’obtenir pour le plus grand nombre une vie rationnelle et intelligente.

Cela dit, la crise la plus récente similaire à celle d’aujourd’hui est l’effondrement du système féodal en Europe, entre les milieux du XVe et du XVIe siècle, et son remplacement par le système capitaliste. Cette période, qui culmine avec les guerres de religion, voit s’effondrer l’emprise des autorités royales, seigneuriales et religieuses sur les plus riches communautés paysannes et sur les villes. C’est là que se construisent, par tâtonnements successifs et de façon inconsciente, des solutions inattendues dont le succès finira par “faire système” en s’étendant peu à peu, sous la forme du capitalisme.

- Combien de temps la transition actuelle devrait-elle durer, et sur quoi pourrait-elle déboucher ?

La période de destruction de valeur qui clôt la phase B d’un cycle Kondratieff dure généralement de deux à cinq ans avant que les conditions d’entrée dans une phase A, lorsqu’un profit réel peut de nouveau être tiré de nouvelles productions matérielles décrites par Schumpeter, sont réunies. Mais le fait que cette phase corresponde actuellement à une crise de système nous a fait entrer dans une période de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants, à la tête des entreprises et des États occidentaux, vont faire tout ce qu’il est techniquement possible pour retrouver l’équilibre, mais il est fort probable qu’ils n’y parviendront pas.

Les plus intelligents, eux, ont déjà compris qu’il fallait mettre en place quelque chose d’entièrement nouveau. Mais de multiples acteurs agissent déjà, de façon désordonnée et inconsciente, pour faire émerger de nouvelles solutions, sans que l’on sache encore quel système sortira de ces tâtonnements.

Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l’impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun : il existe aujourd’hui un laps de temps pendant lequel nous avons chacun la possibilité d’influencer l’avenir par notre action individuelle. Mais comme cet avenir sera la somme du nombre incalculable de ces actions, il est absolument impossible de prévoir quel modèle s’imposera finalement. Dans dix ans, on y verra peut-être plus clair ; dans trente ou quarante ans, un nouveau système aura émergé. Je crois qu’il est tout aussi possible de voir s’installer un système d’exploitation hélas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif.

- Les mutations antérieures du capitalisme ont souvent débouché sur un déplacement du centre de “l’économie-monde”, par exemple depuis le Bassin méditerranéen vers la côte Atlantique de l’Europe, puis vers celle des États-Unis ? Le système à venir sera-t-il centré sur la Chine ?

La crise que nous vivons correspond aussi à la fin d’un cycle politique, celui de l’hégémonie américaine, entamée également dans les années 1970. Les États-Unis resteront un acteur important, mais ils ne pourront plus jamais reconquérir leur position dominante face à la multiplication des centres de pouvoir, avec l’Europe occidentale, la Chine, le Brésil, l’Inde. Un nouveau pouvoir hégémonique, si l’on s’en réfère au temps long braudélien, peut mettre encore cinquante ans pour s’imposer. Mais j’ignore lequel.

En attendant, les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l’effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n’acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s’exacerber aux États-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. Et n’oubliez pas que nous, les Américains, nous sommes tous armés…

Propos recueillis par Antoine Reverchon
Source: http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/11/le-capitalisme-touche-a-sa-fin_1105714_1101386.html

10è Assemblée Générale

Chères amies, chers amis,

rejoignez-nous d'abord ce vendredi 5 juin 2009 à 19 h,
rue des Grands Carmes, 22 au centre de Bruxelles (à proximité de Mannekenpis)
pour la 10ème Assemblée d'Egalité, avant les élections.

Nous irons ensuite à la rencontre des citoyen(ne)s dans les rues et ruelles avoisinantes,
distribuer des flyers Egalité pour faire connaître notre Projet.

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Et rejoignez-nous ensuite, ce dimanche 7 juin 2009 à 20 h,
rue des Grands Carmes, 22 au centre de Bruxelles (à proximité de Mannekenpis)
pour la Grande Soirée électorale d'Egalité, dans la convivialité,
autour d'un petit buffet que chacun, chacune pourra enrichir.

Comme toujours, toutes les contributions seront les bienvenues.

Dans l’attente de vous rencontrer, recevez nos salutations les meilleures.

Pour la Liste Egalité,

Nordine Saidi

mercredi 3 juin 2009

Pourquoi je soutiens ÉGALITÉ

Ceux qui me connaissent vont me dire : « C’est normal, ton mari est tête de liste ÉGALITÉ ». Ceux qui me connaissent un peu plus, savent que je n’aurais pas suivi Nordine à n’importe quel prix non plus… Même si nous sommes mariés, nous ne sommes pas d’accord sur tout et c’est mieux ainsi, car cela crée le débat à la maison…

Depuis un mois et demi, j’ai eu l’occasion d’assister aux Assemblées générales d’ÉGALITÉ. Et ce qui est certain, c’est que les gens qui y participent, sont de plus en plus nombreux… Tous sont déjà actifs à leur niveau dans le combat contre les discriminations et les inégalités (sans-papier, emploi, enseignement, Palestine, etc). Et tous sont extrêmement déçus des politiques menées par les 4 partis traditionnels et souhaitent changer les choses au niveau politique.

Nous sommes jeunes et vieux, musulmans, chrétiens, laïques, marxistes, altermondialistes, belges et non belges, mais tous vivant à Bruxelles avec la volonté de se battre pour l’égalité de tous !

Les candidats sur la liste ÉGALITÉ ne sont pas là pour défendre leur philosophie ou leur religion. La liste n’est pas une liste communautaire comme il en existe déjà. Simplement la superposition des inégalités sociales, économiques, identitaires fait qu’on veut soutenir tous ensemble les plus exclus.

Nous sommes tous unis pour commencer ensemble ce beau projet commun qui est de réduire le plus possible les inégalités. Nous n’avons pas de solutions toutes faites, ni à court terme. Mais les propositions du programme sont concrètes et réalisables !

Concernant la Palestine, cause pour laquelle je milite maintenant depuis 2000, je ne suis plus d’accord de soutenir un gouvernement bruxellois qui n’a jamais refusé aucun permis, ou licences d’exportations dans le cadre des contrats avec Israël. Je ne suis plus d’accord de soutenir un gouvernement bruxellois qui d’un côté, fait venir moins d’une dizaine d’enfants palestiniens pour se donner bonne conscience et qui de l’autre côté permet à la Sabca de décrocher un contrat de modernisation pour la force aérienne israélienne d’une valeur de près de 10 000 000 €. (http://mcpalestine.canalblog.com/)

Dans le programme ÉGALITÉ, voici les points qui me touchent particulièrement car défendus sans faux semblants :

* La Palestine :

- la reconnaissance explicite du droit à la résistance du peuple palestinien. Ce droit est prévu par la Résolution 2621 XXV du 12.10.70 des Nations unies, confortée par l’article 1er § 4 du premier protocole additionnel de Genève du 08.06.77

- la reconnaissance du résultat des élections démocratiques de début 2006 et le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes

- l’appui de toutes les institutions de la Région bruxelloise à la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) à l’égard d’Israël, tant qu’il ne se conformera pas entièrement aux diverses résolutions du Droit international


Sans développer le sujet, pour moi, la liberté de porter le foulard est une liberté fondamentale.


Je ne suis plus d’accord de soutenir ECOLO, qui a certes de beaux discours, mais à chaque fois, lorsqu’il se trouve dans l’opposition. Oui, une proposition de motion relative à la neutralité dans l’administration communale concernant le port du foulard, de la kippa, et du turban sikh par les fonctionnaires communaux, a été déposée à Saint-Josse, par Mr. Ahmed Mohsin. (voir l’article à ce sujet http://parlemento.wordpress.com/2009/04/30/saint-josse-la-motion-foulard-accouche-dune-commission-sur-la-neutralite/ )

Mais pourquoi le parti d’ECOLO, s’il était convaincu dans son ensemble par cette liberté fondamentale, ne dépose-t-il pas cette motion dans les communes dans lesquelles il est au sein de la majorité ?

De plus, n’oublions pas qu’ECOLO n’hésitera pas à se rallier avec le MR, quitte à laisser de côté les propositions intéressantes de son programme, pour rester dans la majorité.

Voici les points du programme ÉGALITÉ que je souhaite mettre en valeur concernant l’enseignement :

• le respect, dans les règlements d’ordre intérieur des écoles, des droits et libertés fondamentales, pour les enseignants comme pour les élèves

• l’amélioration de la formation pédagogique des enseignants et ce, dès l’école maternelle. Les enseignants doivent bénéficier de congés pédagogiques au cours desquels ils entrent en contact avec les réalités sociales, économiques et culturelles de leurs élèves

• la possibilité pour les élèves d’apprendre la langue de leur choix dans le cadre des programmes scolaires ainsi que l’histoire de la colonisation et de l’immigration

• la création d’un fonds régional pour l’accès à l’enseignement supérieur (bourses d’études)

D’autres points du programme sont très intéressants, notamment les propositions faites concernant les prisons et l’emploi. Je vous invite à les découvrir sur le site : http://egalite2009.be/ ou le blog http://e-s-g.blogspot.com

Sachez que nous sommes déjà en train de préparer l’après 7 juin en constituant des groupes de travail différents ( emploi, Palestine, enseignement et prisons sont déjà en cours)

Je n’ai qu’un mot : venez nous rejoindre… et ne nous oubliez pas le 7 juin (Liste 32)… une liste de militants riches d’identités multiples qui tentent malgré leurs différences le vrai VIVRE ENSEMBLE...


Nathalie Preudhomme

mardi 2 juin 2009

Un soutien inattendu sur la liste ÉGALITÉ!

Un soutien inattendu, mais naturel sur la liste ÉGALITÉ : Manneken Pis !

Cette statue est le symbole de l'indépendance d'esprit des Bruxellois.

Parmi les quelques légendes qui entourent la statuette, il en est une qui raconte qu'un enfant aurait éteint, à sa manière, la mèche d'une bombe avec laquelle les ennemis voulaient mettre le feu à la cité.

Le Manneken Pis est devenu l'un des symboles de Bruxelles.

Le 07 juin votez pour l'ÉGALITÉ entre tous les Bruxellois... liste 32

Voyez ci-dessous, le soutien appuyé du Manneken Pis au 1er mai d'ÉGALITÉ :


Campagne et expressions citoyennes d'ÉGALITAIRES...

Le verdict du procès DHKP-C sera prononcé le 14 juillet 2009

La semaine dernière se sont tenues les audiences du procès DHKP-C devant la Cour d'appel de Bruxelles. Comme à Bruges, à Gand et à Anvers, deux visions du monde se sont affrontées.

Le procureur Delmulle, secondé par l'avocat Vinck (représentant l'État turc), s'est obstiné à dépeindre la Turquie comme un État démocratique. Symétriquement, il a présenté le DHKP-C et les militants propageant, en Belgique, les idées de cette organisation marxiste turque, comme des terroristes.

A l'inverse, la Défense a démontré qu'en Turquie, face au terrorisme d'État, le DHKP-C mène une lutte d'opposition radicale, de résistance face à l'oppression.
Bahar Kimyongür et Musa Asoglu, qui diffusaient une information critique sur la situation en Turquie à partir de Bruxelles, ne peuvent donc pas être assimilés à des terroristes. Il s'agit, au contraire, de citoyens qui ont exercé leurs libertés d'expression et d'association, en respectant le cadre légal belge.

Si vous souhaitez revivre les moments forts de ces différentes audiences et en particulier, découvrir les comptes-rendus des deux dernières séances (une quatrième audience « coup de poing » et une cinquième audience « jusqu'auboutiste »), visitez la page internet suivante :
http://www.leclea.be/affaire_dhkp-c/proces_de_bruxelles/compte-rendus.html

Le problème dans cette affaire, c'est que ces arguments contradictoires ne sont pas avancés lors d'un large débat public (indispensable pour ceux qui souhaitent comprendre ce qui se passe en Turquie) mais dans l'enceinte d'un tribunal.
Dès lors, si la Cour d'appel de Bruxelles condamne les militants poursuivis (à l'encontre desquels l'Accusation réclame jusqu'à dix ans de prison), les idées politiques critiques pourront désormais être considérées comme criminelles dans notre pays.

Pour cerner les enjeux du verdict qui sera rendu dans le procès DHKP-C, lisez la Carte blanche publiée dans La Libre Belgique de ce week-end, « Un procès qui menace nos libertés » :
http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/506269/un-proces-qui-menace-nos-libertes.html

Le jugement qui sera prononcé le 14 juillet 2009 par la Cour d'appel de Bruxelles est donc de la plus haute importance. Il permettra, ni plus ni moins, de connaître l'état de la démocratie en Belgique.

Le CLEA tient à remercier chaleureusement les centaines de personnes qui sont passées à un moment de la semaine au tribunal pour soutenir Bahar Kimyongür et ses co-inculpés. Nous espérons vous voir aussi nombreux le 14 juillet, au Palais de Justice de Bruxelles, pour assister au verdict !

Le CLEA

lundi 1 juin 2009

Discriminations racistes dans l’enseignement : stop ou encore ?

Pourquoi 30% des jeunes quittent-ils l’école sans diplôme ? Pourquoi plus de 70% des jeunes turcs se retrouvent-ils en technique ou professionnel ? Pourquoi plus de 95 % des écoles excluent-elles les filles qui portent le foulard ? Pourquoi n’existe-t-il pas de statistiques sur les résultats scolaires des jeunes issus de l’immigration ? Comment changer l’école ? Quels cours ? Quelles formations pour les professeurs ? Comment inscrire les élèves ?

Des discriminations racistes, sur base de l’origine, de la couleur de peau, de l’appartenance philosophique et religieuse persistent…

Le Mrax a fait une série de propositions concrètes pour en sortir !
(voir le résumé et/ou le document complet sur www.mrax.be)

Venez en débattre avec nous, ce mercredi 3 juin de 20h à 22h30,
à l’auberge Sleepwell
, rue du Damier, 23 à 1000 Bruxelles
en présence de représentants d’ECOLO, du CDH, du MR, du PS, du PTB, et des listes PC-PSL-LCR-PH, ÉGALITÉ et PRO BRUXSEL (F)


dimanche 31 mai 2009

Dieudonné fornique-t-il avec le diable ?

Ce que met Dieudonné au-devant de la scène, c'est la cause de tous les damnés de la terre. Il ressuscite le débat "Voltaire contre Saint-Just", qu'on croyait réservé aux dissertations du bac.

Le 27 décembre dernier, tous les médias français et toute la blogosphère résonnaient d’une commune indignation : Dieudonné M’Bala M’Bala, ancien compère d’Elie Semoun, avait poussé l’outrance et le (très) mauvais goût jusqu’à exhiber, sur la scène du Zénith de Paris, la figure emblématique du négationnisme français, l’octogénaire Robert Faurisson.

Deux ans plus tôt, le porte-parole (aujourd’hui en disgrâce) du PS français expliquait le meurtre du jeune Juif Ilan Halimi, victime de l’autoproclamé "gang des barbares", par l’"effet Dieudonné" (sic). En mars dernier, à l’annonce de l’arrivée de Dieudonné à Dunkerque, le maire a ordonné une minute de silence devant un monument dédié aux droits et libertés ! Un peu plus tard, à Saint-Josse, le bourgmestre interdisait le spectacle du trublion puis, après s’être fait casser par le Conseil d’État, clamait qu’il allait lui faire payer le travail des policiers mobilisés en surnombre pour l’"évènement". Plus récemment encore, Claude Guéant, le mentor de Nicolas Sarkozy, annonçait sur RTL que le ministère de la Justice et celui de l’Intérieur conjuguaient leurs efforts pour faire interdire les listes antisionistes lancées par le décidément très dérangeant humoriste. Sur France 5, Paul Amar se demandait, lui, le plus sérieusement du monde, si le "cas Dieudonné" ne relevait pas de la psychiatrie !

A cause des pressions et menaces de tous acabits sur les exploitants de salles, le "comique qui ne fait plus rire" est obligé de présenter son spectacle dans la clandestinité ! Il joue dans le maquis et va finir par se prendre pour Jean Moulin ! Depuis quelques années, la diabolisation est, il est vrai, remise au goût du jour et, grâce aux médias, elle prend parfois des dimensions planétaires : sans parler de l’inusable Fidel Castro, on a voué successivement aux "gémonies" (occidentales !), Yasser Arafat, Mouammar Kadhafi, Oussama Ben Laden, Saddam Hussein et, last but nos least, Mahmoud Ahmadinejad. Au passage, il n’échappera à personne que, sans qu’on puisse évacuer d’autorité l’effet du hasard, nos contemporains les plus détestés (dans les pays riches car, dans le tiers-monde, ils sont adulés !) ont en commun de ne pas être des "amis d’Israël".

Mais revenons au "cas Dieudonné". Déjà un peu malmené depuis qu’il s’est lancé dans l’arène électorale (c’était en 1997), il a fini par attirer sur lui les crachats médiatiques lorsque, dans l’émission "On ne peut pas plaire à tout le monde", il a pastiché un colon israélien en osant, dans la chute de son sketch, un parallèle avec le régime nazi. Depuis lors, il ne peut plus plaire à personne ! Il n’est plus jamais invité en télé par les grandes chaînes (sauf par l’audacieux Frédéric Taddéï sur France 3). Et l’on n’entend plus parler de lui qu’au travers de la chronique judiciaire (on se frotte les mains de le savoir poursuivi mais on fait l’impasse quand il est relaxé, comme c’est arrivé le plus souvent).

On l’épingle aussi "grâce" à ses provocations scabreuses. Il appelle ça de l’"Art contemporain" (en effet, ça choque ou ça trouble tout le monde et personne ne comprend). Exemples : le baptême de sa fille avec Le Pen pour parrain (alors qu’il est athée !) ou l’exhumation de Faurisson devant 2 000 personnes au Zénith. Cela lui a valu d’être propulsé de la gauche vers l’extrême droite, lui, le militant antiraciste qui avait osé affronter électoralement le FN à Dreux, là où ce parti, qu’il déteste toujours, était particulièrement bien implanté ! Le baptême avec Le Pen puis le Zénith avec Faurisson ont été, plaide-t-il, des attentats médiatiques. Assez réussis

Ce que met Dieudonné au-devant de la scène, c’est, au-delà de la cause palestinienne qui l’obsède, celles de tous les damnés de la terre, notamment ses ancêtres esclaves oubliés. Qu’il fasse parfois des ellipses délétères ou des amalgames triviaux ne me paraît pas douteux. Que sa situation de paria médiatique l’amène à sortir du placard des individus aux idées funestes et répugnantes ne l’est pas davantage. Mais, à l’instar de Coluche (à qui on a reproché longtemps son racisme anti-belge), ses outrances expliquent tant sa gloire que son excommunication !

Personne n’est obligé de le trouver drôle, ni de l’aimer. De là à rétablir la censure et l’interdit professionnel, à retourner au Maccarthysme, ou encore à imaginer (alors qu’on y avait jamais songé pour Le Pen !) l’interdit électoral, il y a une marge qu’il est paradoxal pour les démocrates de franchir. Quelles que soient les valeurs en péril, on n’osait plus, depuis la victoire des Lumières, criminaliser les idées et les opinions. On se souvenait qu’à la fin du XIe siècle, ce sont les Inquisiteurs qui inventèrent la "diabolisation" en accusant les sorcières - jusque-là pourchassées seulement pour hérésie - de coucher avec le diable ! On les brûlait ainsi plus facilement. Dieudonné aurait-il donc forniqué avec Satan ?

Les idées que protège la liberté d’expression sont pourtant celles qui "heurtent, choquent ou inquiètent", rappelle très souvent la Cour européenne des droits de l’homme. Ceux dont les opinions sont banales ou les propos consensuels n’ont effectivement pas besoin d’une quelconque protection Dieudonné a ressuscité le débat "Voltaire contre Saint-Just", sujet quelque peu éculé qu’on croyait réservé aux dissertations du baccalauréat : à ceux qui, comme l’ami de Robespierre, crient "pas de liberté pour (ceux qu’ils désignent comme) les ennemis de la liberté", j’oppose, pour ma part, une tolérance voltairienne qui veut "se battre jusqu’au bout" pour que puissent s’exprimer ceux dont on juge pourtant les idées haïssables. L’affaire Dieudonné, c’est Saint-Just et McCarthy contre Voltaire !


Jean-Marie Dermagne
Avocat, ancien bâtonnier
La Libre.be - Mis en ligne le 27.05.09

samedi 30 mai 2009

N'allons surtout pas croire qu'il n'en est pas de même en Belgique.

Une discrimination systémique, quelques données chiffrées sur le racisme et son impunité.

S’il est souvent difficile, au cas par cas, de produire la preuve d’une discrimination raciste, il existe en revanche des indices multiples qui permettent d’établir le caractère systémique et massif du phénomène.

Pour ne parler que de l’emploi, au-delà des témoignages de victimes, qui sont innombrables, certains chiffres sont parlants. On sait par exemple que de 1975 à 1990, 40% des postes de travail occupés par les étrangers dans l’industrie ont été supprimés, ce qui correspond au licenciement de plus d’un demi million de salariés. De 1980 à 1984, le chômage a augmenté de 5% pour les Français et de 18% pour les étrangers. Tous les chiffres indiquent la même chose : les immigrés ou leurs enfants ont été, à l’occasion de cette crise économique, les premiers licenciés et les derniers embauchés [1].

En 1999, le taux de chômage était trois fois plus élevé chez les étrangers non-européens que chez les Français (29,3% contre 9,5%). Et celui des hommes issus de l’immigration maghrébine était trois fois plus élevé que celui des hommes dont les deux parents étaient nés en France (27,8% contre de 9,8%). Quant aux femmes descendantes de parents maghrébins, leur taux de chômage était 1,5 fois plus élevé que celui des femmes dont les deux parents étaient nés en France (24,6% contre 13,1%). Selon la même enquête, l’obtention d’un diplôme du supérieur n’annule aucunement l’effet des discriminations: si l’on ne considère que les diplômé(e)s du supérieur, le taux de chômage des femmes issues de l’immigration maghrébine est deux fois plus élevé que celui des hommes dont les deux parents sont nés en France [2].

Une enquête menée par l’INED en 2005 révèle la persistance de cette discrimination systémique : chez les hommes notamment, le taux de chômage est près de trois fois plus élevé chez les immigrés venant d’Algérie, d’Afrique subsaharienne et de Turquie que chez les Français eux-même enfants de Français (respectivement 29%, 27% et 25%, contre 10%), et plus de deux fois plus élevé chez les Français de parents algériens, subsahariens et turcs que chez les enfants de deux parents français (respectivement 23%, 19% et 21%, contre 10%) [3]. Cette enquête établit également que 32% des femmes marocaines et tunisiennes occupent un emploi précaire, alors que la proportion est de 19 pour les femmes françaises dont les deux parents sont français.

En 2008, le taux de chômage des résidents étrangers demeure deux fois plus élevé que celui des nationaux (17,8% contre 8,8%), et celui des immigrés 1,7 fois plus élevé que celui des autochtones (14,7% contre 8,6%). Et là encore, l’écart ne saurait s’expliquer uniquement par une moindre qualification des étrangers ou des immigrés, puisque, en 2008 comme en 1999, il est encore plus marqué lorsqu’on compare les Français, immigrés et étrangers dotés de diplômes élevés [4].

Enfin, un testing à grande échelle mené en 2006 par le chercheur Jean-François Amadieu sur des offres d’emploi commerciaux et technico-commerciaux de niveau BTS [5] a révélé qu’à lieu de résidence, âge, sexe et CV équivalents, les candidats dotés d’un prénom et d’un nom d’origine maghrébine avaient six fois moins de chances de recevoir une convocation pour un entretien d’embauche : ils n’ont reçu que 5% de réponses positives, contre 29% pour les « candidats de référence » [6].

Ce résultat fait du groupe des « maghrébins » le groupe le plus discriminé après les handicapés (qui ont reçu 2% de réponses positives), plus discriminé notamment que les hommes de plus de cinquante ans, les hommes d’« apparence disgracieuse », les habitants d’une cité stigmatisée et les femmes (qui ont reçu respectivement 8%, 13%, 17% et 26% de réponses positives). Et là encore, le fait de détenir des diplômes de niveau plus élevé ne réduit pas le risque d’être discriminé - pas plus que le fait de postuler dans un secteur où les employeurs peinent à trouver des candidats suffisamment qualifiés.

Et encore l’enquête n’a-t-elle pas testé d’autres profils, sans doute encore plus discriminés, comme les Noir(e)s ou les femmes musulmanes portant le foulard [7]. Un tel oubli - que l’ensemble des forces antiracistes ont à leur tour oublié de remarquer - constitue d’ailleurs en lui même une preuve supplémentaire de l’existence d’un très massif consentement à la discrimination.

Au regard de l’ampleur de ces discriminations, le nombre de condamnations annuelles est dérisoire (deux en 1992, 1994 et 1995, une seule en 1993, zéro en 1995, deux en 2001 [8]). Quant aux sanctions, elles sont on-ne-peut-plus légères, surtout lorsqu’on les mesure au préjudice causé : la privation d’un emploi. Il s’agit généralement d’amendes d’un montant qui varie entre 300 et 1500 euros, de peines de prison avec sursis relativement rares et ne dépassant pas trois mois, et de dommages et intérêts d’un montant qui varie entre 300 et 900 euros. La privation des droits civiques n’est jamais prononcée, ni la prison ferme.

Les pouvoirs publics se retranchent derrière la difficulté d’apporter la preuve de la discrimination, mais sans engager la moindre politique publique permettant d’y remédier : les opérations de testing demeurent rarissimes, et menées exclusivement par des équipes de chercheurs ou par des associations antiracistes, aux moyens fatalement limités. Aucune « police de la discrimination » n’a été imaginée, pas plus qu’un corps spécifique d’inspecteurs du travail. Les autorités mettent systématiquement l’accent sur la nécessité d’« éduquer » et de « prévenir », afin de « faire évoluer les mentalités », sans se soucier de la quasi-absence de répression, et cela au moment même où la répression supplante la prévention pour le traitement de la petite délinquance - celle dont peuvent se rendre auteurs les jeunes issus des quartiers populaires et de l’immigration, par ailleurs victimes de la discrimination !

Des tables rondes sont organisées avec un patronat qu’on sait massivement coupable de discrimination, afin d’encourager les « bonnes pratiques » de « promotion de la diversité » - alors que ce type de bienveillance pédagogique est aujourd’hui devenu inconcevable face à toute autre forme de délinquance. Il faut se rendre à l’évidence : la discrimination est non seulement massive, mais aussi largement tolérée. D’autant plus massive, précisément, qu’elle est massivement tolérée et jouit, de ce fait, d’une quasi-impunité.

Enfin, à cette remarquable tolérance pour des formes de discriminations « par la race, l’ethnie ou la religion » théoriquement proscrites par la loi, vient s’ajouter une injustifiable discrimination légale sur plus de 30% des emplois disponibles : une condition de nationalité interdit aux « non-ressortissants de l’Union européenne » tout accès aux emplois de la fonction publique, des entreprises sous contrat et de nombreux autres secteurs comme le Droit et le commerce [9]. Cette discrimination légale - que significativement, aucun parti de gouvernement ne remet en question [10] - a pour effet non seulement d’entraver plus durement encore l’insertion professionnelle des résidents étrangers originaires d’Afrique ou d’Asie, mais aussi d’apporter une précieuse légitimation à un principe qu’on qualifie souvent de lepéniste : la «préférence nationale».

Pierre Tevanian
30.05.09

Source : Les mots sont importants (cfr: http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=578)

[1] Cf. CERC (Connaissance de l’Emploi, des Revenus et des Coûts), Immigration, emploi et chômage, n°3, 1999, Saïd Bouamama et Ahmed Benyachi, Les discriminations dans l’emploi et leurs impacts. L’exemple roubaisien, Voix de nanas, 2000. Cf. aussi Haut Conseil à l’Intégration, Rapport sur la discrimination, La Documentation française, juin 1999.
[2] Ariane Pailhé, « Inégalités racistes et sexistes dans l’accès à l’emploi en France », Nouvelles Questions Féministes, vol. 27, n°1, 2008.
[3] Dominique Mheurs, Ariane Pailhé et Patrick Simon, « Mobilité intergénérationnelle et persistance des inégalités », Publications de l’INED, 2005.
[4] Enquête publiée par l’OCDE, disponible sur le site de l’Observatoire des inégalités : www.inegalites.com
[5] La méthodologie de l’enquête et ses résultats complets sont disponibles sur le site de l’Observatoire des discriminations : http://cergors.univ-paris1.fr
[6] Ces candidats dits de référence sont de sexe masculin, blancs de peau, dotés d’un nom et d’un prénom « français » et domiciliés à Paris
[7] La situation des femmes voilées sur le marché de l’emploi est sans doute la plus précaire, puisque l’embauche est dans leur cas la rarissime exception, et le refus d’embauche la règle. L’impossibilité de trouver un emploi avec un foulard sur la tête est même dite explicitement aux femmes concernées, avec plus ou moins de bienveillance, dans nombre d’agences ANPE. Cf. plusieurs témoignages allant dans ce sens dans le recueil Les filles voilées parlent, publié aux Editions La Fabrique en 2008.
[8] Cf. Nasser Negrouche, « Laïcité et discriminations », www.monde-diplomatique.fr, février 2004
[9] Cf. le dossier très complet disponible sur le site du GISTI : http://www.gisti.org/spip.php ?rubrique246
[10] Interpellé sur ce point par le GELD (Groupe d’études et de lutte contre les discriminations), mis en place par sa ministre Martine Aubry, le premier ministre Lionel Jospin avait en 1999 refusé catégoriquement toute remise en cause des emplois réservés.

vendredi 29 mai 2009

Obama plaide pour un état palestinien

Barack Obama, en recevant Mahmoud Abbas, a fait pression sur Israël pour la création d'un État palestinien. Une "solution à deux États" que refuse Netanyahu, le premier ministre israélien.

Le président américain Barack Obama a fait pression jeudi sur Israël pour la création d'un État palestinien et la fin de la colonisation en recevant le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, qui a annoncé lui avoir remis un plan pour la relance du processus de paix.

"Je crois fermement à une solution à deux Etats", la Palestine coexistant avec Israël, a dit M. Obama à la presse à l'issue de son premier entretien avec M. Abbas.

Il a aussi rappelé avoir été "très clair quant à la nécessité d'arrêter la colonisation" lors de sa rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le 18 mai à la Maison Blanche.

Ces deux questions représentent un sérieux différend entre les gouvernements américain et israélien. M. Netanyahu refuse en effet d'accepter un règlement à deux États, au cœur des efforts de paix de la communauté internationale depuis des années et oppose une fin de non-recevoir à un arrêt total de la colonisation.

"Calendrier artificiel"

M. Obama a toutefois invoqué la dynamique intérieure israélienne pour dédramatiser les litiges.

"Je pense que nous n'avons pas un moment à perdre" dans l'effort de résolution du conflit, "mais je ne prends pas non plus mes décisions en me fondant simplement sur des discussions que nous avons eues la semaine passée, parce que, de toute évidence, M. Netanyahu doit régler ces questions au sein de son propre gouvernement, de sa propre coalition", a dit M. Obama.

Il a aussi refusé de s'enfermer dans un "calendrier artificiel" de résolution du conflit, alors que son prédécesseur, George W. Bush, quand il avait présidé à un effort de relance du processus de paix fin 2007, s'était donné jusqu'à la fin de son mandat en janvier 2009 pour voir un accord entre Israéliens et Palestiniens. "Je vais voir des progrès et nous allons travailler énergiquement pour y parvenir", a-t-il affirmé. "Je suis confiant sur le fait que nous pouvons faire avancer ce processus si les parties sont prêtes à honorer leurs engagements".

M. Abbas a annoncé à l'AFP après la rencontre avoir remis au président Obama lors de leur rencontre un document contenant des idées pour la relance du processus de paix israélo- palestinien. "Ce document ne sort pas du cadre de la Feuille de route et de l'Initiative de paix arabe. Il contient des idées pour la mise en place de mécanismes d'application de ces deux plans", a déclaré M. Abbas peu avant de quitter Washington.

"Le président Obama a promis d'étudier ce document", a pour sa part affirmé à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat.

Une rencontre "sérieuse" et "franche"

L'initiative arabe de paix, lancée par l'Arabie Saoudite en 2002, prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis 1967 et la création d'un Etat palestinien. Israël l'a rejetée dans sa forme actuelle, principalement en raison de la mention faite au droit au retour des réfugiés palestiniens.

Quant à la Feuille de route, elle a été élaborée par le Quartette international - États-Unis, Union européenne, Russie et ONU - et lancée en 2003. Elle prévoit la création d'un État palestinien dans les territoires occupés par Israël mais elle est restée lettre morte depuis son lancement.

M. Abbas a qualifié sa rencontre avec M. Obama de "sérieuse et franche". "Nous sommes convenus de rester en contact en permanence", a-t-il ajouté. Interrogé sur le point de savoir s'il était plus optimiste sur la création d'un État palestinien sous la présidence Obama, il a répondu: "J'espère que les promesses vont se réaliser. Rien ne l'empêche à condition qu'Israël ne pose pas d'obstacles".

M. Abbas a en outre annoncé une nouvelle visite dans la région le 7 juin de l'émissaire américain George Mitchell.


29/05/2009
Par LEXPRESS.fr avec AFP

ÉGALITÉ vous convie à son Barbecue

Chères amies, chers amis,

ÉGALITÉ vous convie à son Barbecue
ce Dimanche 31 mai, à partir de 12h
au 22 rue des Grands Carmes - 1000 Bruxelles
(rue du Mannekenpis)

Toutes vos préparations, boissons, contributions, etc. sont les bienvenues!

Pour faciliter l'organisation, merci de vous inscrire au plus vite,
par téléphone au: 0485 549 579
ou par mail à: info.egalite@gmail.com

N'hésitez pas à diffuser l'invitation autour de vous... et dans un périmètre plus large encore!

A Dimanche!

Salutations de l'Equipe Égalité

9ème Assemblé Générale

Chères citoyennes, chers citoyens,

Rejoignez-nous ce vendredi 29 mai 2009 :

à 18 h :

devant les marches de la Bourse,
pour l'Action "Troupes hors d'Afghanistan"

à 19 h :

rue des Grands Carmes, 22
au centre de Bruxelles (à proximité de Mannekenpis)
pour la 9ème Assemblée d'Egalité.

N’hésitez pas à venir avec d’autres personnes, elles seront également les bienvenues.

Dans l’attente de vous rencontrer, recevez nos salutations les meilleures.

Pour la Liste Egalité,

Nordine Saïdi

jeudi 28 mai 2009

Splendeurs et misères de l’extrême-gauche !

Cet intitulé balzacien s’est imposé à mon esprit hier soir au Garcia Lorca. Ce n’est pas tous les jours en effet que tous les partis de la gauche de gauche partagent la même tribune. C’est un signe encourageant de progrès que de retrouver à la même table Nadine Rosa-Rosso et un représentant du PTB. Mais, dans le même temps, on ne pouvait s’empêcher de regretter que cette rare réunion était aussi la preuve d’une incapacité quasi congénitale de se présenter ensemble devant les électeurs.

Au moins ensemble, à défaut d’être unis...

Car, comme le faisait remarquer Polo Marcus, l’examen des programmes ne peut que confirmer la convergence de leurs axes principaux : anti-impérialisme, anticapitalisme, refus de l’Europe libérale, défense des services publics, nationalisation du secteur financier, solidarité avec les victimes de l’exclusion (économique, sociale, communautaire), rejet de la politique occidentale au Moyen-Orient… Mais, paraît-il - c’est en tout cas Céline Caudron qui l’affirme sans être démentie par personne - ces organisations ne s’entendent pas sur les « méthodes ». Et si quatre d’entre elles se présentent quand même en cartel, c’est uniquement pour des raisons de mathématique électorale.

Ce qui laisse pantois, c’est précisément que ces « méthodes », sur lesquelles on aimerait moins de discrétion, en arrivent à masquer les buts communs affichés. En somme, solidaires : oui, mais pas entre nous... Un comble !

Il me semble qu’en réalité, la liste qui assume le plus positivement la diversité des thèmes et des « méthodes » est la liste Egalité. C’est avec une grande éloquence que, s’appuyant sur des infographies du journal Le Soir, Nadine nous a démontré que la géographie et la sociologie bruxelloises superposent toutes les exclusions. Et c’est assez naturellement que cette superposition en forme de croissant – excusez mon mauvais esprit - débouche en fin de compte sur une liste « communautariste ».

Ce n’est pas seulement une circonstancielle géographie qui m’inspire ici, c’est bien plus sérieusement le fondement géopolitique qui soutient cette liste*. Ou comment faire entrer dans un débat régional une problématique mondiale. On comprend que le clientélisme transi du PTB ne puisse s’accommoder d’une vision aussi large, tout comme la liste Resist a pu servir de condamnation de son ex-secrétaire générale !

Comme quoi, l’internationalisme n’est pas toujours où l’on croit…**

Ce qu’il faut que les autres organisations comprennent enfin, c’est que le soutien de ce type d’initiative en vue de présenter une véritable liste commune de toute l’extrême-gauche sans état d’âme est le seul moyen de construire un mouvement qui dépasse précisément le communautarisme et débouche sur le combat mondialiste contre tous les impérialismes.


* Ce que tous ses participants – on l’a entendu dans des interventions parfois intempestives – ne semblent pas avoir complètement assimilé.
** Il suffit de lire les priorités du PTB pour constater que la politique internationale est loin de les motiver, c’est le moins qu’on puisse dire.

From: mmla@skynet.be

mercredi 27 mai 2009

Une saga judiciaire à la belge...

C'est parti ! Le procès DHKP-C s'est ouvert ce lundi 25 mai devant la Cour d'appel de Bruxelles.

Malgré les années d'acharnement du procureur Delmulle, plus de 150 personnes ont, une nouvelle fois, pris congé pour venir soutenir Bahar Kimyongür et les autres inculpés, lors de cette première journée d'audience.
Pour découvrir le compte-rendu photographique du rassemblement et les premiers débats au tribunal, cliquez sur le lien suivant :
http://leclea.be/affaire_dhkp-c/proces_de_bruxelles/25-05-09-une_mobilisation_reussie.html

Le Clea entend transformer l'affaire DHKP-C en une occasion de débattre des législations «antiterroristes» et de la criminalisation croissante du militantisme dans notre pays.
Il s'agit d'un combat politique de longue haleine, qui doit être lancé partout dans la société. Pour le mener à bien, le CLEA a besoin de vous !

Pour agir efficacement, il n'est pas nécessaire d'être l'un des parlementaires qui évaluera la loi «antiterroriste» le 9 juin prochain. Pour protéger nos libertés, de petits gestes suffisent.

Sauf si les juges se déclarent incompétents aujourd'hui, le procès se déroulera tous les jours de la semaine, de 9 à 16 h, à la 13ème Chambre de la Cour d'appel (section néerlandophone) du Palais de Justice de Bruxelles.
Passez un instant soutenir les militants criminalisés par le procureur Delmulle et la Turquie. Venez surveiller le travail des tribunaux. Lundi matin s'étaient déplacés jusqu'à Bruxelles des habitants de Liège et de Marcinelle!

Et si vous ne parvenez pas vous libérer, posez quelques actes simples :

- Visitez le site remanié du CLEA qui vous fournira les évolutions quotidiennes du procès ainsi qu'un nouveau classement très clair des différentes étapes de la saga judiciaire.
Encouragez vos contacts à surfer sur notre site :
http://www.leclea.be/affaire_dhkp-c/dossier.html

Sans vous, les efforts du CLEA sont vains. Sans vous, « la guerre contre le terrorisme » causera encore de nombreuses victimes dans les rangs des citoyens.
Si Bahar et ses amis sont condamnés, une part de chacun de nous sera emprisonnée.

Merci pour votre soutien, le CLEA.


Pour écouter la maman de Bahar venue rencontrer la liste ÉGALITÉ,
cliquez sur le lien suivant: http://rachid-zz.skynetblogs.be/

mardi 26 mai 2009

Ni rire. Ni pleurer. Comprendre. ( Spinoza )

" Comment rester confiant dans un système que l’on nous présente comme exemplaire, quand il gaspille en un peu plus d’un siècle ses réserves millénaires, au profit de quelques uns ? Comment rester serein quand tout indique que ce rythme imposé à la planète la précipite vers l’abîme ? Comment concilier les contradictions de plus en plus évidentes entre une minorité de nantis qui peuvent (presque) tout se permettre, et une majorité de démunis qui s’enfoncent dans une pauvreté endémique dont on sait aujourd’hui qu’elle n’est ni le fruit du hasard, ni inéluctable, mais qu’elle résulte au contraire, d’une scandaleuse et injuste redistribution des richesses ? Comment croire encore aux boniments des discours politiques quand ceux-là mêmes qui les énoncent n’ont de cesse de se renier dans leur comportement ? Comment comprendre ce que cachent les forces et les courants qui malaxent nos sociétés, les déchirent, les écartèlent, les ébranlent jusqu’au point de non-retour, sans tomber dans des dérives idéologiques, religieuses ou sectaires ? Comment donner encore un sens à la vie quand elle paraît tellement menacée, que de plus en plus de jeunes adultes choisissent de ne plus la transmettre ? Bref, comment s'y retrouver aujourd’hui face aux gigantesques déséquilibres qui secouent le monde ?

Il semble que nous soyons de plus en plus nombreux à nous interroger, confrontés à l'information quotidienne – surinformation-désinformation ? – faisant état d'une dégradation évidente de notre environnement tant politique que social, économique, professionnel, écologique, culturel, moral… et révélant par ailleurs, pour ceux qui en doutaient encore, que tout paraît bien être lié. (...)

Alors que la « globalisation » – dans le sens, la seule loi du marché – est prônée par les plus nantis – ou en d’autres termes, les dominants – comme LA solution à tous nos problèmes, toutes nos angoisses, toutes nos peurs, le désarroi qui en résulte semble gagner de plus en plus d'individus. Au sein même de cette colossale machine que d’aucuns persistent à nous présenter comme l’unique garante du bonheur pour tous, le malaise grossit. Les classes dirigeantes qui ont tant vanté les mérites de l’ultralibéralisme (ou du néolibéralisme, comme l’on voudra) sont prises elles-mêmes à revers par l’échec de leurs politiques. Mais ne peuvent (ou ne veulent) l’admettre encore. Les « dégâts collatéraux » de leur gouvernance sont réels, à tous les niveaux. Nul besoin d’être « spécialiste » pour les constater. De plus en plus de citoyens, fragilisés, se sentent dépassés, écrasés par le projet de société qui leur est imposé à défaut de leur être proposé. Les dépressions nerveuses s’accroissent au rythme de la précarité. Les injustices s’aggravent partout. La nature est violentée de toutes parts. La biodiversité de la planète s’étiole à vive allure. La pollution touche chaque strate de la vie, tant autour de nous que dans nos cerveaux… au point même que quelques « experts » ne s’embarrassent plus, le cas échéant, d’envisager le recours à l’arme atomique « miniaturisée »… C’est dire l’état avancé de la gangrène cérébrale dont certains – et non des moindres – sont déjà atteints !

Sans risque de se tromper, l’on peut déclarer que notre monde se déshumanise lentement mais irrémédiablement. Résultat d'une brutalité inouïe s'exerçant sur nous à tous niveaux. Jusque dans les gestes anodins du quotidien, même à notre insu, et exigeant dès lors une vigilance de chaque instant. Signe patent de l’échec de notre modèle de société, le suicide – qui ne se limite plus à la sphère privée mais se manifeste désormais partout : à l’armée, sur les lieux de travail, en prison – est depuis de nombreuses années dans nos pays dits « civilisés », une cause croissante de décès, dont les jeunes meurent d’ailleurs de plus en plus tôt. Terrible réalité, soigneusement passée sous silence par nos éminences politiques et nos médias, quand elle devrait tous, nous alarmer.

Heureusement, des résistances à cette globalisation-là se manifestent. Le militantisme n’a pas disparu et revêt même plusieurs aspects nouveaux. En-dehors des arènes politiques et syndicales, de nombreux citoyens s’engagent au sein de petites associations ou d’ONG (Organisation Non Gouvernementale) plus importantes, dont l’une des formes actuelles les plus visibles se traduit par l’émergence des Forums sociaux, formidables laboratoires d’apprentissage à la rencontre et à l’échange multiculturel. Dénonçant les mécanismes souvent occultes d’un système inique, interpelant les responsables politiques, industriels et financiers, initiant des pétitions, proposant d’autres modèles de développement, ce sont des lieux de réflexion et de travail à des alternatives. Cependant, le défi est colossal. L’adversité est âpre et bénéficie de moyens puissants dont manque bien souvent le milieu associatif. Et les formidables énergies dépensées lors de ces Forums semblent souvent gaspillées, éparpillées, perdues parfois, tant le foisonnement d’idées se trouve privé de structures adéquates permettant leur application de manière probante et efficace. Avec en sus, le risque d’être elles aussi, récupérées…

L’objectif reste pourtant le même : alerter l'opinion afin qu’elle exerce les pressions nécessaires vis-à-vis des décideurs sur la dérive de notre modèle de société occidentale. Il ne s’agit pas de contester la réalité d’un monde global ! La «mondialisation» n’est pas tombée d’un coup, comme ça, un beau matin. Sur la décision d’Untel ou d’un autre. Depuis que les individus se sont mis à voyager, à se rencontrer, à échanger, à commercer, chacun a contribué peu à peu à la «mondialisation» d’aujourd’hui. Mais les solutions et les orientations que les plus puissants veulent nous imposer sont inacceptables. Sournoisement déguisées sous le fard de la «démocratie» elles ne sont rien d’autre que les lois des plus forts au détriment des plus faibles. C’est « leur mondialisation » qui est rejetée. Pas sa réalité, souhaitable et incontournable, inscrite dans le processus d’évolution de l’espèce humaine, tout à l’opposé des fausses prophéties d’un quelconque « clash » de civilisations!

Hélas, nombre de nos élus se sont révélés au fil du temps inefficaces, incompétents, et de plus en plus souvent assujettis aux multinationales, quand ils ne sont pas carrément corrompus. Si ce constat peut paraître amer à certains ou excessif à d’autres, il n’est qu’à voir l’interminable liste de politiciens et de leurs adjoints soudoyés peu ou prou, de tout bord, de tout parti, de tout âge, de tout pays pour se rendre à l’évidence : presque aucun n’échappe à cette règle déplorable… mais tous s’en défendent, bien sûr ! S’abritant au besoin, sans plus de réserve que de scrupules, derrière l’immunité que leur confère leur position. Le mensonge étrangle rarement ceux qui en (ab)usent. Leur seul souci étant de se maintenir dans les sphères du pouvoir – et des privilèges que ce dernier permet – acquis la plupart du temps par de bien sombres manœuvres… et par de scandaleuses dépenses des deniers publics. (...)
D’autres, et non des moindres, n’hésitent même plus à manipuler le résultat des élections aux fins d’accéder à la fonction présidentielle… pour donner par la suite, main sur le cœur et dans les envolées lyriques de l’hymne national, des leçons de «démocratie» à coups de bombes, à l’ensemble de la planète. Quel délire ! Et au-delà, quels coups de butoirs à l’encontre de nos acquis « démocratiques »… Ces façons de pratiquer sont finalement peu différentes de celles utilisées par des régimes que nos gouvernants ne ratent pourtant jamais l’occasion de fustiger pour leurs méthodes. Elles sont simplement plus perfides, plus sournoises… et utilisent d’autres procédés. Que le citoyen ne se méprenne plus : désormais, c’est l’économie et la finance qui font la loi. Le politique s’incline, et suit. (...)

L’idéal qui au départ anime parfois les plus dévoués a tôt fait de céder sa place aux calculs et aux plans de carrière. Ces élites – ou qui se croient telles – ne sont plus au service de la collectivité, mais strictement au leur. (...) Leur ambition n’est jamais satisfaite. Qu’ils s’autoproclament de gauche ou de droite, les menus problèmes des citoyens ne les intéressent qu’occasionnellement, quelques semaines avant les élections. Tout occupés qu’ils sont par leur ascension, ils n’ont d’yeux, d’oreilles et d’agendas que pour ceux qui pourraient y contribuer. (...) Fascinés par les apparats du pouvoir, il devient fréquent d’assister à d’obscurs retournements de vestes (jamais de portefeuilles !) où d’aucuns passent d’un camp à l’autre sans sourciller, bredouillant mille mauvaises excuses afin de justifier leurs pirouettes. (...)

L'on nous ment... depuis le début... "

Daniel Vanhove
La Démocratie Mensonge - 2008 -
Ed. Marco Pietteur - Coll. Oser dire - Extraits

lundi 25 mai 2009

A quelques jours des élections: ce que cachent leurs si beaux sourires...

Voici le joli salaire de nos élus et ministres

Un ministre gagne 11.000 euros par mois et un parlementaire la moitié, selon une étude du politologue Jean Faniel du Centre de recherche et d'information socio-politiques (Crisp). Un député gagne près de 5.500 euros par mois mais ce montant est plus élevé pour les chefs de groupe, les présidents de commissions parlementaires, les questeurs et les secrétaires. Les présidents des assemblées gagnent eux aussi plus qu'un simple député. Ceux du Sénat, de la Chambre et du Parlement flamand gagnent pratiquement 16.000 euros par mois, soit davantage que le Premier ministre. Le président du parlement bruxellois perçoit lui quelque 13.000 euros et ceux des parlements de la Communauté française et de la Région wallonne environ 12.500 euros.

Petite devinette : quel responsable politique de notre petit Royaume a la rémunération la plus élevée ? Vous pensez à Herman Van Rompuy, le Premier ministre ? Raté ! Les vainqueurs sont… Patrick Dewael, Armand De Decker et Marleen Vanderpoorten. Respectivement président de la Chambre, du Sénat et du Parlement flamand. Ces trois personnalités gagnent 15.931 euros nets par mois. Van Rompuy à l'instar de ses vice-Premiers Reynders, Milquet, Onkelinx, De Gucht et Vanackere ne gagne « que » un peu plus de 11.000 euros nets par mois. On comprend que l'actuel Premier ministre n'était pas pressé de quitter son perchoir de président de la Chambre pour succéder à Yves Leterme… Et que Patrick Dewael ait quitté sans trop d'amertume son maroquin à l'Intérieur. Même les présidents des parlements régionaux ou communautaires gagnent davantage que le Premier ministre. José Happart, président du Parlement wallon, touche ainsi 12.459 euros.

Ces « salaires » de nos édiles ont été passés au crible par Jean Faniel, politologue au Crisp, le Centre de recherche et d'information socio-politiques. Son analyse montre que les rémunérations des politiques sont assez complexes. Et les règles en vigueur varient en fonction des (nombreux) gouvernements et assemblées du pays.

Frais non imposables
Globalement, ministres et parlementaires perçoivent une indemnité de base, imposable. En plus, ils se voient également allouer des indemnités forfaitaires pour frais exposés. Elles sont exemptes d'impôts et elles ne doivent pas être justifiées. Pour un parlementaire, ces frais équivalent à 28 % de son indemnité de base. On parle ici, notamment, des frais de déplacement. Exemple : l'indemnité pour frais de logement d'un ministre de la Communauté française ou d'un ministre wallon est de quelque 500 euros par mois. Les rémunérations des ministres fédéraux et wallons sont liées à l'index. Par contre, celles des ministres bruxellois, flamands et germanophones ne sont indexées que partiellement.
La contribution des parlementaires à l'impôt des personnes physiques représente une somme équivalant à quelque 44 % de leur rémunération annuelle nette. Ce ratio est de 47 % pour les ministres wallons. Il avoisine 70 % pour les ministres fédéraux.

Protocole
Assez logiquement, les ministres et secrétaires d'État sont mieux payés que les parlementaires. Les présidents d'assemblée constituent donc une exception. « Cela s'explique fort probablement par le statut de la fonction exercée. Dans l'ordre protocolaire, le président d'une assemblée devance systématiquement le président du gouvernement correspondant », explique Jean Faniel.
La cohérence n'est pas toujours de mise non plus. Exemples : un secrétaire d'État bruxellois gagne davantage qu'un ministre flamand ; un ministre wallon est mieux rémunéré qu'un ministre fédéral (pour autant que celui-ci ne soit pas vice-Premier ministre).

Chefs de groupe
Un simple député (ou sénateur) gagne 5.515 euros nets par mois. Mais ce montant grimpe pour les élus qui occupent une fonction spéciale (vice-présidence, secrétariat, etc.). Pour le président d'une commission parlementaire, on arrive alors à un peu plus de 6.200 euros. Le « salaire » des chefs de groupe (autrement dit, le numéro un d'un parti au sein d'une assemblée) tutoie les 7.000 euros. Les questeurs du Parlement fédéral, compétents pour la gestion administrative, matérielle et financière, obtiennent 7.350 euros.

Absentéisme
À part au Sénat, l'absentéisme est sanctionné. Exemple : à la Chambre, un député qui prend part à moins de 80 % des votes en séance plénière est pénalisé d'une retenue de 10 % sur son indemnité. La retenue monte même à 60 % s'il n'est pas présent pour au moins la moitié des votes.
Les députés peuvent exercer d'autres mandats publics politiques. La loi limite ce cumul à un «mandat exécutif rémunéré». Le jeton de présence ad hoc ne peut alors pas dépasser la moitié du montant de l'indemnité parlementaire.
Les parlementaires mais pas les ministres bénéficient aussi d'une indemnité de départ : en principe, elle est de deux mois de traitement par année de fonction, dans une marge d'un an au minimum et de quatre ans, maximum.

Scandale ?
Sont-ils indécents et scandaleux, ces « salaires » de ministre ou de parlementaire ? Tout dépend de la comparaison. En 2008, le salaire minimum s'élevait à 1.070 euros nets par mois. On est en l'occurrence évidemment bien loin au-dessus.
Mais Jean Faniel nuance. « En moyenne, les dirigeants des plus grandes entreprises privées belges gagnaient, en 2007, plus de 60.000 euros mensuels nets, compte non tenu de certains bonus. Cela représente près de six fois le revenu du Premier ministre », souligne le politologue. «Les principaux dirigeants des entreprises publiques (Belgacom, La Poste, SNCB) percevaient à la même période entre 15.000 et 78.000 euros mensuels nets, soit bien plus que leur ministre de tutelle», ajoute-t-il.
Attention aussi : la rémunération des mandataires politiques n'alimente pas intégralement leur fortune personnelle. Ils versent une part de rémunération à leur formation politique, dans des proportions variables selon les partis.

Alain Narinx
17/04/2009
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dimanche 24 mai 2009

Vote électronique : la Belgique isolée

Depuis qu’en mai 2008 les Pays-Bas ont définitivement renoncé au vote électronique, la Belgique est le seul des 27 États de l’Union Européenne à encore imposer un système de vote automatisé à un nombre significatif d’électeurs (44 %). Là où le vote électronique était à l'essai, les autorités ont abandonné ou arrêté la progression du projet. C’est ainsi qu’en Irlande les machines à voter, achetées il y a cinq ans, ne seront jamais utilisées et le gouvernement cherche un moyen économique et écologique de s'en débarrasser. En Allemagne, la Cour constitutionnelle a déclaré illégal le système de scrutin imposé à près de 2 millions d’électeurs en 2005 car il ne permet pas le contrôle des opérations électorales par les électeurs. En France le Ministère de l'Intérieur recommande de ne plus investir dans les machines à voter et parmi la petite minorité de villes qui s'en étaient équipées, certaines ont déjà renoncé à les utiliser. En Finlande, la Haute Cour administrative vient d’invalider le résultat du premier essai de vote électronique effectué dans trois communes et tous les électeurs finlandais voteront manuellement lors des prochaines élections européennes.

En Belgique, un débat de fond a été organisé au niveau fédéral en juin 2008, après 17 années d’« expérimentation » du vote électronique. A cette occasion, une majorité d’experts a démontré à quel point le système utilisé en Belgique est inacceptable, principalement parce qu’il rend les élections totalement incontrôlables par les citoyens-électeurs. Rappelons aussi que selon les chiffres communiqués par le Ministère de l'Intérieur en mai 2005, le vote électronique coûte trois fois plus cher que le vote papier. Même lorsque l'on retire le coût d'investissement du matériel ou le coût du développement des logiciels, le payement des équipes de support informatique dépasse à lui seul le coût du vote papier. Les rapports des collèges d’experts désignés par les différents parlements ont de plus, relevé de nombreux incidents qui ont souvent retardé la disponibilité du résultat de l'élection ; mais ils ne disent rien des incidents qui auraient pu fausser les résultats sans être détectés.

Dans le rapport « BeVoting. Etude des systèmes de vote électronique » rédigé par un consortium d’universitaires à la demande des administrations fédérales et régionales et rendu public en décembre 2007, on peut lire que le système électronique utilisé en Belgique ne répond pas aux exigences du Conseil de l’Europe en la matière (1). Plus loin, les auteurs concluent « que le vote électronique entièrement automatisé ne convient pas - à l’heure actuelle - pour la Belgique » (2).
Le rapport de l’O.S.C.E. concernant les élections de juin 2007 condamne également notre système à cause de son manque de contrôlabilité. Le matériel informatique qui sera utilisé le 7 juin est ancien et périmé. Pour prolonger la vie de ce vieux matériel, les communes ont décidé de payer une prolongation des contrats d'entretien et de maintenance au delà de l'échéance du 31 décembre 2008. Ces frais ne constituent pas un investissement car on ne peut pas espérer prolonger indéfiniment la vie de ces vieilles machines. Et c'est prendre un risque énorme que de continuer à les utiliser.

Malgré tout cela, il s’est trouvé une majorité de parlementaires pour décider de persévérer dans la voie de l’automatisation et, dans l’immédiat, dans la perpétuation du système actuel condamné par tous les experts. La résolution votée recommande l’expérimentation d’un « système de vote électronique amélioré ». Pour nous, des innovations techniques ne peuvent être utilisées lors des élections que si elles sont compatibles avec ce principe de base qui doit régir une démocratie représentative : le jour des élections c’est l’ensemble des citoyens-électeurs qui exercent la souveraineté. C’est donc à eux qu’appartient le contrôle de la régularité de l’ensemble des opérations électorales, et non à des experts en informatique. Pour garantir ce contrôle effectif, faire produire des bulletins en papier par des ordinateurs ne suffit pas. Il faut que les représentants des citoyens-électeurs (témoins de listes, présidents et assesseurs des bureaux de vote et de dépouillement) puissent répondre aux questions suivantes : Tous les électeurs, et eux seuls, ont-ils pu voter une et une seule fois ? Leur vote a-t-il été secret ? Chaque vote a-t-il été pris en compte ? La totalisation des votes s’est-elle faite correctement ?

Nous ne disons pas que ces exigences démocratiques ne peuvent être rencontrées qu’avec le système traditionnel. Mais force nous est de constater que, jusqu’à présent, aucun système automatisé ne les a respectées. Et nous nous permettons de rappeler qu’une des raisons pour lesquelles les Pays-Bas ont renoncé définitivement au vote électronique est que, comparé aux systèmes traditionnels, le coût d’un système automatisé fiable et véritablement contrôlable par les électeurs est démesuré.
Quand donc nos représentants renonceront-ils à imposer à près de la moitié des électeurs de ce pays, au nom de la modernité, un mode de scrutin coûteux, non fiable, et non contrôlable par les citoyens-électeurs ?

(1) Partie I, pp. 254-255.
(2) Partie II, p. 6.


« Carte blanche » parue dans Le Soir du 18 mai 2009 -

P.S.: Avez-vous signé la pétition pour l'abandon du vote électronique ?
( à lire sur http://www.poureva.be/spip.php?article519 ).
Et si la réponse est oui, pourriez-vous encourager d'autres personnes à faire de même ?

Patricia Fenerberg, Kommer Kleijn, Michel Staszewski, Claire Verhesen, Pierre-Antoine Verwilghen,
membres de l’association citoyenne « PourEVA » (Pour une Éthique du Vote Automatisé www.poureva.be).

samedi 23 mai 2009

En 2005, Internet refait l'Europe

A la fin 2004, on ne voyait encore rien venir. Il semblait acquis que le référendum du 29 mai suivant sur le projet de Constitution européenne se réduirait à une formalité. "On nous dit que les Français doivent lire la Constitution. Vous pensez, c'est un texte de trois cents pages! Moi-même, je ne l'ai pas lue", claironnait M. Malek Boutih (1). Quelques mois plus tard, le secrétaire national du Parti socialiste chargé des questions de société était sans doute l'une des dernières personnes en France à ne pas avoir lu la Constitution.

Avec l'écrasante majorité des médias dans le camp du "oui", la contestation du texte soumis au vote se réfugia sur Internet. Faisant mentir l'idée reçue selon laquelle les échanges en ligne asphyxient la "vraie vie", le réseau fit plutôt office de caisse de résonance d'un mouvement qui impliquait aussi des réunions publiques bondées et des meetings enthousiastes.

Il présentait en outre l'avantage de mettre tous les documents officiels à portée de clic. Cette facilité d'accès autorise, dans le rapport à la politique, un changement que l'un des premiers activistes de l'Internet français, Laurent Chemla, comparait à celui introduit dans le rapport à la religion par la Réforme protestante: désormais, on revendique de pouvoir lire soi-même les textes pour se faire une opinion, au lieu de s'en laisser imposer une interprétation - en général intéressée - par une autorité quelconque.

Quelques semaines durant, c'est tout l'ordre symbolique qui fut mis cul par-dessus tête. Pour avoir produit un argumentaire efficace et synthétique en faveur du "non", qui se propagea par courriel comme une traînée de poudre, un parfait inconnu, Etienne Chouard, supplanta tous les maîtres à penser institués. Effaré par les pelletées de messages vengeurs que lui valait sa campagne en faveur du "oui", le chroniqueur de France Inter Bernard Guetta se désespérait dans le quotidien suisse Le Temps (16 avril 2005) : "La mobilisation, les conversations se font de bouche à oreille, amplifiées par Internet, ses "chats", ses blogs et ses méticuleuses et fausses analyses du projet qu'on y trouve à foison".

Cette période aura révélé de manière particulièrement cruelle la pauvreté, voire le simulacre, de la vie démocratique "normale", et le mépris foncier que vouent à leurs électeurs ou à leur public bien des personnalités politiques et médiatiques. Ce qui explique peut-être pourquoi elle a, depuis, été refoulée avec tant d'application, y compris par ceux à qui elle a laissé un excellent souvenir. Mais qui sait par quels chemins souterrains les expériences passées peuvent resurgir?

(1) L'Humanité, Paris, 29 septembre 2004

Mona Chollet
Le Monde diplomatique - Mai 2009

Invitation à soutenir les sans abri et les mal logés.

Des familles avec enfants occupent actuellement l’ancien immeuble des contributions de la place Morichar à Saint-Gilles.
Ici se construit un lieu d’habitat pour des familles mal logées ou sans abri.
Ce sera aussi une espace social et culturel.

Nous vous invitons à une journée portes ouvertes le dimanche 24 mai à partir de 11h00.

Diverses animations auront lieu et à 16h00 s’ouvrira un débat politique organisé par l’ONHU et par le Syndicat des Locataires.
José Garcia (SL) sera le modérateur des débats qui porteront sur la thématique du Logement et la problématique des IMMEUBLES VIDES OU ABANDONNES plus particulièrement.

Tous les partis démocratiques ont été invités.
Nous vous attendons nombreux car c’est ensemble que nous pouvons changer les choses.

N’hésitez pas à apporter à boire et à manger.

Associations soutenant l’occupation des habitants :

CGAM, CRER, ONHU, Syndicat des Locataires, Union des Locataires Marollienne, Union des Locataires de Saint-Gilles.

Contact : Thierry Balsat 0487 631 713

vendredi 22 mai 2009

Faites du vélo, pas des centres fermés !

Ballade à vélo jusqu’au centre fermé de Steenokkerzeel

Des personnes n’ayant commis aucun crime sont enfermées à deux coups de pédale de chez nous, dans l’ignorance du plus grand nombre. Des femmes, des hommes, des enfants subissent en Belgique des traitements inhumains pour la seule raison d’être venus chez nous dans l’espoir d’un avenir meilleur.

Puisque le vélo, c’est la liberté, utilisons-le pour franchir cette distance et ouvrir les yeux sur cette réalité.

Tous en selle pour la libre-circulation des personnes !

Quand ? Ce dimanche 24 mai à 12h
Où ? Rond-point Schuman
Quoi ? 14 km , en groupe, parcours fléché et récompense à l’arrivée
Contact ? la CRER 0477/59 19 45

Schuman : métro - lignes 1 et 5 (gratuit pour les vélos) et train (5€ pour les vélos)
Vous n’avez pas de vélo ? Vous pouvez en louer un à la Maison des Cyclistes,
15 rue de Londres à Ixelles (15€ la journée)
Retour : possibilité de mettre son vélo dans le train à la gare de Nossegem (2 min du centre fermé)