Dans un article paru sur le site progressiste Minbar Al-Hiwar Wal-Ibra (http://www.menber-alhewar1.info), la journaliste réformiste saoudienne et militante pour les droits de l'Homme Wajeha Al-Huweidar qualifie l'Arabie saoudite de "plus grande prison pour femmes au monde". Elle ajoute que contrairement aux prisonniers officiels, les Saoudiennes n'ont aucun espoir d'être libérées : elles passent toute leur vie sous la tutelle d'un tuteur : leur mari, père, grand-père, frère ou fils.
Huweidar et d'autres militantes ont dernièrement lancé une campagne contre la loi du Mahram en Arabie saoudite (1), qui interdit aux femmes de quitter leur domicile sans tuteur. Elle rapporte au quotidien koweïtien Awan que la campagne, dont le mot d'ordre est "traitez-nous comme des citoyens adultes ou nous quitterons le pays", a été officiellement lancée sur le pont du Roi Fahd, reliant l'Arabie saoudite à Bahreïn, que ces Saoudiennes ont demandé à traverser sans tuteur. (2)
Ci-dessous des extraits de l'article de Huweidar : (3)
Les prisonniers peuvent être libérés, les femmes non
"Les lois relatives à l'emprisonnement sont connues dans le monde entier. Ceux qui commettent un crime ou une offense sont placés dans une cellule de prison… où ils purgent leur peine. Quand ils la terminent, ou la voient raccourcie pour bonne conduite, ils sont relâchés… sauf dans les cas de condamnation à la prison à vie ou à la peine de mort. En Arabie saoudite, il existe deux façons supplémentaires de faire raccourcir son temps de prison : apprendre le Coran par cœur, entièrement ou partiellement… ou obtenir le pardon du roi à l'occasion d'une festivité religieuse ou d'un couronnement. Le prisonnier se retrouve alors libre et peut profiter de la vie auprès de sa famille et de ses êtres chers.
Toutefois, les Saoudiennes ne peuvent profiter d'aucune de ces possibilités : ni celles qui vivent derrière les barreaux, ni celles qui vivent loin des murs de prison. Nulle d'entre elles n'est jamais libérée, sauf avec la permission de son tuteur homme. Une Saoudienne qui a commis un crime ne quittera pas sa cellule à la fin de sa peine si son tuteur ne vient pas la chercher. En conséquence, il est fréquent que des Saoudiennes demeurent en prison uniquement parce que leurs tuteurs refusent de venir les chercher. L'Etat leur pardonne, mais leurs tuteurs tiennent à prolonger leur châtiment.
Toutefois, les femmes 'libres' ont également besoin de la permission de leur tuteur pour quitter leurs domiciles, leurs villes ou leurs pays. De sorte que dans tous les cas, la liberté des femmes dépend de leurs tuteurs."
Les détenus sont privés du contrôle de leurs propres vies… de même que les Saoudiennes
"Dans toutes les prisons du monde, les détenus sont privés du contrôle de leurs propres vies : tous leurs mouvements sont surveillés et contrôlés par le geôlier. Les autorités carcérales décident de leur sort et pourvoient à leurs besoins, jusqu'au jour de leur libération. C'est également le lot des Saoudiennes. Elles n'ont pas le droit de prendre des décisions, de faire un seul pas sans la permission de leur geôlier, c'est-à-dire de leur tuteur. Mais dans leur cas, il s'agit d'un emprisonnement à vie."
"La police religieuse saoudienne poursuit les femmes en tout lieu comme s'il s'agissait de fugitives"
"La loi saoudienne du Mahram fait des femmes des prisonnières le jour de leur naissance, ce qu'elles demeurent jusqu'au jour de leur mort. Elles ne peuvent quitter leurs cellules, c'est-à-dire leurs domiciles, ni la grande prison, c'est-à-dire l'Etat, sans autorisation signée… Bien que les Saoudiennes soient plus que toutes les autres femmes du monde privées de liberté et de dignité, elles subissent toutes ces formes d'oppression et d'injustice dans un silence amer, réprimant leur colère et affichant un découragement qui ressemble à la mort. Les Saoudiennes sont paisibles au sens fort, mais jusqu'à présent l'Etat saoudien n'a pas su apprécier la noblesse de leurs âmes, leur patience, leur résistance tranquille…
Les dignitaires religieux, qui ont reçu l'autorisation de l'État d'opprimer les femmes, considèrent le silence et la patience de ces dernières comme la marque d'un esprit arriéré et de leur faiblesse émotionnelle… C'est ainsi qu'ils se sont permis d'accroître le 'sommeil' de l'oppression au fil des décennies… Ils étouffent les femmes dans tous les domaines au moyen de lois opprimantes appliquées par la police religieuse, qui les poursuit partout comme s'il s'agissait de fugitives. Les lois relatives aux femmes ont fait d'elles des objets sur lesquels des malades peuvent libérer leurs instincts sexuels et leur violence.
Ces dignitaires religieux saoudiens privent les Saoudiennes de toute occasion de trouver du travail, recevoir une instruction, voyager, recevoir un traitement médical ou d'exercer tout autre droit, aussi minimaliste soit-il, sans l'autorisation de leur geôlier, c'est-à-dire de leur tuteur – tout cela sur la base de fatwas opprimantes sanctionnées par les hommes qui dirigent l'Etat."
Les mères et les grand-mères des Saoudiennes d'aujourd'hui avaient tous ces droits et jouissaient d'une liberté beaucoup plus importante que les femmes d'aujourd'hui.
"Les mères et les grand-mères des Saoudiennes d'aujourd'hui avaient tous ces droits et jouissaient d'une liberté beaucoup plus importante que les femmes d'aujourd'hui – de même que toutes les musulmanes appartenant aux époques révolues, telles que les épouses du Prophète. Elles n'étaient pas sujettes à la répression née de la loi du Mahram, qui n'est pas basée sur les principes de l'islam et qui n'a en fait rien à voir avec l'islam.
Combien bénie est l'Arabie saoudite, le royaume humain qui est devenu la plus grande prison pour femmes au monde. C'est un pays qui permet à n'importe quel homme, sans conditions, de jouer le rôle de geôlier, et qui a transformé ses femmes en prisonnières à vie, alors qu'elles n'ont rien fait pour le mériter."
(1) Le Mahram ("interdit") est un parent qu'une femme ne peut légalement épouser et qui peut donc lui servir de tuteur.
(2) Awan (Koweït), 6 juillet 2009. Le cheikh Abdel-Muhsin Al-Obikan, conseiller du roi et membre du Conseil de la Shura, a dernièrement émis une fatwa autorisant les femmes à voyager à l'étranger sans accompagnateur, www.islamonline.net, 25 décembre 2008.
(3) http://www.menber-alhewar1.info/news.php?action=view&id=4364, 24 juin 2009.
Source: http://www.memri.org/bin/french/latestnews.cgi?ID=SD245209
samedi 25 juillet 2009
vendredi 24 juillet 2009
A propos de démocratie, toujours...
"Ceux qui ont crevé les yeux du peuple lui reprochent d'être aveugle".
John Milton, 1642
(...) "On rentre du boulot, on est crevé...
Pas question de se creuser les méninges.
On ouvre la télé, et puis, bof, on y croit.
On lit le journal, on écoute les sports.
C'est ainsi qu'on se fait endoctriner.
Pour avoir l'heure juste, il faut trimer.
La civilisation industrielle s'est développée dans le cadre de certains mythes commodes.
Le moteur de la société industrielle moderne c'est le gain personnel qu'on juge légitime, et même méritoire car les vices de l'un font la prospérité de tous comme le dit l'expression. On sait depuis longtemps qu'une société fondée sur ce principe finira pas se détruire.
Cette société durera, avec ses souffrances et ses injustices, tant et aussi longtemps qu'on prétendra que les engins de mort créés par les hommes sont limités, que la Terre est inépuisable et que le monde est une poubelle sans fond.
A ce stade de l'histoire, il n'y a plus qu'une alternative.
Ou bien la population prend sa destinée en main et se préoccupe de l'intérêt général, guidée en cela par des valeurs de solidarité et d'altruisme, ou bien c'en sera fait de sa destinée tout court.
Aussi longtemps qu'un groupe dominera dans la société, il mettra en avant des politiques qui serviront ses intérêts.
Mais les conditions de la survie, sans parler de la justice, nécessitent une planification dans l'intérêt de l'ensemble c'est-à-dire de la communauté globale.
L'élite doit-elle asservir les médias comme elle prétend devoir le faire pour imposer des illusions nécessaires pour tromper la bête majorité et la tenir à l'écart? Bref, il faut se demander si la démocratie est un bienfait ou une menace à écarter.
Dans cette phase critique de l'existence humaine la démocratie est plus qu'une valeur à chérir, elle est peut-être la clé de la survie." (...)
Noam Chomsky
Les médias et les illusions nécessaires - 1993 - K Films Editions - Extrait
John Milton, 1642
(...) "On rentre du boulot, on est crevé...
Pas question de se creuser les méninges.
On ouvre la télé, et puis, bof, on y croit.
On lit le journal, on écoute les sports.
C'est ainsi qu'on se fait endoctriner.
Pour avoir l'heure juste, il faut trimer.
La civilisation industrielle s'est développée dans le cadre de certains mythes commodes.
Le moteur de la société industrielle moderne c'est le gain personnel qu'on juge légitime, et même méritoire car les vices de l'un font la prospérité de tous comme le dit l'expression. On sait depuis longtemps qu'une société fondée sur ce principe finira pas se détruire.
Cette société durera, avec ses souffrances et ses injustices, tant et aussi longtemps qu'on prétendra que les engins de mort créés par les hommes sont limités, que la Terre est inépuisable et que le monde est une poubelle sans fond.
A ce stade de l'histoire, il n'y a plus qu'une alternative.
Ou bien la population prend sa destinée en main et se préoccupe de l'intérêt général, guidée en cela par des valeurs de solidarité et d'altruisme, ou bien c'en sera fait de sa destinée tout court.
Aussi longtemps qu'un groupe dominera dans la société, il mettra en avant des politiques qui serviront ses intérêts.
Mais les conditions de la survie, sans parler de la justice, nécessitent une planification dans l'intérêt de l'ensemble c'est-à-dire de la communauté globale.
L'élite doit-elle asservir les médias comme elle prétend devoir le faire pour imposer des illusions nécessaires pour tromper la bête majorité et la tenir à l'écart? Bref, il faut se demander si la démocratie est un bienfait ou une menace à écarter.
Dans cette phase critique de l'existence humaine la démocratie est plus qu'une valeur à chérir, elle est peut-être la clé de la survie." (...)
Noam Chomsky
Les médias et les illusions nécessaires - 1993 - K Films Editions - Extrait
jeudi 23 juillet 2009
LE PRÉAU D’UN SEUL
"Ce que l'Europe fait aux étrangers, elle ne le peut que dans une disqualification majeure de l'humanité de l'étranger, et cette disqualification est coloniale".
Excellente réflexion dont vous pourrez lire l'intégralité au lien suivant:
http://www.migreurop.org/IMG/pdf/Preau.pdf
et dont vous trouverez un aperçu du contenu ci-dessous...
LE PRÉAU D’UN SEUL
de LFKs - création 2008 - 2009
HKW Berlin, deSingel Antwerpen, Marseille-Provence 2013
Festival d’Avignon 09, EZK Hellerau Dresden
Linz 09 / Capitale Européenne de la Culture 2009
I. LE SUJET page 8 à 29
page 8 : A. LA DÉCOLONISATION MANQUÉE DE L’EUROPE
page 12 : B. LE CAMP D’INTERNEMENT ADMINISTRATIF COMME VICTOIRE COLONIALE SUR LE PRÉSENT
page 13 : C. ORIGINE COLONIALE DES CAMPS ET CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DES ÉTRANGERS MULTIPLIÉS PAR L’EUROPE À L’INTÉRIEUR ET AUTOUR DE SES FRONTIÈRES AU DÉBUT DU XXIè SIÈCLE
page 17 : D. CAMPS ET CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE ACTUELS, LEUR MULTIPLICATION EN EUROPE ET AUTOUR DE SES FRONTIÈRES AU XXIè SIÈCLE
page 24 : E. BREF APERÇU DU CONTEXTE IDÉOLOGIQUE DE LA NAISSANCE ET DU DÉVELOPPEMENT DES CAMPS D’INTERNEMENT ADMINISTRATIF EN AFRIQUE COLONIALE
page 26 : F. BREF APERÇU DU CONTEXTE IDÉOLOGIQUE DE LA MULTIPLICATION DES CAMPS ET CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DES ÉTRANGERS DÉMUNIS, À L’INTÉRIEUR ET AUTOUR DES FRONTIÈRES EUROPÉENNES, AU DÉBUT DU XXIè SIÈCLE
page 27 : G. BREF APERÇU DU CONTEXTE IDÉOLOGIQUE D’UNE RÉACTIVATION DES CAMPS DE RÉTENTION EN EUROPE AU XXIè SIÈCLE
page 27 : H. BREF APERÇU DES CAMPS ADMINISTRATIFS RÉACTIVÉS AU XXIè SIÈCLE
Excellente réflexion dont vous pourrez lire l'intégralité au lien suivant:
http://www.migreurop.org/IMG/pdf/Preau.pdf
et dont vous trouverez un aperçu du contenu ci-dessous...
LE PRÉAU D’UN SEUL
de LFKs - création 2008 - 2009
HKW Berlin, deSingel Antwerpen, Marseille-Provence 2013
Festival d’Avignon 09, EZK Hellerau Dresden
Linz 09 / Capitale Européenne de la Culture 2009
I. LE SUJET page 8 à 29
page 8 : A. LA DÉCOLONISATION MANQUÉE DE L’EUROPE
page 12 : B. LE CAMP D’INTERNEMENT ADMINISTRATIF COMME VICTOIRE COLONIALE SUR LE PRÉSENT
page 13 : C. ORIGINE COLONIALE DES CAMPS ET CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DES ÉTRANGERS MULTIPLIÉS PAR L’EUROPE À L’INTÉRIEUR ET AUTOUR DE SES FRONTIÈRES AU DÉBUT DU XXIè SIÈCLE
page 17 : D. CAMPS ET CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE ACTUELS, LEUR MULTIPLICATION EN EUROPE ET AUTOUR DE SES FRONTIÈRES AU XXIè SIÈCLE
page 24 : E. BREF APERÇU DU CONTEXTE IDÉOLOGIQUE DE LA NAISSANCE ET DU DÉVELOPPEMENT DES CAMPS D’INTERNEMENT ADMINISTRATIF EN AFRIQUE COLONIALE
page 26 : F. BREF APERÇU DU CONTEXTE IDÉOLOGIQUE DE LA MULTIPLICATION DES CAMPS ET CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DES ÉTRANGERS DÉMUNIS, À L’INTÉRIEUR ET AUTOUR DES FRONTIÈRES EUROPÉENNES, AU DÉBUT DU XXIè SIÈCLE
page 27 : G. BREF APERÇU DU CONTEXTE IDÉOLOGIQUE D’UNE RÉACTIVATION DES CAMPS DE RÉTENTION EN EUROPE AU XXIè SIÈCLE
page 27 : H. BREF APERÇU DES CAMPS ADMINISTRATIFS RÉACTIVÉS AU XXIè SIÈCLE
mardi 21 juillet 2009
« La politique migratoire est un bloc de granit »
Le 13 juin, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, rendait son rapport sur la Belgique. Il y dénonçait le flou et l’arbitraire qui règnent dans les centres fermés pour demandeurs d’asile et appelait à mettre fin à la détention systématique de certains d’entre eux. Deux semaines plus tard, c’est le Collège des Médiateurs fédéraux qui remettait au président de la Chambre les résultats de leur enquête dans les centres fermés. Avec des constats similaires. Au même moment, la ministre de l’Asile, Annemie Turtelboom, a fait publier deux arrêtés royaux qui renforcent encore l’aspect sécuritaire des centres fermés. Cela fait des années que des instances internationales et nationales dénoncent les atteintes aux droits des demandeurs d’asile enfermés en centres fermés. Pour rien ? Nous avons posé la question à Edouard Delruelle, directeur adjoint du Centre pour l’égalité des chances, qui depuis des années également publie des recommandations, peu suivies.
Pourquoi les ministres de l’Intérieur successifs ne réagissent-ils pas à ces critiques ?
Il faut distinguer deux choses : la volonté politique d’un ministre et d’un gouvernement et si rien ne bouge, c’est le résultat d’un rapport de forces politiques. Et la logique d’État. Le contrôle des frontières est un des piliers de l’État souverain. Avec les centres fermés, on est dans le noyau dur de ce qui fait la violence légale d’un Etat. Le problème, c’est que cette violence doit être équilibrée par le respect des droits fondamentaux comme la liberté, les garanties procédurales, la transparence. C’est cela qui fait l’Etat de droit. Or, dans ce domaine, il y a beaucoup à faire et je rejoins votre constat : l’Etat belge peut mieux faire et sur des choses qui peuvent paraître comme des points de détail.
Par exemple ?
Les statistiques des centres fermés sont incomplètes. On n’a aucune vision claire de ce qui se passe dans ces centres ; or, c’est fondamental sur le principe de la transparence. La commission des plaintes ne fonctionne pas. La critique est unanime et constante ; or, les arrêtés royaux que vient de prendre la ministre n’y ont rien changé. La Commission est chargée, par la loi, de nous informer sur ce qui se passe. En réalité, nous ne pouvons pas exercer notre mission de contrôle. Cela fait des années que nous le disons ; et, c’est vrai, rien ne bouge. Idem pour l’aide juridique aux demandeurs d’asile, le droit de visite des ONG qui semble soumis à un certain arbitraire. Ou l’isolement disciplinaire. On a des soucis à se faire sur ce qu’un Etat de droit doit assurer. Rien de ce que nous avons énuméré ne nécessite un changement de la loi. Ce sont des points concrets sur lesquels on pourrait progresser…
Mais cela ne se fait pas…
Mme Turtelboom répond que tous les garde-fous n’empêcheront pas que le fait d’être privé de liberté reste vécu comme une violence en soi. C’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire.
Comment le Centre vit-il le fait de voir ses avis ignorés ?
Parfois, nous avons nos petites victoires. Parfois, nous sommes un peu découragés, que ce soit pour les centres fermés ou pour la circulaire régularisation. Notre mission est de défendre les droits fondamentaux des étrangers dans un esprit de service public. C’est notre noblesse et notre limite. Nous devons continuer à défendre ces droits, de rapports en rapports, de communiqué de presse en communiqué de presse.
Les critiques internationales ne mettent-elles pas à mal l’image de notre pays ?
La Belgique est tout de même un pays qui, globalement, se défend bien en matière de respect des droits de l’homme. Mais les gouvernements et les administrations vivent peut-être sur ces acquis ; et cela a un effet pervers. On est devenu moins sensible aux critiques qu’on peut nous faire. Voyez le rapport du commissaire européen Hammarberg. Quand on voit à quel point ce qu’il décrit correspond à la réalité, on ne peut qu’appeler le gouvernement à le prendre au sérieux. Même remarque pour le Collège des Médiateurs fédéraux : ce ne sont tout de même pas de dangereux révolutionnaires !
Nous avions fait des propositions très concrètes pour les arrêtés royaux sur les centres fermés. On les a ignorées. Cela donne le sentiment que la politique migratoire belge est un bloc de granit et que rien ne peut bouger. Voyez cette incroyable réticence à transcrire dans des textes de lois et donc à donner une force juridique à toute décision dans ce domaine. Tout se fait par circulaire. La Belgique vit sur sa bonne réputation en matière de respect du droit, mais elle risque de la perdre.
Les considérations électorales ne jouent-elles pas un rôle dans cet immobilisme ?
Le blocage n’est effectivement pas seulement celui des politiques, c’est aussi celui de l’opinion publique. L’opinion belge est en retard sur la réalité migratoire du XXIe siècle. On reste avec l’illusion qu’on peut ouvrir et fermer les frontières, mais on ne vit plus dans ce monde-là. Les gens veulent qu’on ferme les frontières mais se mobilisent pour régulariser leur voisin. On doit sortir de ces réactions émotives. La sensibilité à la discrimination a progressé au cours de ces vingt dernières années d’une manière considérable. La même transformation ne s’est pas produite sur les droits fondamentaux des étrangers. Tant qu’elle n’aura pas lieu, la politique migratoire belge ne bougera pas, ou peu.
Edouard Delruelle
Directeur adjoint du Centre pour l’égalité des chances
14.07.09 - Propos recueillis par M. Vandemeulebroucke
Source: lesoir.be
Pourquoi les ministres de l’Intérieur successifs ne réagissent-ils pas à ces critiques ?
Il faut distinguer deux choses : la volonté politique d’un ministre et d’un gouvernement et si rien ne bouge, c’est le résultat d’un rapport de forces politiques. Et la logique d’État. Le contrôle des frontières est un des piliers de l’État souverain. Avec les centres fermés, on est dans le noyau dur de ce qui fait la violence légale d’un Etat. Le problème, c’est que cette violence doit être équilibrée par le respect des droits fondamentaux comme la liberté, les garanties procédurales, la transparence. C’est cela qui fait l’Etat de droit. Or, dans ce domaine, il y a beaucoup à faire et je rejoins votre constat : l’Etat belge peut mieux faire et sur des choses qui peuvent paraître comme des points de détail.
Par exemple ?
Les statistiques des centres fermés sont incomplètes. On n’a aucune vision claire de ce qui se passe dans ces centres ; or, c’est fondamental sur le principe de la transparence. La commission des plaintes ne fonctionne pas. La critique est unanime et constante ; or, les arrêtés royaux que vient de prendre la ministre n’y ont rien changé. La Commission est chargée, par la loi, de nous informer sur ce qui se passe. En réalité, nous ne pouvons pas exercer notre mission de contrôle. Cela fait des années que nous le disons ; et, c’est vrai, rien ne bouge. Idem pour l’aide juridique aux demandeurs d’asile, le droit de visite des ONG qui semble soumis à un certain arbitraire. Ou l’isolement disciplinaire. On a des soucis à se faire sur ce qu’un Etat de droit doit assurer. Rien de ce que nous avons énuméré ne nécessite un changement de la loi. Ce sont des points concrets sur lesquels on pourrait progresser…
Mais cela ne se fait pas…
Mme Turtelboom répond que tous les garde-fous n’empêcheront pas que le fait d’être privé de liberté reste vécu comme une violence en soi. C’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire.
Comment le Centre vit-il le fait de voir ses avis ignorés ?
Parfois, nous avons nos petites victoires. Parfois, nous sommes un peu découragés, que ce soit pour les centres fermés ou pour la circulaire régularisation. Notre mission est de défendre les droits fondamentaux des étrangers dans un esprit de service public. C’est notre noblesse et notre limite. Nous devons continuer à défendre ces droits, de rapports en rapports, de communiqué de presse en communiqué de presse.
Les critiques internationales ne mettent-elles pas à mal l’image de notre pays ?
La Belgique est tout de même un pays qui, globalement, se défend bien en matière de respect des droits de l’homme. Mais les gouvernements et les administrations vivent peut-être sur ces acquis ; et cela a un effet pervers. On est devenu moins sensible aux critiques qu’on peut nous faire. Voyez le rapport du commissaire européen Hammarberg. Quand on voit à quel point ce qu’il décrit correspond à la réalité, on ne peut qu’appeler le gouvernement à le prendre au sérieux. Même remarque pour le Collège des Médiateurs fédéraux : ce ne sont tout de même pas de dangereux révolutionnaires !
Nous avions fait des propositions très concrètes pour les arrêtés royaux sur les centres fermés. On les a ignorées. Cela donne le sentiment que la politique migratoire belge est un bloc de granit et que rien ne peut bouger. Voyez cette incroyable réticence à transcrire dans des textes de lois et donc à donner une force juridique à toute décision dans ce domaine. Tout se fait par circulaire. La Belgique vit sur sa bonne réputation en matière de respect du droit, mais elle risque de la perdre.
Les considérations électorales ne jouent-elles pas un rôle dans cet immobilisme ?
Le blocage n’est effectivement pas seulement celui des politiques, c’est aussi celui de l’opinion publique. L’opinion belge est en retard sur la réalité migratoire du XXIe siècle. On reste avec l’illusion qu’on peut ouvrir et fermer les frontières, mais on ne vit plus dans ce monde-là. Les gens veulent qu’on ferme les frontières mais se mobilisent pour régulariser leur voisin. On doit sortir de ces réactions émotives. La sensibilité à la discrimination a progressé au cours de ces vingt dernières années d’une manière considérable. La même transformation ne s’est pas produite sur les droits fondamentaux des étrangers. Tant qu’elle n’aura pas lieu, la politique migratoire belge ne bougera pas, ou peu.
Edouard Delruelle
Directeur adjoint du Centre pour l’égalité des chances
14.07.09 - Propos recueillis par M. Vandemeulebroucke
Source: lesoir.be
lundi 20 juillet 2009
Pourquoi la démocratie ?
Reprendre le flambeau démocratique ? Il y a mille raisons d’y être réticent, c’est-à-dire mille raisons d’en vouloir à la démocratie, au point de n’être plus tout à fait sûr de la vouloir vraiment. La démocratie, alternative à la tyrannie ? L’histoire a montré qu’elle peut fort bien porter des tyrans au pouvoir, en toute légalité. La démocratie, affirmation d’égalité ? L’égalité juridique frappée à son fronton s’accommode fort bien d’inégalités économiques et sociales profondes, auxquelles ses institutions contribuent, ainsi l’École, machine à produire des hiérarchies et à les justifier. La démocratie, institution de la liberté ? Peut-être, mais d’une liberté de plus en plus conforme aux exigences du libéralisme économique — une liberté sans puissance, sinon celle de choisir, parfaitement congruente aux besoins du marché — et de moins en moins aux principes du libéralisme politique : depuis le 11 septembre 2001, pas un régime démocratique qui n’ait raboté les libertés publiques. La démocratie, promesse de fraternité ? C’est pourtant en son nom qu’on a mené la guerre en Irak, ou qu’on ferme les frontières du Nord à ces barbares du Sud. La démocratie, ou le pouvoir du peuple ? La mise sous le boisseau des référendums sur le traité constitutionnel européen, en Irlande ou en France, ridiculise la proposition. La démocratie, « lieu vide du pouvoir » ? L’homogénéité sociologique des élites politiques et la lenteur de leur renouvellement le démentent. Démocrate sert ainsi aujourd’hui d’épithète aux gauches tièdes et centres mous en quête de gouvernement. Et ce sont des partis politiques de tout bord qui invoquent la démocratie pour étouffer la contestation, la figure du citoyen s’avérant infiniment moins menaçante que celle du prolétaire, la belle unité de la Cité infiniment préférable à sa division en classes.
Et pourtant. S’il faut indiscutablement cultiver la méfiance envers tout ce qui, sous le nom de démocratie, consiste en réalité en une saine et sage gestion de la polis, tout entière consacrée à contenir ses désordres, à tracer ses frontières, s’il faut en d’autres termes faire la critique de la démocratie telle qu’elle est — ce sera un point de passage du dossier —, il nous semble que tous ceux à qui l’émancipation importe auraient tort de laisser purement et simplement tomber une idée qui en a accompagné l’histoire, et le mot qui la désigne. Pourquoi ?
critique de la critique
Tout d’abord parce qu’aucun des griefs faits à la démocratie n’est pleinement fondé.
Primo, que des gouvernements brandissent l’argument démocratique pour justifier une guerre, murer les frontières, briser un mouvement social ou maquiller une politique de classe, cela prouve non pas que la démocratie est l’instrument d’une tromperie des masses entre les mains des gouvernants, mais qu’elle pèse sur eux comme un impératif de justification : un hommage contraint du vice à la vertu, ou pour le dire dans un vocabulaire moins moral, une preuve de la difficulté à gouverner le demos sans son consentement.
Secundo, que déclarer des droits ne suffise pas à réaliser l’égalité et la liberté — c’est-à-dire l’égale liberté —, c’est là une évidence : ils n’ont de force qu’à l’usage. Or ils servent, avec une efficacité politique certaine. Ils ont servi aux colonisés pour conquérir l’indépendance, aux femmes pour menacer les privilèges masculins, aux noirs d’Amérique ou d’Afrique du Sud pour dénoncer la ségrégation, aux gays et aux lesbiennes pour réclamer et parfois obtenir la reconnaissance de leurs couples, etc. Ils serviront encore : la démocratie offre à tous ceux qui oeuvrent à dénaturaliser les dominations un argument massue, et dont les champs d’utilisation n’ont cessé de s’étendre depuis. À cet égard, on a tort d’objecter la lutte des classes à la démocratie « bourgeoise », ou de cantonner l’usage de l’argument démocratique aux « nouveaux mouvements sociaux » : le mouvement ouvrier peut être lu, lui aussi, comme une extension de la révolution démocratique — en l’occurrence, à la sphère du travail, même si le bout du chemin est encore loin.
Tertio, que les régimes démocratiques soient à l’occasion indignes d’eux-mêmes, c’est-à-dire de leurs principes et de leur histoire, que des dirigeants élus puissent passer outre aux résultats d’un référendum constitutionnel, qu’un Conseil constitutionnel puisse approuver la conformité d’une loi sur la rétention dite de « sûreté », inversion historique spectaculaire d’un terme qui désignait le droit, hautement démocratique, à la protection contre l’arbitraire, que les étrangers non communautaires résidant en France n’aient toujours pas le droit de vote, là même où la Révolution française envisageait de l’accorder sans considération de nationalité, que des groupes sociaux entiers restent durablement exclus des lieux où l’on produit les lois, et que tout cela soit scandaleux, cela doit donner le désir, non pas d’en finir avec une démocratie décidément trop décevante, ni d’en regretter les grandes heures (la démocratie n’a jamais été pleinement adéquate à l’image qu’elle dessinait d’elle-même, pas plus à Athènes qu’en 1792), mais de la pousser plus avant : l’écart de la démocratie à elle-même n’est pas son mensonge constitutif, qu’il s’agirait de révéler, mais sa dynamique même, qu’il s’agit de prolonger.
Quarto, reprocher à la société démocratique d’avoir accouché d’un individu narcissique, indifférent à la chose publique, éternel adolescent, accroché à des désirs médiocres, vieille crainte tocquevillienne remise au goût du jour par les Cassandre de la post-modernité, c’est rater la réjouissante démocratisation de l’individualisme et non moins réjouissante dé-domestication du privé. La démocratie moderne s’est en effet constituée sur la valorisation de l’autonomie individuelle et sur la sanctuarisation corrélative d’une sphère privée, protégée des intrusions de l’État. Mais pour être un individu, encore faut-il en avoir les moyens matériels : l’individualisme fut longtemps un privilège de propriétaires. Quant à l’enceinte privée, elle a principalement servi de rempart à ceux — les mêmes, souvent — qui souhaitaient soustraire les domaines du travail et de la famille à l’exigence démocratique d’égalité, pour en maintenir une gestion hiérarchique. Fable pour fable, à celle d’un affaissement des vertus civiques et des grandeurs privées, on préférera celle-ci : le « je fais ce que je veux » multiforme a démocratisé l’individualisme et peuplé le privé, désormais rempli d’affirmations de subjectivité tous azimuts et de désirs multiples qui — quoi qu’on pense de leur consistance — l’ont rendu moins aisément hiérarchisable.
puissance de la démocratie
Au fond, si aucune des critiques contemporaines de la démocratie n’est tout à fait convaincante, c’est parce qu’elles en présupposent toutes une définition étroite, qui la réduit à ses institutions, électorales en particulier. Il y a une tout autre manière de la concevoir. La voici en quelques mots. D’une part, le « peuple » de la démocratie est politique et non sociologique : il ne s’agit pas d’un groupe social a priori, défini par ses caractéristiques objectives, mais de n’importe quel ensemble d’individus venant opposer l’évidence de l’égalité à la contingence de la domination, débordant ainsi la place qui lui est assignée, désassemblant du même coup un ordre tenu pour naturel (la domination masculine, la supériorité de l’homme blanc, etc.) ou fonctionnel (le gouvernement des meilleurs, la division verticale du travail, etc.). D’autre part, le « pouvoir » du peuple, avant d’être une arkhé, pouvoir réglé et régulateur des constitutions légitimes et des régimes stables, est un kratos, soit une « victoire » qui donne de la force, du courage, un courage pour vaincre bien sûr (« we shall overcome »), mais aussi celui que l’on trouve en soi-même et qui revient décuplé, lorsqu’on se constitue en sujets, ensemble. À cet égard, « démocratie » est sans doute la meilleure traduction du terme empowerment, forgé par les luttes minoritaires — noires et gaies notamment — pour dire ce processus.
Il n’y a donc ni à guetter un renouveau de la démocratie, ni à en craindre le déclin. C’est là toute la faiblesse des efforts déployés pour la rendre « participative ». Participative, la démocratie l’est déjà, pour peu qu’on y inclue de plein droit la politique non gouvernementale et extra-électorale : il y a un million d’associations en France, et rien qu’à Paris, la Préfecture de police a compté 1241 manifestations les quatre premiers mois de 2009. Quant à la désaffection supposée des urnes, baromètre commun aux détracteurs et aux défenseurs de la démocratie électorale, elle n’est en rien linéaire, et périodiquement démentie par des poussées massives de participation — voir les derniers scrutins présidentiels français et américains. Outre qu’il suggère un âge d’or (mais lequel au juste ? l’élection de Charles de Gaulle ? le suffrage censitaire ?), le discours du désamour démocratique révèle surtout le point de vue et le point aveugle de ceux qui le tiennent : une conception de gouvernant, guettant les signes de la venue du peuple à soi un matin d’élection, déplorant son absence, incapable de voir qu’il a d’autres lieux d’expression, d’autres modes d’existence.
Certes, s’il faut compter comme démocratiques des formes d’activité qui excèdent la politique instituée, ne rejetons pas pour autant l’institution hors de la démocratie. C’est la limite d’une opposition trop tranchée entre kratos et arkhé. Il y a des usages possibles de la démocratie instituée, en particulier de son droit, y compris européen, même si celui-ci reste clivé entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne, entre un libéralisme politique vigoureux, notamment sur la question des prisons, et un libéralisme économique obtus, en particulier dans le domaine des droits du travail. Il y a aussi de la démocratie au sens où nous l’entendons au coeur de ses formes les plus conventionnelles : l’élection d’un homme noir à la présidence des États-Unis a sans doute suscité un peuple. Il y a également de l’institution, même sur le mode mineur, du côté des luttes démocratiques, et on a tort de n’y voir que les prémisses d’une sclérose bureaucratique — vouloir durer un peu n’est pas honteux quand c’est pour changer le monde. Il y a enfin beaucoup d’aplomb à juger comme illusoire et aliéné le désir d’institutions démocratiques là où elles sont absentes : des élections disputées, des scrutins transparents, des contre-pouvoirs au sein et à l’extérieur de l’État, une presse indépendante, des libertés publiques, c’est mieux qu’un cadre minimal et vide de la démocratie — c’est pleinement désirable.
Reste que, là où la démocratie est conquise sous sa forme constitutionnelle, elle reste inachevée. Parmi les nombreux domaines où « l’égalité de n’importe qui avec n’importe qui » n’est pas encore reconnue, retenons-en deux, décisifs selon nous : l’immigration et le travail. On sent bien, sur ces deux fronts, l’énormité de la contradiction : refusé aux étrangers non-communautaires, le suffrage n’est toujours pas universel en France ; encore explicitement organisée sur un mode hiérarchique, la production reste profondément anti-démocratique. On mesure, évidemment, la solidité des cadenas à forcer : l’État-nation dans un cas, le capital dans l’autre, rien que cela. Mais on sent mieux, du coup, le formidable potentiel de libération que la démocratie porte en elle : seul l’argument d’égalité est à même de faire sauter de tels verrous. C’est en tout cas le pari stratégique de ce dossier. La démocratie conserve une faculté incomparable à mettre le pouvoir hors de ses gonds. « Nous sommes vos égaux » : il y a dans cette réponse à la domination une évidence têtue. Un big-bang politique qui n’a pas fini de produire ses effets.
Vincent Casanova , Stany Grelet
16.07.09
Source: cetri
Et pourtant. S’il faut indiscutablement cultiver la méfiance envers tout ce qui, sous le nom de démocratie, consiste en réalité en une saine et sage gestion de la polis, tout entière consacrée à contenir ses désordres, à tracer ses frontières, s’il faut en d’autres termes faire la critique de la démocratie telle qu’elle est — ce sera un point de passage du dossier —, il nous semble que tous ceux à qui l’émancipation importe auraient tort de laisser purement et simplement tomber une idée qui en a accompagné l’histoire, et le mot qui la désigne. Pourquoi ?
critique de la critique
Tout d’abord parce qu’aucun des griefs faits à la démocratie n’est pleinement fondé.
Primo, que des gouvernements brandissent l’argument démocratique pour justifier une guerre, murer les frontières, briser un mouvement social ou maquiller une politique de classe, cela prouve non pas que la démocratie est l’instrument d’une tromperie des masses entre les mains des gouvernants, mais qu’elle pèse sur eux comme un impératif de justification : un hommage contraint du vice à la vertu, ou pour le dire dans un vocabulaire moins moral, une preuve de la difficulté à gouverner le demos sans son consentement.
Secundo, que déclarer des droits ne suffise pas à réaliser l’égalité et la liberté — c’est-à-dire l’égale liberté —, c’est là une évidence : ils n’ont de force qu’à l’usage. Or ils servent, avec une efficacité politique certaine. Ils ont servi aux colonisés pour conquérir l’indépendance, aux femmes pour menacer les privilèges masculins, aux noirs d’Amérique ou d’Afrique du Sud pour dénoncer la ségrégation, aux gays et aux lesbiennes pour réclamer et parfois obtenir la reconnaissance de leurs couples, etc. Ils serviront encore : la démocratie offre à tous ceux qui oeuvrent à dénaturaliser les dominations un argument massue, et dont les champs d’utilisation n’ont cessé de s’étendre depuis. À cet égard, on a tort d’objecter la lutte des classes à la démocratie « bourgeoise », ou de cantonner l’usage de l’argument démocratique aux « nouveaux mouvements sociaux » : le mouvement ouvrier peut être lu, lui aussi, comme une extension de la révolution démocratique — en l’occurrence, à la sphère du travail, même si le bout du chemin est encore loin.
Tertio, que les régimes démocratiques soient à l’occasion indignes d’eux-mêmes, c’est-à-dire de leurs principes et de leur histoire, que des dirigeants élus puissent passer outre aux résultats d’un référendum constitutionnel, qu’un Conseil constitutionnel puisse approuver la conformité d’une loi sur la rétention dite de « sûreté », inversion historique spectaculaire d’un terme qui désignait le droit, hautement démocratique, à la protection contre l’arbitraire, que les étrangers non communautaires résidant en France n’aient toujours pas le droit de vote, là même où la Révolution française envisageait de l’accorder sans considération de nationalité, que des groupes sociaux entiers restent durablement exclus des lieux où l’on produit les lois, et que tout cela soit scandaleux, cela doit donner le désir, non pas d’en finir avec une démocratie décidément trop décevante, ni d’en regretter les grandes heures (la démocratie n’a jamais été pleinement adéquate à l’image qu’elle dessinait d’elle-même, pas plus à Athènes qu’en 1792), mais de la pousser plus avant : l’écart de la démocratie à elle-même n’est pas son mensonge constitutif, qu’il s’agirait de révéler, mais sa dynamique même, qu’il s’agit de prolonger.
Quarto, reprocher à la société démocratique d’avoir accouché d’un individu narcissique, indifférent à la chose publique, éternel adolescent, accroché à des désirs médiocres, vieille crainte tocquevillienne remise au goût du jour par les Cassandre de la post-modernité, c’est rater la réjouissante démocratisation de l’individualisme et non moins réjouissante dé-domestication du privé. La démocratie moderne s’est en effet constituée sur la valorisation de l’autonomie individuelle et sur la sanctuarisation corrélative d’une sphère privée, protégée des intrusions de l’État. Mais pour être un individu, encore faut-il en avoir les moyens matériels : l’individualisme fut longtemps un privilège de propriétaires. Quant à l’enceinte privée, elle a principalement servi de rempart à ceux — les mêmes, souvent — qui souhaitaient soustraire les domaines du travail et de la famille à l’exigence démocratique d’égalité, pour en maintenir une gestion hiérarchique. Fable pour fable, à celle d’un affaissement des vertus civiques et des grandeurs privées, on préférera celle-ci : le « je fais ce que je veux » multiforme a démocratisé l’individualisme et peuplé le privé, désormais rempli d’affirmations de subjectivité tous azimuts et de désirs multiples qui — quoi qu’on pense de leur consistance — l’ont rendu moins aisément hiérarchisable.
puissance de la démocratie
Au fond, si aucune des critiques contemporaines de la démocratie n’est tout à fait convaincante, c’est parce qu’elles en présupposent toutes une définition étroite, qui la réduit à ses institutions, électorales en particulier. Il y a une tout autre manière de la concevoir. La voici en quelques mots. D’une part, le « peuple » de la démocratie est politique et non sociologique : il ne s’agit pas d’un groupe social a priori, défini par ses caractéristiques objectives, mais de n’importe quel ensemble d’individus venant opposer l’évidence de l’égalité à la contingence de la domination, débordant ainsi la place qui lui est assignée, désassemblant du même coup un ordre tenu pour naturel (la domination masculine, la supériorité de l’homme blanc, etc.) ou fonctionnel (le gouvernement des meilleurs, la division verticale du travail, etc.). D’autre part, le « pouvoir » du peuple, avant d’être une arkhé, pouvoir réglé et régulateur des constitutions légitimes et des régimes stables, est un kratos, soit une « victoire » qui donne de la force, du courage, un courage pour vaincre bien sûr (« we shall overcome »), mais aussi celui que l’on trouve en soi-même et qui revient décuplé, lorsqu’on se constitue en sujets, ensemble. À cet égard, « démocratie » est sans doute la meilleure traduction du terme empowerment, forgé par les luttes minoritaires — noires et gaies notamment — pour dire ce processus.
Il n’y a donc ni à guetter un renouveau de la démocratie, ni à en craindre le déclin. C’est là toute la faiblesse des efforts déployés pour la rendre « participative ». Participative, la démocratie l’est déjà, pour peu qu’on y inclue de plein droit la politique non gouvernementale et extra-électorale : il y a un million d’associations en France, et rien qu’à Paris, la Préfecture de police a compté 1241 manifestations les quatre premiers mois de 2009. Quant à la désaffection supposée des urnes, baromètre commun aux détracteurs et aux défenseurs de la démocratie électorale, elle n’est en rien linéaire, et périodiquement démentie par des poussées massives de participation — voir les derniers scrutins présidentiels français et américains. Outre qu’il suggère un âge d’or (mais lequel au juste ? l’élection de Charles de Gaulle ? le suffrage censitaire ?), le discours du désamour démocratique révèle surtout le point de vue et le point aveugle de ceux qui le tiennent : une conception de gouvernant, guettant les signes de la venue du peuple à soi un matin d’élection, déplorant son absence, incapable de voir qu’il a d’autres lieux d’expression, d’autres modes d’existence.
Certes, s’il faut compter comme démocratiques des formes d’activité qui excèdent la politique instituée, ne rejetons pas pour autant l’institution hors de la démocratie. C’est la limite d’une opposition trop tranchée entre kratos et arkhé. Il y a des usages possibles de la démocratie instituée, en particulier de son droit, y compris européen, même si celui-ci reste clivé entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne, entre un libéralisme politique vigoureux, notamment sur la question des prisons, et un libéralisme économique obtus, en particulier dans le domaine des droits du travail. Il y a aussi de la démocratie au sens où nous l’entendons au coeur de ses formes les plus conventionnelles : l’élection d’un homme noir à la présidence des États-Unis a sans doute suscité un peuple. Il y a également de l’institution, même sur le mode mineur, du côté des luttes démocratiques, et on a tort de n’y voir que les prémisses d’une sclérose bureaucratique — vouloir durer un peu n’est pas honteux quand c’est pour changer le monde. Il y a enfin beaucoup d’aplomb à juger comme illusoire et aliéné le désir d’institutions démocratiques là où elles sont absentes : des élections disputées, des scrutins transparents, des contre-pouvoirs au sein et à l’extérieur de l’État, une presse indépendante, des libertés publiques, c’est mieux qu’un cadre minimal et vide de la démocratie — c’est pleinement désirable.
Reste que, là où la démocratie est conquise sous sa forme constitutionnelle, elle reste inachevée. Parmi les nombreux domaines où « l’égalité de n’importe qui avec n’importe qui » n’est pas encore reconnue, retenons-en deux, décisifs selon nous : l’immigration et le travail. On sent bien, sur ces deux fronts, l’énormité de la contradiction : refusé aux étrangers non-communautaires, le suffrage n’est toujours pas universel en France ; encore explicitement organisée sur un mode hiérarchique, la production reste profondément anti-démocratique. On mesure, évidemment, la solidité des cadenas à forcer : l’État-nation dans un cas, le capital dans l’autre, rien que cela. Mais on sent mieux, du coup, le formidable potentiel de libération que la démocratie porte en elle : seul l’argument d’égalité est à même de faire sauter de tels verrous. C’est en tout cas le pari stratégique de ce dossier. La démocratie conserve une faculté incomparable à mettre le pouvoir hors de ses gonds. « Nous sommes vos égaux » : il y a dans cette réponse à la domination une évidence têtue. Un big-bang politique qui n’a pas fini de produire ses effets.
Vincent Casanova , Stany Grelet
16.07.09
Source: cetri
dimanche 19 juillet 2009
Régularisation des sans-papiers: appel à l'action !
Urgent! Merci de faire suivre à tous vos contacts!
Chers militants,
comme vous le savez surement, le dossier migration arrive enfin à l’ordre du jour ! Les négociations sur les critères de régularisation commenceront ce vendredi. Une déclaration sur l’accord pris entre les différentes parties devrait être faite ce lundi 20 juillet.
Nous sommes nombreux à craindre une circulaire trop restrictive. L’accord gouvernemental du 18 mars visait des critères de régularisation larges et humains. Cela fait plus de 15 mois que nous agissons pour son application, nous n’accepterons pas que l’on se moque de nous une fois de plus en sortant une circulaire visant plus à l’expulsion qu’à la régularisation. C’est pourquoi il est urgent de préparer une action forte, dans le cas où la décision ne respecterait pas l’accord gouvernemental.
Les occupations de sans-papiers se multiplient et commencent à être banalisées. C’est pourquoi nous appelons aujourd’hui les belges à entrer en action ! Occupons, nous aussi, durant une semaine, pour montrer à ce gouvernement notre détermination à nous battre jusqu’au bout ! Nous avons déjà un bâtiment d’où nous pourrons mener diverses actions de sensibilisation et de pression. Dénonçons les raisons qui obligent de nombreuses personnes à mener un parcours extrêmement dangereux pour rejoindre l’Europe, dénonçons l’atrocité dans laquelle agit la Communauté Européenne via l’organisme FRONTEX alors qu’elle se dit vouloir participer à « l’aide au développement », pointons du doigt l’esclavage moderne exercé sur les sans-papiers, enfin, disons « NON » à ce système immonde et destructeur. Nous exigeons que le gouvernement respecte ses engagements et crée une commission indépendante pour traiter le dossier migration.
PLUS QUE PARLER, AGISSONS ! IL EST TEMPS DE MONTRER QUE L’ON N’EST PAS JUSTE DE BONS PENSEURS, MAIS BIEN DES ACTEURS DU CHANGEMENT !
Pour toutes les personnes intéressées, veuillez adressez un mail à :
udep-bruxelles@hotmail.com
Chers militants,
comme vous le savez surement, le dossier migration arrive enfin à l’ordre du jour ! Les négociations sur les critères de régularisation commenceront ce vendredi. Une déclaration sur l’accord pris entre les différentes parties devrait être faite ce lundi 20 juillet.
Nous sommes nombreux à craindre une circulaire trop restrictive. L’accord gouvernemental du 18 mars visait des critères de régularisation larges et humains. Cela fait plus de 15 mois que nous agissons pour son application, nous n’accepterons pas que l’on se moque de nous une fois de plus en sortant une circulaire visant plus à l’expulsion qu’à la régularisation. C’est pourquoi il est urgent de préparer une action forte, dans le cas où la décision ne respecterait pas l’accord gouvernemental.
Les occupations de sans-papiers se multiplient et commencent à être banalisées. C’est pourquoi nous appelons aujourd’hui les belges à entrer en action ! Occupons, nous aussi, durant une semaine, pour montrer à ce gouvernement notre détermination à nous battre jusqu’au bout ! Nous avons déjà un bâtiment d’où nous pourrons mener diverses actions de sensibilisation et de pression. Dénonçons les raisons qui obligent de nombreuses personnes à mener un parcours extrêmement dangereux pour rejoindre l’Europe, dénonçons l’atrocité dans laquelle agit la Communauté Européenne via l’organisme FRONTEX alors qu’elle se dit vouloir participer à « l’aide au développement », pointons du doigt l’esclavage moderne exercé sur les sans-papiers, enfin, disons « NON » à ce système immonde et destructeur. Nous exigeons que le gouvernement respecte ses engagements et crée une commission indépendante pour traiter le dossier migration.
PLUS QUE PARLER, AGISSONS ! IL EST TEMPS DE MONTRER QUE L’ON N’EST PAS JUSTE DE BONS PENSEURS, MAIS BIEN DES ACTEURS DU CHANGEMENT !
Pour toutes les personnes intéressées, veuillez adressez un mail à :
udep-bruxelles@hotmail.com
samedi 18 juillet 2009
Des soldats de l'armée israélienne parlent d'une guerre sans retenue à Gaza
Accusé par Amnesty International, Human Rights Watch et l’Onu d’avoir causé des pertes civiles et des destructions injustifiables en décembre et janvier dans la bande de Gaza, l’Etat d’Israël a toujours rejeté ces mises en cause.
Plusieurs soldats de l’armée israélienne ayant participé à cette opération affirment à présent que leurs chefs militaires les ont incités à tirer d’abord et à se préoccuper ensuite de distinguer les combattants des civils. En conséquence, témoignent-ils, leurs forces se sont ruées dans le territoire enclavé sans retenir leurs tirs.
Selon ces trente soldats, dont les témoignages anonymes ont été recueillis par l’ONG "Breaking the Silence", la priorité de l’armée était de minimiser ses pertes afin de s’assurer du soutien populaire israélien à l’opération.
"Mieux vaut atteindre un innocent qu’hésiter à viser un ennemi" : c’est en ces termes qu’un soldat résume la façon dont il a compris les instructions répétées durant les briefings préliminaires et durant l’intervention, qui a duré 22 jours, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009.
"Dans le doute, tuez. La puissance de feu était insensée. On arrivait et les explosions étaient hallucinantes. Dès l’instant où on arrivait à nos positions, on commençait à tirer sur tout ce qui était suspect", raconte un autre.
L’objectif annoncé de l’opération "Plomb Durci" était de mettre fin aux tirs de roquettes des activistes islamistes du Hamas vers le sud d’Israël. Selon une ONG palestinienne, le bilan des combats côté palestinien s’établit à 1.417 tués, dont 926 civils. L’armée israélienne parle de 1.166 morts dont 295 civils. Côté israélien, dix soldats et trois civils ont péri. Des rues entières de Gaza ont été rasées pour réduire le risque des tireurs embusqués et des pièges explosifs. Selon les Nations unies, les quelque 600.000 tonnes de gravats commencent à peine à être déblayées, six mois après la fin de l’opération.
L’armée israélienne, qui repose essentiellement sur la conscription, interdit formellement à ses soldats de parler aux médias. Le rapport de 112 pages de "Breaking the Silence" contient le témoignage de trente soldats "ayant servi dans tous les services impliqués dans l’intervention".
"La majorité (...) sont encore en service dans leurs unités et, profondément alarmés par la dégradation morale des Forces de défense israéliennes (FDI), se sont tournés vers nous. (Leurs témoignages) suffisent à mettre en doute la crédibilité de la version officielle de l’armée", peut-on lire dans ce document.
Dans un communiqué, l’armée israélienne rejette ces critiques, qu’elle estime "basées sur des on-dit", mais s’engage à enquêter en cas de plainte formelle pour exactions, tout en assurant que ses soldats ont respecté le droit international durant "des combats complexes et difficiles". A l’exception d’un sergent prénommé Amir, l’ensemble des soldats parlent sous anonymat, et leurs visages sont floutés dans les témoignages filmés. La transcription des propos est disponible sur le site breakingthesilence.
L’ONG indique disposer de financements de la part d’associations israéliennes de défense des droits de l’homme ainsi que des gouvernements britannique, néerlandais et espagnol et de l’Union européenne.
Plusieurs soldats décrivent une procédure de fouille de maisons où des civils étaient forcés à entrer dans des bâtiments suspects devant les soldats. Ils citent plusieurs cas dans lesquels des civils devaient s’avancer tandis qu’un militaire, derrière eux, reposait son fusil sur leur épaule.
Le rapport évoque également l’emploi sans discernement de munitions incendiaires au phosphore blanc dans les rues de Gaza - ce que Tsahal dément-, des "destructions massives ne répondant à aucune menace directe" et des règles d’engagement "permissives".
"On ne nous disait pas de tirer sur tout ce qui bouge. Mais la consigne générale était : si vous vous sentez menacés, tirez. Ils n’arrêtaient pas de nous dire que c’était la guerre et qu’à la guerre, on fait feu à volonté", se souvient un soldat.
Pour priver les combattants du Hamas d’abris, des secteurs entiers, comprenant parfois des jardins et des vergers, ont été rasés par bombardements, tirs d’artillerie, explosifs et bulldozers.
"Nous n’avons pas vu une seule maison intacte (...). Les infrastructures, les chemins, les champs, les routes, tout était en ruines. Les (bulldozers) D-9 avaient tout écrasé", raconte un militaire.
Dans le préambule du rapport, "Breaking the Silence" affirme que l’armée israélienne s’efforce de prouver que si des exactions ont été commises à Gaza, elles étaient le fait de "soldats isolés".
Mais ce témoignage suggère que "le coup violent et sans précédent porté aux infrastructures et aux civils de la bande de Gaza est le résultat direct de la politique des FDI".
17.07.09
Source: www.aloufok.net
Plusieurs soldats de l’armée israélienne ayant participé à cette opération affirment à présent que leurs chefs militaires les ont incités à tirer d’abord et à se préoccuper ensuite de distinguer les combattants des civils. En conséquence, témoignent-ils, leurs forces se sont ruées dans le territoire enclavé sans retenir leurs tirs.
Selon ces trente soldats, dont les témoignages anonymes ont été recueillis par l’ONG "Breaking the Silence", la priorité de l’armée était de minimiser ses pertes afin de s’assurer du soutien populaire israélien à l’opération.
"Mieux vaut atteindre un innocent qu’hésiter à viser un ennemi" : c’est en ces termes qu’un soldat résume la façon dont il a compris les instructions répétées durant les briefings préliminaires et durant l’intervention, qui a duré 22 jours, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009.
"Dans le doute, tuez. La puissance de feu était insensée. On arrivait et les explosions étaient hallucinantes. Dès l’instant où on arrivait à nos positions, on commençait à tirer sur tout ce qui était suspect", raconte un autre.
L’objectif annoncé de l’opération "Plomb Durci" était de mettre fin aux tirs de roquettes des activistes islamistes du Hamas vers le sud d’Israël. Selon une ONG palestinienne, le bilan des combats côté palestinien s’établit à 1.417 tués, dont 926 civils. L’armée israélienne parle de 1.166 morts dont 295 civils. Côté israélien, dix soldats et trois civils ont péri. Des rues entières de Gaza ont été rasées pour réduire le risque des tireurs embusqués et des pièges explosifs. Selon les Nations unies, les quelque 600.000 tonnes de gravats commencent à peine à être déblayées, six mois après la fin de l’opération.
L’armée israélienne, qui repose essentiellement sur la conscription, interdit formellement à ses soldats de parler aux médias. Le rapport de 112 pages de "Breaking the Silence" contient le témoignage de trente soldats "ayant servi dans tous les services impliqués dans l’intervention".
"La majorité (...) sont encore en service dans leurs unités et, profondément alarmés par la dégradation morale des Forces de défense israéliennes (FDI), se sont tournés vers nous. (Leurs témoignages) suffisent à mettre en doute la crédibilité de la version officielle de l’armée", peut-on lire dans ce document.
Dans un communiqué, l’armée israélienne rejette ces critiques, qu’elle estime "basées sur des on-dit", mais s’engage à enquêter en cas de plainte formelle pour exactions, tout en assurant que ses soldats ont respecté le droit international durant "des combats complexes et difficiles". A l’exception d’un sergent prénommé Amir, l’ensemble des soldats parlent sous anonymat, et leurs visages sont floutés dans les témoignages filmés. La transcription des propos est disponible sur le site breakingthesilence.
L’ONG indique disposer de financements de la part d’associations israéliennes de défense des droits de l’homme ainsi que des gouvernements britannique, néerlandais et espagnol et de l’Union européenne.
Plusieurs soldats décrivent une procédure de fouille de maisons où des civils étaient forcés à entrer dans des bâtiments suspects devant les soldats. Ils citent plusieurs cas dans lesquels des civils devaient s’avancer tandis qu’un militaire, derrière eux, reposait son fusil sur leur épaule.
Le rapport évoque également l’emploi sans discernement de munitions incendiaires au phosphore blanc dans les rues de Gaza - ce que Tsahal dément-, des "destructions massives ne répondant à aucune menace directe" et des règles d’engagement "permissives".
"On ne nous disait pas de tirer sur tout ce qui bouge. Mais la consigne générale était : si vous vous sentez menacés, tirez. Ils n’arrêtaient pas de nous dire que c’était la guerre et qu’à la guerre, on fait feu à volonté", se souvient un soldat.
Pour priver les combattants du Hamas d’abris, des secteurs entiers, comprenant parfois des jardins et des vergers, ont été rasés par bombardements, tirs d’artillerie, explosifs et bulldozers.
"Nous n’avons pas vu une seule maison intacte (...). Les infrastructures, les chemins, les champs, les routes, tout était en ruines. Les (bulldozers) D-9 avaient tout écrasé", raconte un militaire.
Dans le préambule du rapport, "Breaking the Silence" affirme que l’armée israélienne s’efforce de prouver que si des exactions ont été commises à Gaza, elles étaient le fait de "soldats isolés".
Mais ce témoignage suggère que "le coup violent et sans précédent porté aux infrastructures et aux civils de la bande de Gaza est le résultat direct de la politique des FDI".
17.07.09
Source: www.aloufok.net
vendredi 17 juillet 2009
Appel urgent contre la politique d’extradition du gouvernement belge
Le 3 juillet dernier, ÉGALITÉ a organisé une conférence intitulée : «Extradition et lois antiterroristes : deux femmes parlent!». ÉGALITÉ s’est ainsi joint au mouvement international en cours contre les extraditions.
Ces dix dernières années, au nom de « la guerre internationale contre la terreur », les États-Unis et l’Europe ont développé un système de justice parallèle à celui d’un État de droit.
Cette justice parallèle introduit une série de nouveaux crimes, un système de détention spéciale pour les détenus soupçonnés de terrorisme et la menace d’extradition ou de déportation vers des pays pratiquant la torture et/ou la peine de mort. Cette justice parallèle et ces pratiques constituent une violation de la Convention européenne des Droits de l’Homme, du Pacte international relatif aux Droits civils et politiques et de la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Le gouvernement belge s’est non seulement pleinement engagé dans la guerre en Afghanistan mais a aussi adopté une politique d’extradition de détenus soupçonnés de terrorisme, y compris de nationalité belge, vers des pays qui bafouent les conventions déjà mentionnées.
ÉGALITÉ demande la non-extradition vers le Maroc d’Ali Aarrass, Belge détenu en Espagne, et sa libération immédiate.
Ali Aarrass, de nationalité belge et marocaine, a été arrêté dans la ville espagnole de Melilla, dans le cadre d’un mandat d’arrêt international demandé par le Maroc. Il se trouve depuis le 1er avril 2008 en détention en Espagne sous l’accusation de faire partie d’un réseau terroriste. Huit mois plus tard, en novembre 2008, la justice espagnole a approuvé son extradition vers le Maroc. Il ne manque plus que le feu vert du Conseil des ministres de l’Espagne, qui peut venir à tout moment, pour qu’Ali Aarrass puisse être extradé.
Pendant sa détention, Ali Aarrass a mené une grève de la faim pendant deux mois pour clamer son innocence et s’opposer à son extradition.
En 2006, la justice espagnole avait ouvert une enquête judiciaire contre Ali Aarrass pour association avec le terrorisme. Le 16 mars 2009, un tribunal espagnol a prononcé la fermeture provisoire de cette enquête par manque de preuves. Malgré ce non-lieu, Ali Aarrass reste en prison : il fait partie de ces 1500 personnes qui ont été recherchées et arrêtées par le Maroc après les attentats de Casablanca de mai 2003. Selon Amnesty International « des centaines d"entre elles auraient été torturées en détention… ». Le président de Melilla, Juan José Imbroda, et son gouvernement local, conduit par le Parti Populaire (PP), la Coalition pour Melilla (CPM, le principal parti de l'opposition), la Commission Islamique (CI) et Amnesty International d’Espagne se sont unis contre l’extradition de Ali Aarrass. Abderraman Benyahya, porte-parole de la Commission Islamique (CI), a estimé que les autorités espagnoles n'auraient jamais accepté l'extradition "si les accusés n'avaient pas été des musulmans". Eva Suárez-Llanos, la présidente espagnole d’Amnesty International a déclaré : "Les autorités espagnoles ne peuvent pas extrader des détenus vers un pays où ceux-ci risquent d’être torturés." Devant la cour, Ali Aarrass s’est revendiqué de sa nationalité belge pour empêcher son extradition, mais le tribunal a réfuté cet argument. Ni le gouvernement belge ni un seul parlementaire belge n’est jusqu’à présent venu en aide à ce ressortissant !
ÉGALITÉ demande le retrait de la Convention entre le Royaume du Maroc et le Royaume de Belgique sur l’extradition.
Depuis le 1er mai 2005, une Convention sur l’extradition entre le Maroc et la Belgique est entrée en vigueur, après avoir été votée à l’unanimité (!) par la Chambre et le Sénat belges. Bien que la Constitution belge proclame l’égalité de tous les Belges devant la loi, il y a une exception pour les Belges d’origine marocaine : les Belgo-Marocains (double nationalité) peuvent à présent et à tout moment être extradés vers le Maroc, s’ils ont commis une infraction punissable d’une peine de prison de plus de deux ans ! Le gouvernement et la justice belges ont donc le droit et la possibilité d’extrader tout citoyen belge d’origine marocaine vers le Maroc sans devoir pour cela lui retirer sa carte d’identité belge.
Cette convention existe uniquement pour les Belges d’origine marocaine. Elle n’existe pour aucune autre catégorie de citoyens belges, originaires de quelque pays que ce soit.
ÉGALITÉ appelle tous les élus à tous les niveaux à demander le retrait immédiat de cette convention.
De même, ÉGALITÉ demande la non-extradition de Nizar Trabelsi vers les Etats-Unis.
Le 13 septembre 2001, le ressortissant tunisien et ancien footballeur professionnel, Nizar Trabelsi, a été arrêté à Uccle. Pour la principale prévention retenue contre lui : «Tentative de destruction d’édifice à l’explosif», Nizar Trabelsi a été condamné en juin 2004 à la peine maximale de dix ans de prison, pour la préparation d’un attentat contre la base militaire de Kleine-Brogel. Cette année, il aura passé huit ans de détention dans des conditions d’incarcération les plus extrêmes des sections de haute sécurité des prisons belges. La justice belge vient maintenant d'accepter la demande de son extradition vers les Etats-Unis, dès qu’il aura purgé sa peine en Belgique. Cette extradition accordée à la justice antiterroriste des Etats-Unis signifie une mort certaine pour Trabelsi, qui peut être considéré par les États-Unis comme un des «combattants ennemis» enfermés à Guantanamo, ou peut être enfermé à vie et sans appel dans une prison de haute sécurité, une des fameuses « surpermax prisons ». Ceci se passe au moment où la section américaine d’Amnesty International vient de lancer une campagne contre la torture aux États-Unis (‘Ten against torture letters’) et en particulier contre l’introduction de la « détention illimitée », à laquelle peuvent être soumises des personnes innocentes acquittées par la justice après un procès, ou en détention sans inculpation, parce qu’elles sont considérées comme étant « un danger pour les États-Unis ». Ceci se passe au moment où la Cour européenne des Droits de l’homme s’est déjà opposée à plusieurs tentatives d’extradition vers les Etats-Unis de la part de pays européens.
ÉGALITÉ – Familles et Ami-e-s des personnes incarcérées
Vous voulez nous rejoindre dans notre campagne contre l’extradition ?
Contactez-nous en envoyant un mail à vervaetluk@gmail.com
Ces dix dernières années, au nom de « la guerre internationale contre la terreur », les États-Unis et l’Europe ont développé un système de justice parallèle à celui d’un État de droit.
Cette justice parallèle introduit une série de nouveaux crimes, un système de détention spéciale pour les détenus soupçonnés de terrorisme et la menace d’extradition ou de déportation vers des pays pratiquant la torture et/ou la peine de mort. Cette justice parallèle et ces pratiques constituent une violation de la Convention européenne des Droits de l’Homme, du Pacte international relatif aux Droits civils et politiques et de la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Le gouvernement belge s’est non seulement pleinement engagé dans la guerre en Afghanistan mais a aussi adopté une politique d’extradition de détenus soupçonnés de terrorisme, y compris de nationalité belge, vers des pays qui bafouent les conventions déjà mentionnées.
ÉGALITÉ demande la non-extradition vers le Maroc d’Ali Aarrass, Belge détenu en Espagne, et sa libération immédiate.
Ali Aarrass, de nationalité belge et marocaine, a été arrêté dans la ville espagnole de Melilla, dans le cadre d’un mandat d’arrêt international demandé par le Maroc. Il se trouve depuis le 1er avril 2008 en détention en Espagne sous l’accusation de faire partie d’un réseau terroriste. Huit mois plus tard, en novembre 2008, la justice espagnole a approuvé son extradition vers le Maroc. Il ne manque plus que le feu vert du Conseil des ministres de l’Espagne, qui peut venir à tout moment, pour qu’Ali Aarrass puisse être extradé.
Pendant sa détention, Ali Aarrass a mené une grève de la faim pendant deux mois pour clamer son innocence et s’opposer à son extradition.
En 2006, la justice espagnole avait ouvert une enquête judiciaire contre Ali Aarrass pour association avec le terrorisme. Le 16 mars 2009, un tribunal espagnol a prononcé la fermeture provisoire de cette enquête par manque de preuves. Malgré ce non-lieu, Ali Aarrass reste en prison : il fait partie de ces 1500 personnes qui ont été recherchées et arrêtées par le Maroc après les attentats de Casablanca de mai 2003. Selon Amnesty International « des centaines d"entre elles auraient été torturées en détention… ». Le président de Melilla, Juan José Imbroda, et son gouvernement local, conduit par le Parti Populaire (PP), la Coalition pour Melilla (CPM, le principal parti de l'opposition), la Commission Islamique (CI) et Amnesty International d’Espagne se sont unis contre l’extradition de Ali Aarrass. Abderraman Benyahya, porte-parole de la Commission Islamique (CI), a estimé que les autorités espagnoles n'auraient jamais accepté l'extradition "si les accusés n'avaient pas été des musulmans". Eva Suárez-Llanos, la présidente espagnole d’Amnesty International a déclaré : "Les autorités espagnoles ne peuvent pas extrader des détenus vers un pays où ceux-ci risquent d’être torturés." Devant la cour, Ali Aarrass s’est revendiqué de sa nationalité belge pour empêcher son extradition, mais le tribunal a réfuté cet argument. Ni le gouvernement belge ni un seul parlementaire belge n’est jusqu’à présent venu en aide à ce ressortissant !
ÉGALITÉ demande le retrait de la Convention entre le Royaume du Maroc et le Royaume de Belgique sur l’extradition.
Depuis le 1er mai 2005, une Convention sur l’extradition entre le Maroc et la Belgique est entrée en vigueur, après avoir été votée à l’unanimité (!) par la Chambre et le Sénat belges. Bien que la Constitution belge proclame l’égalité de tous les Belges devant la loi, il y a une exception pour les Belges d’origine marocaine : les Belgo-Marocains (double nationalité) peuvent à présent et à tout moment être extradés vers le Maroc, s’ils ont commis une infraction punissable d’une peine de prison de plus de deux ans ! Le gouvernement et la justice belges ont donc le droit et la possibilité d’extrader tout citoyen belge d’origine marocaine vers le Maroc sans devoir pour cela lui retirer sa carte d’identité belge.
Cette convention existe uniquement pour les Belges d’origine marocaine. Elle n’existe pour aucune autre catégorie de citoyens belges, originaires de quelque pays que ce soit.
ÉGALITÉ appelle tous les élus à tous les niveaux à demander le retrait immédiat de cette convention.
De même, ÉGALITÉ demande la non-extradition de Nizar Trabelsi vers les Etats-Unis.
Le 13 septembre 2001, le ressortissant tunisien et ancien footballeur professionnel, Nizar Trabelsi, a été arrêté à Uccle. Pour la principale prévention retenue contre lui : «Tentative de destruction d’édifice à l’explosif», Nizar Trabelsi a été condamné en juin 2004 à la peine maximale de dix ans de prison, pour la préparation d’un attentat contre la base militaire de Kleine-Brogel. Cette année, il aura passé huit ans de détention dans des conditions d’incarcération les plus extrêmes des sections de haute sécurité des prisons belges. La justice belge vient maintenant d'accepter la demande de son extradition vers les Etats-Unis, dès qu’il aura purgé sa peine en Belgique. Cette extradition accordée à la justice antiterroriste des Etats-Unis signifie une mort certaine pour Trabelsi, qui peut être considéré par les États-Unis comme un des «combattants ennemis» enfermés à Guantanamo, ou peut être enfermé à vie et sans appel dans une prison de haute sécurité, une des fameuses « surpermax prisons ». Ceci se passe au moment où la section américaine d’Amnesty International vient de lancer une campagne contre la torture aux États-Unis (‘Ten against torture letters’) et en particulier contre l’introduction de la « détention illimitée », à laquelle peuvent être soumises des personnes innocentes acquittées par la justice après un procès, ou en détention sans inculpation, parce qu’elles sont considérées comme étant « un danger pour les États-Unis ». Ceci se passe au moment où la Cour européenne des Droits de l’homme s’est déjà opposée à plusieurs tentatives d’extradition vers les Etats-Unis de la part de pays européens.
ÉGALITÉ – Familles et Ami-e-s des personnes incarcérées
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jeudi 16 juillet 2009
"Pour sauver la planète, sortez du capitalisme" de Hervé Kempf
Le titre claque comme un slogan que l’on clamerait volontiers avec allégresse. Quel immense dommage que si peu de Vert(e)s adhèrent à ce crédo radical, préférant, à l’image de Dominique Voynet, Daniel Cohn-Bendit ou Alain Lipietz, quelques commodes replâtrages !
Les déprédations gravissimes de l’environnement découlent d’un mode de production uniquement mû par « la maximisation du profit ». La crise économique actuelle, corollaire des turbulences qui ont frappé la bulle des hedge funds et des subprimes, l’auteur l’avait prédite dans son précédent essai (1).
Il préconise d’inscrire « l’urgence écologique et la justice sociale au cœur du projet politique ». Oui, mais qui pour promouvoir ce dernier ? Comment, insiste Hervé Kempf, qui rejette également les éoliennes et les agro-carburants, oser estampiller le nucléaire « d’énergie du futur », alors qu’il demeure éminemment dangereux et génère des volumes colossaux de déchets fortement radioactifs ? Nos dirigeants, que la collusion avec les lobbies les plus influents et les grands groupes industriels n’ont jamais rebutés, excluent sciemment une réduction drastique de la consommation. Celles et ceux qui préconisent des solutions viables, aux antipodes de la doxa dominante, comme par exemple une redistribution équitable des richesses, les pseudo-« penseurs » choyés par les médias les raillent à tout va. Ainsi, l’inénarrable Jacques Attali avait postillonné, le 16 octobre 2007, sur France Inter, « la meilleure façon de ne pas polluer est de revenir à l’âge de pierre ». Crétinisme d’un de ces « intouchables », qui ne risquent guère une confrontation avec des contradicteurs sur les ondes et plateaux de télévision !...
Si l’on se contente de rehausser la grisaille du statu quo d’une touche de chlorophylle, le boostage des énergies renouvelables n’apparaît que comme une mesurette-alibi. Le fondateur de Reporterre (2) n’hésite pas à réclamer la taxation des hauts revenus, voire le ponctionnement du patrimoine détenu par les plus fortuné(e)s, afin de financer des activités socialement utiles et à faible impact environnemental. Il conviendrait, ajoute-t-il, de tendre vers davantage de « sobriété », de « frugalité », « une adaptation de la demande aux ressources », de « goûter la lenteur », de s’engager sur la voie de « la décroissance ».
Une telle révolution des us et coutumes supposerait que nous démontions au préalable « des archétypes culturels » et que nous nous départissions impérativement du « conditionnement psychique » propagé notamment par la publicité. Et « l’acmé de l’aliénation capitaliste intervient quand l’humain lui-même devient marchandise ». Le journaliste met en garde : attention de ne pas tarder, « hébétés », jusqu’à ce que ce système délétère « se transmue en despotisme » !...
Il doit se sentir assez isolé au sein de la rédaction du Monde, « le quotidien vespéral des marchés », comme l’ont baptisé les sardons de Pour lire pas lu, devenu, depuis mars 2006, Le Plan B, lequel paraît bimestriellement.
Éditions du Seuil, Paris, janvier 2009, 167 pages, 14 euros.
(1) Comment les riches détruisent la planète, Le Seuil, janvier 2007, 147 pages, 14 euros.
(2) Magazine lancé en 1989, uniquement disponible en ligne depuis 2006.
René HAMM
16.04.09
Les déprédations gravissimes de l’environnement découlent d’un mode de production uniquement mû par « la maximisation du profit ». La crise économique actuelle, corollaire des turbulences qui ont frappé la bulle des hedge funds et des subprimes, l’auteur l’avait prédite dans son précédent essai (1).
Il préconise d’inscrire « l’urgence écologique et la justice sociale au cœur du projet politique ». Oui, mais qui pour promouvoir ce dernier ? Comment, insiste Hervé Kempf, qui rejette également les éoliennes et les agro-carburants, oser estampiller le nucléaire « d’énergie du futur », alors qu’il demeure éminemment dangereux et génère des volumes colossaux de déchets fortement radioactifs ? Nos dirigeants, que la collusion avec les lobbies les plus influents et les grands groupes industriels n’ont jamais rebutés, excluent sciemment une réduction drastique de la consommation. Celles et ceux qui préconisent des solutions viables, aux antipodes de la doxa dominante, comme par exemple une redistribution équitable des richesses, les pseudo-« penseurs » choyés par les médias les raillent à tout va. Ainsi, l’inénarrable Jacques Attali avait postillonné, le 16 octobre 2007, sur France Inter, « la meilleure façon de ne pas polluer est de revenir à l’âge de pierre ». Crétinisme d’un de ces « intouchables », qui ne risquent guère une confrontation avec des contradicteurs sur les ondes et plateaux de télévision !...
Si l’on se contente de rehausser la grisaille du statu quo d’une touche de chlorophylle, le boostage des énergies renouvelables n’apparaît que comme une mesurette-alibi. Le fondateur de Reporterre (2) n’hésite pas à réclamer la taxation des hauts revenus, voire le ponctionnement du patrimoine détenu par les plus fortuné(e)s, afin de financer des activités socialement utiles et à faible impact environnemental. Il conviendrait, ajoute-t-il, de tendre vers davantage de « sobriété », de « frugalité », « une adaptation de la demande aux ressources », de « goûter la lenteur », de s’engager sur la voie de « la décroissance ».
Une telle révolution des us et coutumes supposerait que nous démontions au préalable « des archétypes culturels » et que nous nous départissions impérativement du « conditionnement psychique » propagé notamment par la publicité. Et « l’acmé de l’aliénation capitaliste intervient quand l’humain lui-même devient marchandise ». Le journaliste met en garde : attention de ne pas tarder, « hébétés », jusqu’à ce que ce système délétère « se transmue en despotisme » !...
Il doit se sentir assez isolé au sein de la rédaction du Monde, « le quotidien vespéral des marchés », comme l’ont baptisé les sardons de Pour lire pas lu, devenu, depuis mars 2006, Le Plan B, lequel paraît bimestriellement.
Éditions du Seuil, Paris, janvier 2009, 167 pages, 14 euros.
(1) Comment les riches détruisent la planète, Le Seuil, janvier 2007, 147 pages, 14 euros.
(2) Magazine lancé en 1989, uniquement disponible en ligne depuis 2006.
René HAMM
16.04.09
mercredi 15 juillet 2009
Nouveau coup de théâtre dans l'affaire "Erdal, Kimyongür & consorts"
À propos de l’Arrêt rendu ce mardi 14 juillet 2009 par la Cour d’Appel de Bruxelles dans le procès intenté contre six membres présumés du DHKP-C :
NOUVEAU COUP DE THÉÂTRE, LE PROCÈS S’EST TERMINÉ LE 29 MAI 2009.
IL REPRENDRA DONC LE 14 OCTOBRE…!
La Cour d’Appel de Bruxelles l’avait décrété au terme du procès (recommencé pour la quatrième fois) contre six membres présumés du DHKP-C. Les trois juges bruxellois essaieraient de rendre leur verdict pour le 14 juillet. Or ce jour, à 9 heures 30 précises, la treizième Chambre de la Cour d’Appel a été le théâtre d’une annonce particulièrement insolite. Le Président Antoon Boyen – après lecture des trois principales incriminations à charge des prévenus – a laissé là son verdict et annoncé la réouverture des débats, dès le 14 octobre prochain, avec la requalification des inculpations initiales [1].
On le sait: dès la judiciarisation de cette affaire (où pas moins de onze personnes avaient été originellement inculpées), le Procureur fédéral J. Delmulle était parvenu à imposer le libellé le plus radical à chacune des préventions retenues. Que ce soit à Bruges, à Gand ou à Anvers, chacun des inculpés avait été poursuivi au titre de «membre dirigeant» d’une prétendue association de malfaiteurs, de «membre ou dirigeant» d’une organisation soi-disant criminelle. Voire de «membre ou dirigeant» d’un groupe terroriste pour ce qui concerne Musa Asoglu et Bahar Kimyongür.
«Membre ou dirigeant»: ces deux qualités entraînent, de par la loi, les sanctions les plus lourdes. Or désormais, les juges de la Cour d’Appel de Bruxelles se disent prêts à requalifier les chefs d’inculpation en étendant les poursuites à des délits moins graves (et dont la nomenclature se trouve exposée dans d’autres alinéas des lois correspondantes). Antoon Boyen et les deux autres juges assesseurs pourraient ainsi poursuivre et condamner les prévenus pour «avoir participé à la préparation ou à la réalisation de toute activité licite de l’organisation criminelle, en sachant que cette participation contribue aux objectifs de celle-ci» (cf. Article 324ter du Code pénal) ; ou pour «avoir participé à une activité d'un groupe terroriste, y compris par la fourniture d'informations ou de moyens matériels au groupe terroriste, ou par toute forme de financement d'une activité du groupe terroriste, en ayant connaissance que cette participation contribue à commettre un crime ou un délit du groupe terroriste» (cf. Article 140, §1 du Code pénal). Dans ce cadre élargi, avoir simplement fourni une aide quelconque à une bande décrétée délictueuse (sous l’intitulé d’association de malfaiteurs, d’organisation criminelle ou terroriste) pourrait sanctionner les prévenus – même si, dans leur chef, le tribunal n’a pas prouvé leur qualité de membres ou de dirigeants…
De ce énième rebondissement judiciaire, dans un dossier pénal qui en a déjà connu tellement, plusieurs enseignements peuvent être d’ores et déjà tirés.
C’est manifeste : les trois juges de la Cour d’Appel ne sont pas parvenus à s’entendre sur une position commune et déboucher sur un verdict solidaire à la veille du 14 juillet. Ensuite, en acceptant de requalifier les préventions dans un sens plus lâche, la Cour d’Appel bruxelloise se positionne, dans le présent procès, comme une instance rompant avec le radicalisme obtus revendiqué par le Parquet fédéral (focalisé sur l’obtention de sanctions exemplairement lourdes). De la sorte, Antoon Boyen se donne à voir, lui et ses deux collègues, comme les porte paroles d’une Justice «juste». A tous égards, vouloir (par exemple) condamner absolument Bahar Kimyongür comme membre-dirigeant de l’organisation révolutionnaire turque (c’est l’ambition qu’a toujours affichée J. Delmulle) est et reste la meilleure manière de discréditer et de disqualifier la loi antiterroriste du 19 décembre 2003.
En réalité, comme l’avait justement fait remarquer la défense lors de l’audience du 28 mai, le Parquet dispose d’une arme thermonucléaire qu’il entend utiliser contre des militants dont il abhorre et la cause et l’idéologie. Or ici, la Cour d’Appel s’engage sur une voie plus subtile (et plus pernicieuse) : réhabiliter la législation, en prouver l’efficace nécessité, en ne condamnant Kimyongür «que» pour avoir fourni une aide «morale» (via la lecture d’un communiqué de presse) à un groupe politique «amoral». Sanctionner par des peines moins sensationnelles que celles voulues par le Ministère public, tout en instaurant une jurisprudence accréditant le bienfondé d’une loi tout à la fois exceptionnelle et banale, justifiée et juste.
En réalité, deux conceptions antagonistes du Droit continueront à s’affronter, comme elles s’affrontent dans le libellé de la loi antiterroriste elle-même. Car d’un côté, dans son Article 140, il y est affirmé que la fourniture d’information vaut délit de participation à une activité d'un groupe terroriste (cf. l’Article 140 déjà cité). Alors que dans l’Article 141ter de la même loi est clairement rappelé qu’«aucune disposition du présent Titre ne peut être interprétée comme visant à réduire ou à entraver des droits ou libertés fondamentales tels que le droit de grève, la liberté de réunion, d'association ou d'expression (…)». Un principe essentiel sur lequel s’étaient appuyés les juges de la Cour d’Appel d’Anvers pour totalement innocenter Asoglu et Kimyongür du crime d’appartenance à une militance terroriste.
Jean FLINKER
Pour le CLEA (Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association)
[1] A.- Avoir été l'instigateur (ou avoir fait partie) d'une association ayant pour but de commettre des attentats «contre des intérêts de l'Etat turc», visant aussi bien des personnes que des propriétés. À Knokke-Heist (Duinbergen) et/ou ailleurs dans le Royaume (par connexité) dans la période du 6 août 1997 au 26 septembre 1999.
B.- Avoir dirigé une organisation criminelle telle que visée à l'article 324bis du Code pénal.
Avoir participé à la prise de quelque décision que ce soit dans le cadre des activités de l'organisation criminelle, alors qu'il/elle savait que sa participation contribuait aux objectifs de cette organisation criminelle. Avoir fait partie sciemment et volontairement d'une organisation criminelle, même s'il/elle n'avait pas l'intention de commettre un délit dans le cadre de cette organisation criminelle ni d'y participer d'une des manières décrites aux articles 66 et suivants du Code pénal. À Knokke-Heist (Duinbergen) et/ou ailleurs dans le Royaume (par connexité) dans la période du 8 mars 1999 au 26 septembre 1999.
C.- Avoir été chef d'un groupe terroriste tel que défini à l'article 139 du Code pénal.
Par connexité à Bruxelles et/ou ailleurs dans le Royaume dans la période du 9 janvier 2004 au 28 juin 2004.
Consultez aussi:
http://www.leclea.be/affaire_dhkp-c/proces_de_bruxelles/special_verdict-14_juillet.html
NOUVEAU COUP DE THÉÂTRE, LE PROCÈS S’EST TERMINÉ LE 29 MAI 2009.
IL REPRENDRA DONC LE 14 OCTOBRE…!
La Cour d’Appel de Bruxelles l’avait décrété au terme du procès (recommencé pour la quatrième fois) contre six membres présumés du DHKP-C. Les trois juges bruxellois essaieraient de rendre leur verdict pour le 14 juillet. Or ce jour, à 9 heures 30 précises, la treizième Chambre de la Cour d’Appel a été le théâtre d’une annonce particulièrement insolite. Le Président Antoon Boyen – après lecture des trois principales incriminations à charge des prévenus – a laissé là son verdict et annoncé la réouverture des débats, dès le 14 octobre prochain, avec la requalification des inculpations initiales [1].
On le sait: dès la judiciarisation de cette affaire (où pas moins de onze personnes avaient été originellement inculpées), le Procureur fédéral J. Delmulle était parvenu à imposer le libellé le plus radical à chacune des préventions retenues. Que ce soit à Bruges, à Gand ou à Anvers, chacun des inculpés avait été poursuivi au titre de «membre dirigeant» d’une prétendue association de malfaiteurs, de «membre ou dirigeant» d’une organisation soi-disant criminelle. Voire de «membre ou dirigeant» d’un groupe terroriste pour ce qui concerne Musa Asoglu et Bahar Kimyongür.
«Membre ou dirigeant»: ces deux qualités entraînent, de par la loi, les sanctions les plus lourdes. Or désormais, les juges de la Cour d’Appel de Bruxelles se disent prêts à requalifier les chefs d’inculpation en étendant les poursuites à des délits moins graves (et dont la nomenclature se trouve exposée dans d’autres alinéas des lois correspondantes). Antoon Boyen et les deux autres juges assesseurs pourraient ainsi poursuivre et condamner les prévenus pour «avoir participé à la préparation ou à la réalisation de toute activité licite de l’organisation criminelle, en sachant que cette participation contribue aux objectifs de celle-ci» (cf. Article 324ter du Code pénal) ; ou pour «avoir participé à une activité d'un groupe terroriste, y compris par la fourniture d'informations ou de moyens matériels au groupe terroriste, ou par toute forme de financement d'une activité du groupe terroriste, en ayant connaissance que cette participation contribue à commettre un crime ou un délit du groupe terroriste» (cf. Article 140, §1 du Code pénal). Dans ce cadre élargi, avoir simplement fourni une aide quelconque à une bande décrétée délictueuse (sous l’intitulé d’association de malfaiteurs, d’organisation criminelle ou terroriste) pourrait sanctionner les prévenus – même si, dans leur chef, le tribunal n’a pas prouvé leur qualité de membres ou de dirigeants…
De ce énième rebondissement judiciaire, dans un dossier pénal qui en a déjà connu tellement, plusieurs enseignements peuvent être d’ores et déjà tirés.
C’est manifeste : les trois juges de la Cour d’Appel ne sont pas parvenus à s’entendre sur une position commune et déboucher sur un verdict solidaire à la veille du 14 juillet. Ensuite, en acceptant de requalifier les préventions dans un sens plus lâche, la Cour d’Appel bruxelloise se positionne, dans le présent procès, comme une instance rompant avec le radicalisme obtus revendiqué par le Parquet fédéral (focalisé sur l’obtention de sanctions exemplairement lourdes). De la sorte, Antoon Boyen se donne à voir, lui et ses deux collègues, comme les porte paroles d’une Justice «juste». A tous égards, vouloir (par exemple) condamner absolument Bahar Kimyongür comme membre-dirigeant de l’organisation révolutionnaire turque (c’est l’ambition qu’a toujours affichée J. Delmulle) est et reste la meilleure manière de discréditer et de disqualifier la loi antiterroriste du 19 décembre 2003.
En réalité, comme l’avait justement fait remarquer la défense lors de l’audience du 28 mai, le Parquet dispose d’une arme thermonucléaire qu’il entend utiliser contre des militants dont il abhorre et la cause et l’idéologie. Or ici, la Cour d’Appel s’engage sur une voie plus subtile (et plus pernicieuse) : réhabiliter la législation, en prouver l’efficace nécessité, en ne condamnant Kimyongür «que» pour avoir fourni une aide «morale» (via la lecture d’un communiqué de presse) à un groupe politique «amoral». Sanctionner par des peines moins sensationnelles que celles voulues par le Ministère public, tout en instaurant une jurisprudence accréditant le bienfondé d’une loi tout à la fois exceptionnelle et banale, justifiée et juste.
En réalité, deux conceptions antagonistes du Droit continueront à s’affronter, comme elles s’affrontent dans le libellé de la loi antiterroriste elle-même. Car d’un côté, dans son Article 140, il y est affirmé que la fourniture d’information vaut délit de participation à une activité d'un groupe terroriste (cf. l’Article 140 déjà cité). Alors que dans l’Article 141ter de la même loi est clairement rappelé qu’«aucune disposition du présent Titre ne peut être interprétée comme visant à réduire ou à entraver des droits ou libertés fondamentales tels que le droit de grève, la liberté de réunion, d'association ou d'expression (…)». Un principe essentiel sur lequel s’étaient appuyés les juges de la Cour d’Appel d’Anvers pour totalement innocenter Asoglu et Kimyongür du crime d’appartenance à une militance terroriste.
Jean FLINKER
Pour le CLEA (Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association)
[1] A.- Avoir été l'instigateur (ou avoir fait partie) d'une association ayant pour but de commettre des attentats «contre des intérêts de l'Etat turc», visant aussi bien des personnes que des propriétés. À Knokke-Heist (Duinbergen) et/ou ailleurs dans le Royaume (par connexité) dans la période du 6 août 1997 au 26 septembre 1999.
B.- Avoir dirigé une organisation criminelle telle que visée à l'article 324bis du Code pénal.
Avoir participé à la prise de quelque décision que ce soit dans le cadre des activités de l'organisation criminelle, alors qu'il/elle savait que sa participation contribuait aux objectifs de cette organisation criminelle. Avoir fait partie sciemment et volontairement d'une organisation criminelle, même s'il/elle n'avait pas l'intention de commettre un délit dans le cadre de cette organisation criminelle ni d'y participer d'une des manières décrites aux articles 66 et suivants du Code pénal. À Knokke-Heist (Duinbergen) et/ou ailleurs dans le Royaume (par connexité) dans la période du 8 mars 1999 au 26 septembre 1999.
C.- Avoir été chef d'un groupe terroriste tel que défini à l'article 139 du Code pénal.
Par connexité à Bruxelles et/ou ailleurs dans le Royaume dans la période du 9 janvier 2004 au 28 juin 2004.
Consultez aussi:
http://www.leclea.be/affaire_dhkp-c/proces_de_bruxelles/special_verdict-14_juillet.html
En mémoire de Marwa...
Comme vous le savez peut-être, une jeune allemande d'origine égyptienne, Marwa El Sherbiny, a été sauvagement assassinée par 18 coups de couteau dans un tribunal de Dresde en Allemagne.
L'affaire fut très peu médiatisée, les journaux belges, français etc. commencent à peine à consacrer quelques minutes au sujet alors que ce drame s'est déroulé il y a bientôt deux semaines...
Quoi qu'il en soit, la plate-forme BOEH se mobilise et vous invite à en faire autant en participant au rassemblement de ce MERCREDI 15.07 à 13h, au Rond Point SCHUMAN en la mémoire de Marwa El Sherbiny.
lundi 13 juillet 2009
Contre la Réintroduction de Lois Raciales en Europe
A l'opinion publique démocratique européenne et la Presse qui la tient informée
Les évènements en Italie ont toujours eu - pour le meilleur ou le pire - une influence extraordinaire sur l'ensemble de société européenne, de la Renaissance italienne au Fascisme.
Mais, trop souvent, l'Europe n'a pas pris conscience de ces évènements à temps.
Actuellement, une grande attention est portée, dans des journaux européens majeurs, sur quelques aspects de la crise qui a englouti notre pays. Mais nous croyons que c'est notre devoir - le devoir de tous ceux qui vivent en Italie - d'informer l'opinion publique européenne sur d'autres aspects alarmants qui n'ont pas suscité un tel intérêt, comme le projet de loi proposé par le Gouvernement italien, appelé "le Décret de Sécurité". Si elle n'est pas empêchée, cette loi court le risque de défigurer l'image de l'Europe et de provoquer une rechute sévère des droits de l'homme dans le monde entier.
Le Gouvernement Berlusconi, utilisant la sécurité comme prétexte, a imposé à notre Parlement - dont il a le plein contrôle - l'adoption de lois discriminantes contre les immigrés, des lois comme nous n'en avions pas vu dans ce pays depuis les lois raciales fascistes.
La victime de la discrimination a changé : ce ne sont plus les Juifs, mais la population immigrée irrégulière, des centaines de milliers de personnes. Mais les mesures discriminantes n'ont pas changé : par exemple, ces nouvelles lois peuvent interdire des mariages mixtes.
Une telle interdiction empêcherait les personnes d'exercer un droit fondamental, le droit de se marier sans contrainte de nature ethnique ou religieuse. Les victimes de discrimination auraient ce droit refusé sur la simple base de leur nationalité. Sans oublier le fait qu'il sera également refusé aux italiens le droit d'épouser la personne de leur choix.
Une autre loi contenue dans le décret - encore plus abusive vis à vis des droits de l'homme et la dignité - est l'interdiction pour des femmes étrangères qui n'ont pas de papiers (délit administratif) de reconnaître leurs enfants à la naissance. Ainsi, les enfants nés de femmes étrangères sans-papiers, en vertu d'une décision politique par une majorité provisoire, seront pour leur vie entière les enfants de parents inconnus, ils peuvent être enlevés à leur propre mère à la naissance et placés sous la garde de l'État.
Non même le Fascisme n'a pas été aussi loin que cela! Les Lois Raciales présentées par le Régime en 1938 n'ont pas soustrait d'enfants à leurs mères juives, ils n'ont pas incité non plus les mères à abandonner leur enfant plutôt que de se le voir confisquer par l'État.
Nous ne nous adresserions pas à l'opinion publique européenne si la gravité de ces mesures n'était pas telle qu'elle dépasse les frontières nationales, appelant à une réaction celles et ceux qui croient en notre humanité partagée. L'Europe ne peut pas accepter qu'un de ses membres fondateurs régresse à un niveau primitif d'organisation sociale, contredisant la loi internationale et mêmes les principes sur lesquels l'union politique européenne s'est fondée.
C'est dans l'intérêt de chacun d'entre nous que cela ne passe pas. Ça nous déshonorerait tous.
L'opinion publique démocratique européenne doit prendre conscience de la maladie qui ravage l'Italie et agir vite pour qu'elle ne s'étende pas plus loin.
Nous sommes confiants en chacun d'entre vous pour choisir une façon efficace de démontrer votre opposition.
Roma, 29 juin, 2009
Andrea Camilleri, Antonio Tabucchi, Dacia Maraini, Dario Fo, Franca Rame, Moni Ovadia, Maurizio Scaparro, Gianni Amelio
Source & Traduction : les Damnés de la Terre
Les évènements en Italie ont toujours eu - pour le meilleur ou le pire - une influence extraordinaire sur l'ensemble de société européenne, de la Renaissance italienne au Fascisme.
Mais, trop souvent, l'Europe n'a pas pris conscience de ces évènements à temps.
Actuellement, une grande attention est portée, dans des journaux européens majeurs, sur quelques aspects de la crise qui a englouti notre pays. Mais nous croyons que c'est notre devoir - le devoir de tous ceux qui vivent en Italie - d'informer l'opinion publique européenne sur d'autres aspects alarmants qui n'ont pas suscité un tel intérêt, comme le projet de loi proposé par le Gouvernement italien, appelé "le Décret de Sécurité". Si elle n'est pas empêchée, cette loi court le risque de défigurer l'image de l'Europe et de provoquer une rechute sévère des droits de l'homme dans le monde entier.
Le Gouvernement Berlusconi, utilisant la sécurité comme prétexte, a imposé à notre Parlement - dont il a le plein contrôle - l'adoption de lois discriminantes contre les immigrés, des lois comme nous n'en avions pas vu dans ce pays depuis les lois raciales fascistes.
La victime de la discrimination a changé : ce ne sont plus les Juifs, mais la population immigrée irrégulière, des centaines de milliers de personnes. Mais les mesures discriminantes n'ont pas changé : par exemple, ces nouvelles lois peuvent interdire des mariages mixtes.
Une telle interdiction empêcherait les personnes d'exercer un droit fondamental, le droit de se marier sans contrainte de nature ethnique ou religieuse. Les victimes de discrimination auraient ce droit refusé sur la simple base de leur nationalité. Sans oublier le fait qu'il sera également refusé aux italiens le droit d'épouser la personne de leur choix.
Une autre loi contenue dans le décret - encore plus abusive vis à vis des droits de l'homme et la dignité - est l'interdiction pour des femmes étrangères qui n'ont pas de papiers (délit administratif) de reconnaître leurs enfants à la naissance. Ainsi, les enfants nés de femmes étrangères sans-papiers, en vertu d'une décision politique par une majorité provisoire, seront pour leur vie entière les enfants de parents inconnus, ils peuvent être enlevés à leur propre mère à la naissance et placés sous la garde de l'État.
Non même le Fascisme n'a pas été aussi loin que cela! Les Lois Raciales présentées par le Régime en 1938 n'ont pas soustrait d'enfants à leurs mères juives, ils n'ont pas incité non plus les mères à abandonner leur enfant plutôt que de se le voir confisquer par l'État.
Nous ne nous adresserions pas à l'opinion publique européenne si la gravité de ces mesures n'était pas telle qu'elle dépasse les frontières nationales, appelant à une réaction celles et ceux qui croient en notre humanité partagée. L'Europe ne peut pas accepter qu'un de ses membres fondateurs régresse à un niveau primitif d'organisation sociale, contredisant la loi internationale et mêmes les principes sur lesquels l'union politique européenne s'est fondée.
C'est dans l'intérêt de chacun d'entre nous que cela ne passe pas. Ça nous déshonorerait tous.
L'opinion publique démocratique européenne doit prendre conscience de la maladie qui ravage l'Italie et agir vite pour qu'elle ne s'étende pas plus loin.
Nous sommes confiants en chacun d'entre vous pour choisir une façon efficace de démontrer votre opposition.
Roma, 29 juin, 2009
Andrea Camilleri, Antonio Tabucchi, Dacia Maraini, Dario Fo, Franca Rame, Moni Ovadia, Maurizio Scaparro, Gianni Amelio
Source & Traduction : les Damnés de la Terre
dimanche 12 juillet 2009
Demande de solidarité...
Salam à tous et toutes (Que la Paix soit avec vous tous et toutes),
Je veux vous parler de mon frère en détention injuste et injustifiée depuis le 1er avril 2008.
Dans un premier temps je voudrais que vous preniez le temps de consulter via le net, les informations qui circulent sur lui.(pcf, tapez son nom et prénom sur Google: Ali Aarrass).
Vu que les autorités espagnoles refusent de le libérer, malgré qu'ils n'ont trouvé aucune preuve contre lui, mais qu'en plus ils s'acharnent à vouloir l'extrader au Maroc qui le réclame - si vs ignorez comment procède le Maroc pour avoir des aveux de la part même des innocents, via le net vous aurez un maximum de preuves, de cas de tortures horribles - comme par le biais de la voie juridique espagnole, on ne veut point nous entendre, ni libérer mon frère, nous sommes obligés de tenter des démarches qui pourraient d'abord faire savoir à un maximum de personnes qui est Ali Aarrass mais par la suite et après connaissance de l'affaire, demander à toutes les personnes qui sont pour une justice saine, de s'opposer fermement à l'extradition et de réclamer sa libération.
Je passe cette info par mail à tous mes contacts, et demande à ceux-ci de bien vouloir la transférer à leur tour à leurs contacts respectifs, ainsi cet envoi en réseau pourra parvenir à un nombre important de personnes de toutes parts.
Nous vivons des moments difficiles et souhaitons que toutes ces personnes qui persistent à croire que les musulmans sont des terroristes, se posent les bonnes questions, à savoir, pourquoi cet acharnement contre la communauté musulmane? A qui profite ce genre de procédure? etc....
Moi Farida, soeur de Ali Aarrass, veut faire tout mon possible pour lui venir en aide, mais comme ce cas résulte d'une malversation de la part des institutions, je ne pourrai réussir à avancer que si de nombreuses personnes assoiffées d'impartialité me viennent en aide.
Merci de m'avoir lu et de diffuser l'information.
Pour en savoir plus, n'hésitez pas à me contacter au 0486/703215.
Farida Aarrass
Je veux vous parler de mon frère en détention injuste et injustifiée depuis le 1er avril 2008.
Dans un premier temps je voudrais que vous preniez le temps de consulter via le net, les informations qui circulent sur lui.(pcf, tapez son nom et prénom sur Google: Ali Aarrass).
Vu que les autorités espagnoles refusent de le libérer, malgré qu'ils n'ont trouvé aucune preuve contre lui, mais qu'en plus ils s'acharnent à vouloir l'extrader au Maroc qui le réclame - si vs ignorez comment procède le Maroc pour avoir des aveux de la part même des innocents, via le net vous aurez un maximum de preuves, de cas de tortures horribles - comme par le biais de la voie juridique espagnole, on ne veut point nous entendre, ni libérer mon frère, nous sommes obligés de tenter des démarches qui pourraient d'abord faire savoir à un maximum de personnes qui est Ali Aarrass mais par la suite et après connaissance de l'affaire, demander à toutes les personnes qui sont pour une justice saine, de s'opposer fermement à l'extradition et de réclamer sa libération.
Je passe cette info par mail à tous mes contacts, et demande à ceux-ci de bien vouloir la transférer à leur tour à leurs contacts respectifs, ainsi cet envoi en réseau pourra parvenir à un nombre important de personnes de toutes parts.
Nous vivons des moments difficiles et souhaitons que toutes ces personnes qui persistent à croire que les musulmans sont des terroristes, se posent les bonnes questions, à savoir, pourquoi cet acharnement contre la communauté musulmane? A qui profite ce genre de procédure? etc....
Moi Farida, soeur de Ali Aarrass, veut faire tout mon possible pour lui venir en aide, mais comme ce cas résulte d'une malversation de la part des institutions, je ne pourrai réussir à avancer que si de nombreuses personnes assoiffées d'impartialité me viennent en aide.
Merci de m'avoir lu et de diffuser l'information.
Pour en savoir plus, n'hésitez pas à me contacter au 0486/703215.
Farida Aarrass
vendredi 10 juillet 2009
Ce mardi 14.07 risque de ne pas être fête pour tout le monde
Ce mardi 14 juillet, venez au verdict du procès DHKP-C !
La semaine prochaine, le mardi 14 juillet, la Cour d’appel de Bruxelles rendra son arrêt dans le procès DHKP-C. Bahar Kimyongür, Musa Asoglu et leurs camarades sont menacés de nombreuses années d’emprisonnement.
Si ces militants sont condamnés, tous les citoyens belges risqueront alors d’être inquiétés en raison de leurs opinions.
Venez nombreux, le mardi 14, assister au prononcé du verdict.
Lisez le tract du CLEA appelant à cet « événement » et diffusez-le autour de vous :
http://leclea.be/affaire_dhkp-c/proces_de_bruxelles/pdf/tract140709.pdf
Le CLEA
www.leclea.be
La semaine prochaine, le mardi 14 juillet, la Cour d’appel de Bruxelles rendra son arrêt dans le procès DHKP-C. Bahar Kimyongür, Musa Asoglu et leurs camarades sont menacés de nombreuses années d’emprisonnement.
Si ces militants sont condamnés, tous les citoyens belges risqueront alors d’être inquiétés en raison de leurs opinions.
Venez nombreux, le mardi 14, assister au prononcé du verdict.
Lisez le tract du CLEA appelant à cet « événement » et diffusez-le autour de vous :
http://leclea.be/affaire_dhkp-c/proces_de_bruxelles/pdf/tract140709.pdf
Le CLEA
www.leclea.be
jeudi 9 juillet 2009
Marwa assassinée parce qu’elle portait un voile
Marwa Sherbini, jeune maman de 32ans de confession musulmane a été victime d’un assassinat islamophobe le 1er juillet dernier à Dresde en Allemagne parce qu’elle portait un voile.
L’histoire commence l’année dernière. Marwa, une musulmane d’origine égyptienne est insultée et agressée par un homme alors qu’elle jouait avec son bébé de 2 ans dans un terrain de jeu. L’homme lui a lancé les injures de "terroriste", "islamiste", et tenta à plusieurs reprises de lui retirer son voile de force.
Après qu’une plainte ait été déposée, l’homme fut condamné à une amende de 780 euros. La peine ayant été jugée trop légère, un appel fut déposé et c’est à la cour d’appel de Dresde que l’affaire devait être rejugée mercredi dernier, le 1er juillet. Ali, le mari de Marwa et leur fils de 3 ans étaient aussi présents dans le tribunal. C’est là que tout a dégénéré, l’accusé s’est précipité sur Marwa et l’a poignardé de 18 coups de couteau en moins de 30 secondes ! Son mari a essayé de s’interposer pour protéger sa femme mais fut poignardé lui aussi.
Deux policiers accoururent en urgence sur les lieux de l’agression mais ont pris son époux pour l’agresseur (parce qu’il a bien entendu une tête d’arabe) et lui ont tiré une balle dans la jambe ! Après la confusion, l’agresseur allemand d’origine russe fut maîtrisé.
Mais Marwa est morte de ses blessures dans la cour du tribunal. Elle était enceinte au moment de sa mort ! L’enfant de 3 ans d’Ali et de Marwa fut aussi blessé. Les autorités parlent comme d’habitude de l’acte isolé d’un fou.
Le CCIF (Collectif Contre l'Islamophoobie en France - NDLR) condamne de la façon la plus ferme cet acte inqualifiable qui crée une tension sans précédent entre l’Egypte où la dépouille de la défunte vient d’arriver et l’Allemagne. Le CCIF condamne aussi le fait que cette affaire ait été très peu médiatisée en Allemagne, et pas du tout dans notre pays.
Il y a de cela trois ans, le CCIF avait, à l’occasion de conférences internationales, tiré le signal d’alarme, et appelé l’attention de tous sur le risque de voir apparaitre des meurtres à caractère islamophobe en Europe et particulièrement en France. Cet avertissement avait alors été perçu comme exagéré au motif et que rien ne permettait de justifier de tels propos.
Hélas, les évènements nous donnent raison simplement parce - qu’ils sont le reflet de ce qui transparaît sur le terrain que nous occupons : l’agression d’une jeune femme musulmane et voilée à Argenteuil par un groupe de jeunes gens en avril dernier.
Et le 1er juillet, l’assassinat sauvage de Marwa, dont le seul tort était d’être musulmane et de porter le voile.
Les politiques, les gouvernements européens ont une grande part de responsabilité dans l’atmosphère délétère et hostile qui règne actuellement dans la société contre les musulmans.
Certaines déclarations, discours ont pu être compris par certains comme la disqualification d’une certaine frange de la société. C’est effectivement le cas lorsque des politiciens, des élus…traitent les musulmanes voilées de "sac de patates", lorsque certaines personnalités qualifient les femmes portant le niqab "d’inhumaines", lorsqu’on qualifie la pratique de la foi musulmane de complot visant à déstabiliser la République.
Comment s’étonner alors que les femmes musulmanes essuient des crachats, soient insultées et agressées dans la rue, soient refoulées des administrations, des banques, des écoles, des centres de formation, soient exclues du marché du travail, ce sans que les autorités ne réagissent.
Les profanateurs de mosquées et de tombes courent toujours. Ces musulmans ne sont-ils pas morts pour que la France soit libre ? Leurs enfants n’ont-ils pas reconstruit le pays jusqu’à en laisser pour certains leur vie et rentrant dans leur pays d’origine dans des cercueils ? Ne pouvaient-ils pas espérer de la France pour laquelle ils ont donné deux fois leur sang qu’elle laisse leurs enfants vivre librement leur foi sans qu’ils soient livrés en pâture à la colère du reste du pays quand il est besoin de masquer une incapacité à traiter les vrais problèmes sociétaux !
Comment s’étonner que des esprits chauffés à blanc passent à l’acte.
Quelle sera la prochaine étape ?
Déjà, les premiers témoignages de femme portant le niqab se faisant insulter dans la rue nous arrivent. C’est le premier fruit du faux débat posé par M.GERIN et ses acolytes.
Le Collectif contre l’islamophobie en France
Arren, le 07.07.09
L’histoire commence l’année dernière. Marwa, une musulmane d’origine égyptienne est insultée et agressée par un homme alors qu’elle jouait avec son bébé de 2 ans dans un terrain de jeu. L’homme lui a lancé les injures de "terroriste", "islamiste", et tenta à plusieurs reprises de lui retirer son voile de force.
Après qu’une plainte ait été déposée, l’homme fut condamné à une amende de 780 euros. La peine ayant été jugée trop légère, un appel fut déposé et c’est à la cour d’appel de Dresde que l’affaire devait être rejugée mercredi dernier, le 1er juillet. Ali, le mari de Marwa et leur fils de 3 ans étaient aussi présents dans le tribunal. C’est là que tout a dégénéré, l’accusé s’est précipité sur Marwa et l’a poignardé de 18 coups de couteau en moins de 30 secondes ! Son mari a essayé de s’interposer pour protéger sa femme mais fut poignardé lui aussi.
Deux policiers accoururent en urgence sur les lieux de l’agression mais ont pris son époux pour l’agresseur (parce qu’il a bien entendu une tête d’arabe) et lui ont tiré une balle dans la jambe ! Après la confusion, l’agresseur allemand d’origine russe fut maîtrisé.
Mais Marwa est morte de ses blessures dans la cour du tribunal. Elle était enceinte au moment de sa mort ! L’enfant de 3 ans d’Ali et de Marwa fut aussi blessé. Les autorités parlent comme d’habitude de l’acte isolé d’un fou.
Le CCIF (Collectif Contre l'Islamophoobie en France - NDLR) condamne de la façon la plus ferme cet acte inqualifiable qui crée une tension sans précédent entre l’Egypte où la dépouille de la défunte vient d’arriver et l’Allemagne. Le CCIF condamne aussi le fait que cette affaire ait été très peu médiatisée en Allemagne, et pas du tout dans notre pays.
Il y a de cela trois ans, le CCIF avait, à l’occasion de conférences internationales, tiré le signal d’alarme, et appelé l’attention de tous sur le risque de voir apparaitre des meurtres à caractère islamophobe en Europe et particulièrement en France. Cet avertissement avait alors été perçu comme exagéré au motif et que rien ne permettait de justifier de tels propos.
Hélas, les évènements nous donnent raison simplement parce - qu’ils sont le reflet de ce qui transparaît sur le terrain que nous occupons : l’agression d’une jeune femme musulmane et voilée à Argenteuil par un groupe de jeunes gens en avril dernier.
Et le 1er juillet, l’assassinat sauvage de Marwa, dont le seul tort était d’être musulmane et de porter le voile.
Les politiques, les gouvernements européens ont une grande part de responsabilité dans l’atmosphère délétère et hostile qui règne actuellement dans la société contre les musulmans.
Certaines déclarations, discours ont pu être compris par certains comme la disqualification d’une certaine frange de la société. C’est effectivement le cas lorsque des politiciens, des élus…traitent les musulmanes voilées de "sac de patates", lorsque certaines personnalités qualifient les femmes portant le niqab "d’inhumaines", lorsqu’on qualifie la pratique de la foi musulmane de complot visant à déstabiliser la République.
Comment s’étonner alors que les femmes musulmanes essuient des crachats, soient insultées et agressées dans la rue, soient refoulées des administrations, des banques, des écoles, des centres de formation, soient exclues du marché du travail, ce sans que les autorités ne réagissent.
Les profanateurs de mosquées et de tombes courent toujours. Ces musulmans ne sont-ils pas morts pour que la France soit libre ? Leurs enfants n’ont-ils pas reconstruit le pays jusqu’à en laisser pour certains leur vie et rentrant dans leur pays d’origine dans des cercueils ? Ne pouvaient-ils pas espérer de la France pour laquelle ils ont donné deux fois leur sang qu’elle laisse leurs enfants vivre librement leur foi sans qu’ils soient livrés en pâture à la colère du reste du pays quand il est besoin de masquer une incapacité à traiter les vrais problèmes sociétaux !
Comment s’étonner que des esprits chauffés à blanc passent à l’acte.
Quelle sera la prochaine étape ?
Déjà, les premiers témoignages de femme portant le niqab se faisant insulter dans la rue nous arrivent. C’est le premier fruit du faux débat posé par M.GERIN et ses acolytes.
Le Collectif contre l’islamophobie en France
Arren, le 07.07.09
mercredi 8 juillet 2009
La retraite pour Guy Quaden
Guy Quaden, gouverneur de la Banque nationale, vient de rendre public son rapport sur le vieillissement. Ce rapport est dans la droite ligne de la politique qui a mené au désastre financier de 2008 et dont la poursuite conduit la majorité de la population droit dans le mur. Il explique qu’il faudra dégager 10 milliards d’euros supplémentaires entre 2008 et 2014 pour financer le système des retraites. Pour trouver l’argent, il propose d’amener les personnes âgées entre 55 et 65 ans à recommencer à travailler afin qu’elles se remettent à cotiser et qu’elles ne soient plus à la charge du système. Afin de présenter son orientation comme un moindre mal, qu’il ne faut donc pas hésiter à adopter, il indique que l’autre scénario (qu’il écarte car « cette solution n’est pas socialement acceptable ») consiste à réduire les pensions réelles versées en ne les adaptant plus à l’évolution du coût de la vie.
Guy Quaden et ses collègues écartent la possibilité d’augmenter le financement du système par l’Etat car « la dette a recommencé à augmenter pour financer le sauvetage des banques ». Le gouvernement a su trouver plus de 20 milliards pour sauver les banques, mais n’a pas la volonté de garantir les retraites. Il veut allonger la période d’activité, reporter l’âge du droit à la retraite. Afin d’y parvenir, la précédente étape était le contrat entre les générations, le terrain de la prochaine étape est préparé notamment par ce rapport de Guy Quaden (PS).
Il n’y a pas si longtemps, la caisse des pensions dégageait régulièrement d’importants surplus dans lesquels le gouvernement puisait pour rembourser la dette au lieu de consolider le système pour préparer l’avenir. Pourtant, les effets du vieillissement de la population étaient tout à fait prévisibles. Les gouvernements belges successifs ont poussé à la constitution de fonds d’épargne retraite privés. Pour convaincre les citoyens, le gouvernement a employé deux tactiques : d’une part, leur faire peur en disant que le système public de retraite ne suffirait pas éternellement pour garantir des revenus suffisants ; d’autre part, les inciter à mettre leur épargne volontaire dans les mains des banquiers et des assureurs privés en offrant une réduction d’impôt. Dans le même temps, le gouvernement vendait au grand capital privé les dernières banques publiques comme la CGER (absorbée par Fortis) et le Crédit Communal (devenu Dexia). Le gouvernement et les autorités de contrôle ont laissé les banquiers et les assureurs privés spéculer avec l’épargne des citoyens au lieu de l’investir dans des projets socialement et économiquement utiles.
Guy Quaden, son collègue Jean-Paul Servais de la CBFA et le gouvernement sont responsables d’avoir laissé les banques et assurances belges prendre des risques totalement démesurés et, circonstance aggravante, avec l’épargne des citoyens belges. Les actifs placés par Fortis, Dexia et autres KBC aux Etats-Unis et en Europe orientale, les deux épicentres de la crise actuelle, sont beaucoup plus élevés que ceux des banques françaises, allemandes, hollandaises ou espagnoles (voir Damien Millet et Eric Toussaint, Les Chiffres de la dette, 2009, p.12). C’est pourquoi la crise frappe beaucoup plus la Belgique et les autres pays européens qui ont énormément déréglementé comme l’Irlande et la Grande Bretagne.
En Belgique, les contribuables qui versent 830 euros sur leur compte épargne-pension peuvent déduire cette somme de leur revenu imposable et obtenir environ 270 euros en réduction d’impôt. Or si l’Etat n’avait pas octroyé cette réduction d’impôt, il aurait pu verser cette somme dans le système public de financement des pensions légales et garantir sa pérennité.
En bout de course, les épargnants vont faire triplement les frais de la politique de l’Etat néo-libéral et des sociétés de banque-assurance : la valeur de leur épargne placée dans l’épargne pension a chuté entre 2007 et 2009 ; l’utilisation spéculative et improductive de leur épargne conduit aujourd’hui à des pertes massives d’emplois, alors que les actionnaires ont fait de juteux profits (quand cela marchait, cela procurait un rendement qui pouvait atteindre 15% versés sous forme de dividendes) ; les épargnants sont aussi des contribuables qui doivent financer l’augmentation brutale de la dette publique due à la manière dont Fortis, Dexia, Ethias, KBC ont été sauvés.
Pour garantir l’avenir de la sécurité sociale et du système des pensions, il faut mettre en œuvre des solutions radicalement différentes à celles qui sont à l’œuvre actuellement. Primo, il s’agit de réaliser une réduction radicale du temps de travail avec embauches compensatoires et maintien intégral du revenu afin d’accroître le nombre d’actifs cotisant et de garantir l’équilibre entre recettes et dépenses pour le système des retraites et la sécurité sociale. Il s’agit de créer un grand nombre d’emplois décents pour ceux qui n’en ont pas, tout en améliorant les conditions de travail de ceux qui en ont déjà. Deuzio, les pouvoirs publics doivent créer des places de travail dans les secteurs de la rénovation de logements, l’aménagement urbain, le développement des transports collectifs, la culture, la santé et l’éducation publiques. Pour cela, il faut augmenter les recettes de l’Etat par une politique fiscale faisant contribuer davantage ceux qui en ont les moyens. Tertio : arrêter les privatisations.
Guy Quaden annonce qu’il faudra faire des sacrifices pour réunir 10 milliards d’euros sur la période 2008-2014, mais avec le gouvernement belge, il s’est précipité pour dépenser plus du double de cette somme en une dizaine de jours, début octobre 2008, pour sauver Fortis et Dexia. Guy Quaden et le gouvernement ont laissé les patrons de celles-ci partir avec des parachutes dorés. Ils ne demandent à aucun des responsables du désastre de rendre des comptes à la justice. Dans les derniers mois, ils ont engagé quelques milliards supplémentaires notamment pour sauver KBC. Or il était nécessaire de nationaliser ces sociétés en faillite en récupérant le coup de l’opération sur le patrimoine des grands actionnaires et des administrateurs responsables du désastre. L’Etat aurait ainsi à sa disposition un puissant instrument pour investir dans l’économie réelle tout en garantissant l’épargne des citoyens.
Guy Quaden, qui reconnaît que les avoirs financiers des Belges ont baissé de 150 milliards d’euros en 2008, ne risque pas d’avoir des fins de mois difficiles : son salaire dépasse 400 000 euros par an, soit davantage que celui de Barack Obama ou de Jean-Claude Trichet (président de la Banque centrale européenne), 15 fois celui du président équatorien Rafael Correa et de son homologue bolivien Evo Morales, 15 fois celui d’un employé, d’un ouvrier qualifié ou d’un enseignant, au moins 20 fois le revenu d’un ouvrier non qualifié. A combien s’élèveront la retraite de Guy Quaden et les revenus de ses placements financiers (après le prélèvement du précompte libératoire de 15%) ?
Compte tenu de tout ce qui précède, Guy Quaden doit démissionner et prendre sa retraite. Il ferait bien de verser une bonne partie de son salaire astronomique dans la caisse publique des pensions afin de contribuer, certes modestement, à la refinancer.
Le parquet devrait saisir la justice des délits commis par les dirigeants de Fortis (à commencer par son ex-président le comte Maurice Lippens et Jean-Pol Votron ainsi que Gilbert Mittler), Dexia (Axel Miller), KBC, Ethias… Lippens a présidé Fortis jusqu’à sa quasi-faillite fin septembre 2008. Avant sa démission, on le retrouvait en tant qu’administrateur dans de nombreuses sociétés. Citons en quelques-unes : Total, Suez-Tractebel, SN Brussels Airlines (il a été l’un des responsables de la faillite de la SABENA) et le Groupe Bruxelles Lambert du milliardaire belge Albert Frère (après son départ de Fortis comme président, Lippens a démissionné de plusieurs CA mais est resté administrateur de GBL). En 2004, Lippens a donné son nom au code belge de gouvernance d’entreprise censé améliorer la gestion et la transparence des entreprises belges. Le code « Lippens » est une liste de vœux pieux qu’il s’est empressé de ne pas s’appliquer. On sait ce que cela a donné. Lippens fréquente avec son ami le Vicomte Etienne Davignon la Commission Trilatérale et le groupe de Bilderberg où se retrouvent en catimini la droite et l’extrême droite du patronat et des gouvernements de la planète. Jean-Paul Votron a quitté sa fonction de CEO de Fortis le 11 juillet 2008 avec un parachute doré de 1,35 million d’euros. Gilbert Mittler, ex-directeur financier de Fortis, est parti avec une indemnité de 4 millions d’euros. Ces individus devraient restituer leurs indemnités à la collectivité, par exemple pour financer la caisse publique des retraites.
Mais surtout, il faut d’urgence une autre politique au gouvernement et à la Banque nationale de Belgique.
Eric Toussaint
28.06.09
Source: www.lcr-lagauche.be
Guy Quaden et ses collègues écartent la possibilité d’augmenter le financement du système par l’Etat car « la dette a recommencé à augmenter pour financer le sauvetage des banques ». Le gouvernement a su trouver plus de 20 milliards pour sauver les banques, mais n’a pas la volonté de garantir les retraites. Il veut allonger la période d’activité, reporter l’âge du droit à la retraite. Afin d’y parvenir, la précédente étape était le contrat entre les générations, le terrain de la prochaine étape est préparé notamment par ce rapport de Guy Quaden (PS).
Il n’y a pas si longtemps, la caisse des pensions dégageait régulièrement d’importants surplus dans lesquels le gouvernement puisait pour rembourser la dette au lieu de consolider le système pour préparer l’avenir. Pourtant, les effets du vieillissement de la population étaient tout à fait prévisibles. Les gouvernements belges successifs ont poussé à la constitution de fonds d’épargne retraite privés. Pour convaincre les citoyens, le gouvernement a employé deux tactiques : d’une part, leur faire peur en disant que le système public de retraite ne suffirait pas éternellement pour garantir des revenus suffisants ; d’autre part, les inciter à mettre leur épargne volontaire dans les mains des banquiers et des assureurs privés en offrant une réduction d’impôt. Dans le même temps, le gouvernement vendait au grand capital privé les dernières banques publiques comme la CGER (absorbée par Fortis) et le Crédit Communal (devenu Dexia). Le gouvernement et les autorités de contrôle ont laissé les banquiers et les assureurs privés spéculer avec l’épargne des citoyens au lieu de l’investir dans des projets socialement et économiquement utiles.
Guy Quaden, son collègue Jean-Paul Servais de la CBFA et le gouvernement sont responsables d’avoir laissé les banques et assurances belges prendre des risques totalement démesurés et, circonstance aggravante, avec l’épargne des citoyens belges. Les actifs placés par Fortis, Dexia et autres KBC aux Etats-Unis et en Europe orientale, les deux épicentres de la crise actuelle, sont beaucoup plus élevés que ceux des banques françaises, allemandes, hollandaises ou espagnoles (voir Damien Millet et Eric Toussaint, Les Chiffres de la dette, 2009, p.12). C’est pourquoi la crise frappe beaucoup plus la Belgique et les autres pays européens qui ont énormément déréglementé comme l’Irlande et la Grande Bretagne.
En Belgique, les contribuables qui versent 830 euros sur leur compte épargne-pension peuvent déduire cette somme de leur revenu imposable et obtenir environ 270 euros en réduction d’impôt. Or si l’Etat n’avait pas octroyé cette réduction d’impôt, il aurait pu verser cette somme dans le système public de financement des pensions légales et garantir sa pérennité.
En bout de course, les épargnants vont faire triplement les frais de la politique de l’Etat néo-libéral et des sociétés de banque-assurance : la valeur de leur épargne placée dans l’épargne pension a chuté entre 2007 et 2009 ; l’utilisation spéculative et improductive de leur épargne conduit aujourd’hui à des pertes massives d’emplois, alors que les actionnaires ont fait de juteux profits (quand cela marchait, cela procurait un rendement qui pouvait atteindre 15% versés sous forme de dividendes) ; les épargnants sont aussi des contribuables qui doivent financer l’augmentation brutale de la dette publique due à la manière dont Fortis, Dexia, Ethias, KBC ont été sauvés.
Pour garantir l’avenir de la sécurité sociale et du système des pensions, il faut mettre en œuvre des solutions radicalement différentes à celles qui sont à l’œuvre actuellement. Primo, il s’agit de réaliser une réduction radicale du temps de travail avec embauches compensatoires et maintien intégral du revenu afin d’accroître le nombre d’actifs cotisant et de garantir l’équilibre entre recettes et dépenses pour le système des retraites et la sécurité sociale. Il s’agit de créer un grand nombre d’emplois décents pour ceux qui n’en ont pas, tout en améliorant les conditions de travail de ceux qui en ont déjà. Deuzio, les pouvoirs publics doivent créer des places de travail dans les secteurs de la rénovation de logements, l’aménagement urbain, le développement des transports collectifs, la culture, la santé et l’éducation publiques. Pour cela, il faut augmenter les recettes de l’Etat par une politique fiscale faisant contribuer davantage ceux qui en ont les moyens. Tertio : arrêter les privatisations.
Guy Quaden annonce qu’il faudra faire des sacrifices pour réunir 10 milliards d’euros sur la période 2008-2014, mais avec le gouvernement belge, il s’est précipité pour dépenser plus du double de cette somme en une dizaine de jours, début octobre 2008, pour sauver Fortis et Dexia. Guy Quaden et le gouvernement ont laissé les patrons de celles-ci partir avec des parachutes dorés. Ils ne demandent à aucun des responsables du désastre de rendre des comptes à la justice. Dans les derniers mois, ils ont engagé quelques milliards supplémentaires notamment pour sauver KBC. Or il était nécessaire de nationaliser ces sociétés en faillite en récupérant le coup de l’opération sur le patrimoine des grands actionnaires et des administrateurs responsables du désastre. L’Etat aurait ainsi à sa disposition un puissant instrument pour investir dans l’économie réelle tout en garantissant l’épargne des citoyens.
Guy Quaden, qui reconnaît que les avoirs financiers des Belges ont baissé de 150 milliards d’euros en 2008, ne risque pas d’avoir des fins de mois difficiles : son salaire dépasse 400 000 euros par an, soit davantage que celui de Barack Obama ou de Jean-Claude Trichet (président de la Banque centrale européenne), 15 fois celui du président équatorien Rafael Correa et de son homologue bolivien Evo Morales, 15 fois celui d’un employé, d’un ouvrier qualifié ou d’un enseignant, au moins 20 fois le revenu d’un ouvrier non qualifié. A combien s’élèveront la retraite de Guy Quaden et les revenus de ses placements financiers (après le prélèvement du précompte libératoire de 15%) ?
Compte tenu de tout ce qui précède, Guy Quaden doit démissionner et prendre sa retraite. Il ferait bien de verser une bonne partie de son salaire astronomique dans la caisse publique des pensions afin de contribuer, certes modestement, à la refinancer.
Le parquet devrait saisir la justice des délits commis par les dirigeants de Fortis (à commencer par son ex-président le comte Maurice Lippens et Jean-Pol Votron ainsi que Gilbert Mittler), Dexia (Axel Miller), KBC, Ethias… Lippens a présidé Fortis jusqu’à sa quasi-faillite fin septembre 2008. Avant sa démission, on le retrouvait en tant qu’administrateur dans de nombreuses sociétés. Citons en quelques-unes : Total, Suez-Tractebel, SN Brussels Airlines (il a été l’un des responsables de la faillite de la SABENA) et le Groupe Bruxelles Lambert du milliardaire belge Albert Frère (après son départ de Fortis comme président, Lippens a démissionné de plusieurs CA mais est resté administrateur de GBL). En 2004, Lippens a donné son nom au code belge de gouvernance d’entreprise censé améliorer la gestion et la transparence des entreprises belges. Le code « Lippens » est une liste de vœux pieux qu’il s’est empressé de ne pas s’appliquer. On sait ce que cela a donné. Lippens fréquente avec son ami le Vicomte Etienne Davignon la Commission Trilatérale et le groupe de Bilderberg où se retrouvent en catimini la droite et l’extrême droite du patronat et des gouvernements de la planète. Jean-Paul Votron a quitté sa fonction de CEO de Fortis le 11 juillet 2008 avec un parachute doré de 1,35 million d’euros. Gilbert Mittler, ex-directeur financier de Fortis, est parti avec une indemnité de 4 millions d’euros. Ces individus devraient restituer leurs indemnités à la collectivité, par exemple pour financer la caisse publique des retraites.
Mais surtout, il faut d’urgence une autre politique au gouvernement et à la Banque nationale de Belgique.
Eric Toussaint
28.06.09
Source: www.lcr-lagauche.be
mardi 7 juillet 2009
La non-solidarité ouvrière et syndicale
Bourse du travail, mars 1938.
«J’ai honte de ceux dont je me suis toujours sentie le plus proche. J’ai honte des démocrates français, des socialistes français, de la classe ouvrière française.» Poursuivant, l’auteure des lignes ajoute à propos des ouvriers : «Depuis des années ils voient leurs compagnons de travail nord-africains souffrir à leurs côtés plus de souffrances qu’eux-mêmes, subir plus de privations, plus de fatigues, un esclavage plus brutal.» «Y a-t-il beaucoup d’hommes, parmi les militants ou les simples membres de la SFIO et de la CGT, qui ne s’intéressent pas beaucoup plus au traitement d’un instituteur français, au salaire d’un ajusteur français, qu’à la misère atroce qui fait périr de mort lente les populations d’Afrique du Nord ?»
Ainsi s’exprimait la philosophe Simone Weil, qui dénonçait les positions des partis politiques et des syndicats du mouvement ouvrier relativement aux colonies de la République impériale et aux travailleurs «indigènes» présents en métropole. Victimes de dispositions discriminatoires et racistes dans les territoires d’outre-mer dominés par la France, ceux qu’il faut appeler «les colonisés-immigrés» subissent alors dans l’Hexagone une exploitation et une oppression spécifiques trop souvent inaperçues ou tenues pour secondaire par ceux-là mêmes qui prétendent défendre les «intérêts matériels et moraux» de tous les prolétaires. Quant à la «solidarité ouvrière», elle n’est qu’un mythe, affirme Simone Weil.
24 juin 2009.
La commission administrative de la Bourse du travail à Paris, composée de représentants de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de Solidaires, publie un communiqué pour saluer la «libération» de ce lieu - c’est le terme employé, dévoyé serait plus juste - par des militants de la CGT. Libéré de qui ? Des centaines de sans-papiers qui y vivaient dans des conditions précaires depuis le 2 mai 2008 et empêchaient les réunions des «salariés», comme on peut le lire dans le même texte qui dénonce aussi «une sorte de prise en otage». Remarquable rhétorique qui n’a rien à envier, du point de vue des arguments et du vocabulaire utilisés, à celle du Medef ou du gouvernement lorsqu’ils sont confrontés à des situations voisines. Pour rétablir l’ordre dans les entreprises, par exemple, eux aussi affirment agir au nom de la liberté bafouée par des activistes irresponsables. Libéré de quelle manière ? Par la violence, de nombreux témoignages concordants le prouvent, et l’appel aux fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, comme le reconnaît le secrétaire général de la commission précitée, Edgar Fisson, membre de la CGT. En effet, alors que «l’évacuation» était en cours - admirons une fois encore la délicate euphémisation du langage employé pour désigner ce qui doit être considéré comme une expulsion conduite manu militari - il s’est adressé au maire de Paris pour obtenir l’intervention de la «police».
Adéquation des discours et des pratiques qui transforment les victimes de la politique xénophobe aujourd’hui mise en œuvre par l’Etat en adversaires stigmatisés qu’il faut combattre et jeter à la rue en couvrant cette ignominie d’une phraséologie empruntée à la défense des salariés et de leurs organisations syndicales. La CGT n’est pas seule en cause. Toutes les confédérations syndicales, qui observent aujourd’hui un silence bruyant, de même les partis de la gauche parlementaire, qui n’ont pas jugé nécessaire de dénoncer cette action perpétrée à la Bourse du travail, sont concernés.
Bavure, comme certains l’affirment ? C’est oublier un long passé, celui rappelé par Simone Weil, et un long passif qui a vu, au début des années 80, certains applaudir la destruction par des bulldozers de l’entrée d’un foyer de travailleurs maliens à Vitry-sur-Seine, et la dénonciation publique de jeunes Marocains présentés comme des dealers par Robert Hue, alors maire de Montigny-lès-Cormeilles.
Plus récemment, quand Manuel Valls, confronté à des «populations de couleur», déclare qu’il faut plus de «Blancs» dans la ville qu’il dirige - Evry -, peu s’en sont émus au Parti socialiste, et nul dirigeant national, à notre connaissance, ne s’est précipité pour dénoncer ce discours. Au mieux l’indifférence, un mol soutien aux luttes des sans-papiers ou l’abandon à «l’air du temps» sécuritaire et xénophobe en espérant des jours meilleurs alors qu’une telle attitude conforte les préjugés et la stigmatisation dont sont victimes les étrangers en situation irrégulière, notamment. Au pire l’exploitation partisane et syndicale des inquiétudes des «Français» comme disent les uns, des «salariés» comme disent les autres, sur le dos de ces nouveaux parias que sont les «clandestins». Dangereuses dérives. Sinistre époque.
Olivier Le Cour Gand Maison
Enseignant à l'Université Evry-Val-d'Essonne
06.07.09
Source: www.liberation.fr
«J’ai honte de ceux dont je me suis toujours sentie le plus proche. J’ai honte des démocrates français, des socialistes français, de la classe ouvrière française.» Poursuivant, l’auteure des lignes ajoute à propos des ouvriers : «Depuis des années ils voient leurs compagnons de travail nord-africains souffrir à leurs côtés plus de souffrances qu’eux-mêmes, subir plus de privations, plus de fatigues, un esclavage plus brutal.» «Y a-t-il beaucoup d’hommes, parmi les militants ou les simples membres de la SFIO et de la CGT, qui ne s’intéressent pas beaucoup plus au traitement d’un instituteur français, au salaire d’un ajusteur français, qu’à la misère atroce qui fait périr de mort lente les populations d’Afrique du Nord ?»
Ainsi s’exprimait la philosophe Simone Weil, qui dénonçait les positions des partis politiques et des syndicats du mouvement ouvrier relativement aux colonies de la République impériale et aux travailleurs «indigènes» présents en métropole. Victimes de dispositions discriminatoires et racistes dans les territoires d’outre-mer dominés par la France, ceux qu’il faut appeler «les colonisés-immigrés» subissent alors dans l’Hexagone une exploitation et une oppression spécifiques trop souvent inaperçues ou tenues pour secondaire par ceux-là mêmes qui prétendent défendre les «intérêts matériels et moraux» de tous les prolétaires. Quant à la «solidarité ouvrière», elle n’est qu’un mythe, affirme Simone Weil.
24 juin 2009.
La commission administrative de la Bourse du travail à Paris, composée de représentants de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de Solidaires, publie un communiqué pour saluer la «libération» de ce lieu - c’est le terme employé, dévoyé serait plus juste - par des militants de la CGT. Libéré de qui ? Des centaines de sans-papiers qui y vivaient dans des conditions précaires depuis le 2 mai 2008 et empêchaient les réunions des «salariés», comme on peut le lire dans le même texte qui dénonce aussi «une sorte de prise en otage». Remarquable rhétorique qui n’a rien à envier, du point de vue des arguments et du vocabulaire utilisés, à celle du Medef ou du gouvernement lorsqu’ils sont confrontés à des situations voisines. Pour rétablir l’ordre dans les entreprises, par exemple, eux aussi affirment agir au nom de la liberté bafouée par des activistes irresponsables. Libéré de quelle manière ? Par la violence, de nombreux témoignages concordants le prouvent, et l’appel aux fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, comme le reconnaît le secrétaire général de la commission précitée, Edgar Fisson, membre de la CGT. En effet, alors que «l’évacuation» était en cours - admirons une fois encore la délicate euphémisation du langage employé pour désigner ce qui doit être considéré comme une expulsion conduite manu militari - il s’est adressé au maire de Paris pour obtenir l’intervention de la «police».
Adéquation des discours et des pratiques qui transforment les victimes de la politique xénophobe aujourd’hui mise en œuvre par l’Etat en adversaires stigmatisés qu’il faut combattre et jeter à la rue en couvrant cette ignominie d’une phraséologie empruntée à la défense des salariés et de leurs organisations syndicales. La CGT n’est pas seule en cause. Toutes les confédérations syndicales, qui observent aujourd’hui un silence bruyant, de même les partis de la gauche parlementaire, qui n’ont pas jugé nécessaire de dénoncer cette action perpétrée à la Bourse du travail, sont concernés.
Bavure, comme certains l’affirment ? C’est oublier un long passé, celui rappelé par Simone Weil, et un long passif qui a vu, au début des années 80, certains applaudir la destruction par des bulldozers de l’entrée d’un foyer de travailleurs maliens à Vitry-sur-Seine, et la dénonciation publique de jeunes Marocains présentés comme des dealers par Robert Hue, alors maire de Montigny-lès-Cormeilles.
Plus récemment, quand Manuel Valls, confronté à des «populations de couleur», déclare qu’il faut plus de «Blancs» dans la ville qu’il dirige - Evry -, peu s’en sont émus au Parti socialiste, et nul dirigeant national, à notre connaissance, ne s’est précipité pour dénoncer ce discours. Au mieux l’indifférence, un mol soutien aux luttes des sans-papiers ou l’abandon à «l’air du temps» sécuritaire et xénophobe en espérant des jours meilleurs alors qu’une telle attitude conforte les préjugés et la stigmatisation dont sont victimes les étrangers en situation irrégulière, notamment. Au pire l’exploitation partisane et syndicale des inquiétudes des «Français» comme disent les uns, des «salariés» comme disent les autres, sur le dos de ces nouveaux parias que sont les «clandestins». Dangereuses dérives. Sinistre époque.
Olivier Le Cour Gand Maison
Enseignant à l'Université Evry-Val-d'Essonne
06.07.09
Source: www.liberation.fr
lundi 6 juillet 2009
Attaque de la librairie Résistances par la LDJ
Un commando de 5 hommes, la plupart masqués, déclarant ouvertement appartenir à la Ligue de Défense Juive (LDJ) ont attaqué vendredi 3 juillet en début d’après-midi la Librairie Résistances (4 Villa Compoint, 75017 – Paris).
Deux femmes travaillant à la librairie étaient présentes, ainsi que deux clients. Après les avoir bousculés, les nervis se sont attaqués avec frénésie à l’établissement, arrosant d’huile plusieurs milliers de livres, et détruisant les ordinateurs, avant de prendre la fuite à bord d’une automobile. Cette attaque est intervenue au lendemain d’une conférence, donnée à la librairie par Mahmoud Suleiman, maire du village palestinien d’Al-Masara, sur le thème des actions de résistance non violente contre le mur d'annexion israélien.
La librairie Résistances, qui propose, notamment, de nombreux livres sur la Palestine et sur Israël, a été attaquée et menacée à de nombreuses reprises par les fascistes sionistes. Mais alors que les agissements de cette bande sont archi-connus de la police, le pouvoir politique a jusqu’à présent systématiquement manifesté sa sollicitude à leur égard.
Voir la video sur http://www.vimeo.com/5462395
De nombreuses organisations, librairies, réseaux de bibliothèques, appellent à un rassemblement devant la librairie Résistances ce mercredi soir 8 juillet à partir de 18 H 30, pour exiger la dissolution de la Ligue de Défense Juive, organisation terroriste qui multiplie les agressions en France (voir sur notre site le récit de l'attaque du Conseil municipal de Vitry-sur Seine le 23 Juin).
Un grand merci à toutes celles et ceux qui nous ont aidé à nettoyer la librairie et aux nombreuses personnes et associations qui nous ont fait parvenir de chaleureux messages de soutien.
Communiqué :
Ça suffit comme ça ! Dissolution de la Ligue de Défense Juive.
La Librairie Résistances, située dans le dix-septième arrondissement à Paris, a été attaquée et saccagée par des nervis de l'extrême-droite sioniste ce vendredi 3 juillet en plein après midi.
La Librairie Résistances est connue pour son engagement concernant le soutien au peuple palestinien et, au-delà, aux luttes des peuples du tiers-monde.
Il n'est donc pas étonnant qu'elle ait été aujourd'hui, une nouvelle fois, la cible de la violence des groupes ultra-sionistes, au premier lieu desquels la Ligue de défense juive (LDJ).
Interdite en Israël et aux Etats-Unis pour son caractère raciste et fascisant, la LDJ reste tolérée en France par les autorités, alors même que depuis plusieurs années, elle a été impliquée dans de nombreuses opérations de ratonnades de militants et de sympathisants de la cause palestinienne ainsi que d'agression contre la population maghrébine.
La dernière en date étant l'attaque de la Mairie de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, à l'occasion du cérémonie municipale faisant d'un dirigeant palestinien, Marwan Barghouti, citoyen d'honneur de la ville.
Les agissements fascisants de la LDJ et des groupes de l'extrême-droite sioniste n'ont que trop duré.
Les signataires expriment leur totale solidarité avec la Librairie Résistances, et demandent fermement l'interdiction de la Ligue de défense juive, et la traduction en justice de ses nervis.Les organisations signataires appellent à un rassemblement mercredi 8 juillet 2009 à partir de 18 H 30 devant la librairie Résistances 4, Villa Compoint - Paris 17e (à l'angle du 40 rue Guy Moquet). Metro Guy Moquet (ou Brochant). Ligne 13. Bus 31. Arrêt : Davy-Moines.
(Premiers signataires : NPA, les Verts, AFD France, AJPF Association pour les jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises, Américains contre la guerre AAW France, Al-Rowad, ATL Jenine, CCIPPP, CAPJPO-EuroPalestine, Collectif Faty Koumba, Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Paix, CPPI St Denis, CVPR, Droits Devant !Femmes en Noir, FTCR, Génération Palestine, la GUPS, La Courneuve Palestine, MAIF, le MRAP, Nanterre Palestine, RESOCI, Respaix, Réveil des Consciences, Union juive française pour la paix UJFP, UTIT, Une Autre Voix Juive)
Amicalement,
CAPJPO-EuroPalestine
http://www.europalestine.com
Deux femmes travaillant à la librairie étaient présentes, ainsi que deux clients. Après les avoir bousculés, les nervis se sont attaqués avec frénésie à l’établissement, arrosant d’huile plusieurs milliers de livres, et détruisant les ordinateurs, avant de prendre la fuite à bord d’une automobile. Cette attaque est intervenue au lendemain d’une conférence, donnée à la librairie par Mahmoud Suleiman, maire du village palestinien d’Al-Masara, sur le thème des actions de résistance non violente contre le mur d'annexion israélien.
La librairie Résistances, qui propose, notamment, de nombreux livres sur la Palestine et sur Israël, a été attaquée et menacée à de nombreuses reprises par les fascistes sionistes. Mais alors que les agissements de cette bande sont archi-connus de la police, le pouvoir politique a jusqu’à présent systématiquement manifesté sa sollicitude à leur égard.
Voir la video sur http://www.vimeo.com/5462395
De nombreuses organisations, librairies, réseaux de bibliothèques, appellent à un rassemblement devant la librairie Résistances ce mercredi soir 8 juillet à partir de 18 H 30, pour exiger la dissolution de la Ligue de Défense Juive, organisation terroriste qui multiplie les agressions en France (voir sur notre site le récit de l'attaque du Conseil municipal de Vitry-sur Seine le 23 Juin).
Un grand merci à toutes celles et ceux qui nous ont aidé à nettoyer la librairie et aux nombreuses personnes et associations qui nous ont fait parvenir de chaleureux messages de soutien.
Communiqué :
Ça suffit comme ça ! Dissolution de la Ligue de Défense Juive.
La Librairie Résistances, située dans le dix-septième arrondissement à Paris, a été attaquée et saccagée par des nervis de l'extrême-droite sioniste ce vendredi 3 juillet en plein après midi.
La Librairie Résistances est connue pour son engagement concernant le soutien au peuple palestinien et, au-delà, aux luttes des peuples du tiers-monde.
Il n'est donc pas étonnant qu'elle ait été aujourd'hui, une nouvelle fois, la cible de la violence des groupes ultra-sionistes, au premier lieu desquels la Ligue de défense juive (LDJ).
Interdite en Israël et aux Etats-Unis pour son caractère raciste et fascisant, la LDJ reste tolérée en France par les autorités, alors même que depuis plusieurs années, elle a été impliquée dans de nombreuses opérations de ratonnades de militants et de sympathisants de la cause palestinienne ainsi que d'agression contre la population maghrébine.
La dernière en date étant l'attaque de la Mairie de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, à l'occasion du cérémonie municipale faisant d'un dirigeant palestinien, Marwan Barghouti, citoyen d'honneur de la ville.
Les agissements fascisants de la LDJ et des groupes de l'extrême-droite sioniste n'ont que trop duré.
Les signataires expriment leur totale solidarité avec la Librairie Résistances, et demandent fermement l'interdiction de la Ligue de défense juive, et la traduction en justice de ses nervis.Les organisations signataires appellent à un rassemblement mercredi 8 juillet 2009 à partir de 18 H 30 devant la librairie Résistances 4, Villa Compoint - Paris 17e (à l'angle du 40 rue Guy Moquet). Metro Guy Moquet (ou Brochant). Ligne 13. Bus 31. Arrêt : Davy-Moines.
(Premiers signataires : NPA, les Verts, AFD France, AJPF Association pour les jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises, Américains contre la guerre AAW France, Al-Rowad, ATL Jenine, CCIPPP, CAPJPO-EuroPalestine, Collectif Faty Koumba, Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Paix, CPPI St Denis, CVPR, Droits Devant !Femmes en Noir, FTCR, Génération Palestine, la GUPS, La Courneuve Palestine, MAIF, le MRAP, Nanterre Palestine, RESOCI, Respaix, Réveil des Consciences, Union juive française pour la paix UJFP, UTIT, Une Autre Voix Juive)
Amicalement,
CAPJPO-EuroPalestine
http://www.europalestine.com
dimanche 5 juillet 2009
Qui a parlé d’accommodements raisonnables ?
Dans une carte blanche du 18 mai 2009 intitulée « « Raisonnables », les accommodements ? », il est affirmé que l’expression du religieux dans la sphère publique serait une application de la notion d’ « accommodement raisonnable », ce qui présenterait selon les auteurs divers dangers dont celui du communautarisme.
Une confusion existe au sujet de la notion d' « accommodement raisonnable » et des principes fondamentaux qui gouvernent notre société. Un « accommodement raisonnable » désigne l'assouplissement d'une norme en vue d’éviter que celle-ci ne crée une discrimination à l’encontre d’une catégorie de personnes, l’objectif étant de respecter le principe d’égalité des citoyens.
Il convient donc d’abord de vérifier la « norme » applicable et quelle est la hiérarchie des normes. En Belgique, la Convention européenne des droits de l’Homme (ci-après « CEDH ») prime sur la Constitution, laquelle prime sur les lois, décrets et ordonnances, etc. Un justiciable peut saisir la Cour constitutionnelle et la Cour européenne des droits de l'Homme si une norme nationale, ne répondant pas aux principes consacrés, lui cause préjudice. On ne peut donc mettre au même niveau le règlement d'ordre intérieur d’une école et un article de la CEDH ou un principe constitutionnel.
Dans le domaine qui soulève déraisonnablement la controverse, il s’agit de la liberté de culte. Or, la CEDH (article 9) et la Constitution (article 19) consacrent clairement la liberté de culte. Ce sont des normes supérieures auxquelles doivent se conformer les législations et règlementations nationales. Des limitations à ces libertés sont possibles selon la CEDH, mais seules des lois (et décrets) peuvent les limiter, pour autant que ces lois constituent « des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
Revendiquer l'application d'un principe consacré par la CEDH et par la Constitution, à savoir la liberté de culte, en l’absence de loi (ou de décret) limitant cette liberté, ce n'est pas « déroger » à une norme, mais c'est bien l’appliquer. Il ne peut donc être question d' « accommodement raisonnable ».
L' « égalité » que les auteurs de la carte blanche du 18 mai invoquent ressemble à la notion d'uniformité. Or l'égalité se fait dans la diversité et la différence et non dans l’uniformité. C'est consacré de façon claire par la CEDH et par la Constitution. La Déclaration universelle des droits de l'Homme, dont s'inspire la CEDH, née au lendemain de la seconde guerre mondiale, avait pour objectif d'empêcher qu'une hégémonie raciale ou idéologique puisse à nouveau s'installer, suite aux horreurs du régime nazi. Il ne s'agissait pas d'imposer un mode de vie particulier, en l'occurrence occidental, au reste du monde ou aux personnes qui choisissent de s'installer en Europe. L'égalité dont il est question n'est pas ce nivellement des différences, de type « hégémonique », mais une égalité fondamentale, laissant la place à la différence, et à son corollaire, le respect par chacune et chacun, quelles que soient ses croyances, de ces normes fondamentales, lesquelles doivent devenir le creuset de ce « socle commun de valeurs ». Il convient en revanche d'éviter de faire un amalgame, hélas trop récurrent, entre « valeurs universelles » et « mode de vie occidental ». Cela reviendrait à trahir l’universalité de ces valeurs.
De façon paradoxale, ce sont en fait les auteurs de cette carte blanche qui réclament des « accommodements » aux normes supérieures établies par la CEDH et par la Constitution car ils estiment dangereux de laisser à certains le droit de faire valoir leurs droits. Une telle démarche tend surtout à préserver un certain mode de vie, une certaine conception de l’identité occidentale, faits de repères historiques, culturels et autres, mais non des valeurs fondamentales.
Cette démarche aboutit à imposer une forme subtile d'hégémonie et de totalitarisme, curieusement dénommée « laïcité ». La question est de savoir si cet « accommodement » à la norme supérieure revendiquée par certains « laïques » est « raisonnable ». La CEDH prévoit cette possibilité de dérogation, pour autant que ce soit par une loi (ou un décret en Belgique). C'est à notre avis le seul vrai débat ouvert à ce sujet.
En Belgique, la laïcité est la neutralité. La neutralité est cet espace commun où chacun(e) peut trouver sa place. Mais ce n’est pas une norme imposant une manière de vivre « laïque » au sens philosophique du terme. Ceci qui constituerait selon nous une dérive et un détournement du principe constitutionnel de neutralité.
Il est temps d’aborder les réalités du 21e siècle et de dépasser le clivage « religion/laïcité » du 19e siècle : la laïcité politique, qui n’est autre que la neutralité, appartient à tous et toutes, pas plus aux « laïques philosophiques » (athées et agnostiques) qu'à ceux et celles qui se revendiquent d'une religion. Il revient dès lors à chacun et chacune, sans formation de camps opposés, de préserver et de défendre cet espace commun.
Et pour plus de clarté, il convient de séparer l'État de la laïcité organisée. Celle-ci est reconnue par l'État comme une conviction philosophique, à l'égal d'une religion, et bénéficie à ce titre de financements publics. La laïcité organisée n'a pas le monopole de la laïcité politique. Cette dernière appartient à toutes les convictions religieuses et philosophiques de façon égale : c'est le garant de notre liberté, de notre égalité et de notre fraternité. Nous battre pour préserver cet espace de neutralité, c'est le véritable enjeu de la démocratie et du vivre ensemble.
Dans le cadre du chantier neutralite.be :
Abdelghani Ben Moussa, militant antiraciste
Anne Rayet, avocate
Hajer Missaoui, juriste
Hava Yildiz, avocate
Inès Wouters, avocate
Malika Hamidi, doctorante en sociologie
Marie-Claire Foblets, professeure de droit KUL
Marie Jo Sanchez, coordinatrice d’école
Mehmet A. Saygin, juriste
Michael Privot, islamologue
Michel Staszewski, enseignant
Mohamed Boulif, consultant en finance
Nadine Rosa-Rosso, enseignante
Paul Lowenthal, professeur émérite UCL
Pierre Huygens, anthropologue
Souhail Chichah, chercheur en économie de la discrimination ULB
Une confusion existe au sujet de la notion d' « accommodement raisonnable » et des principes fondamentaux qui gouvernent notre société. Un « accommodement raisonnable » désigne l'assouplissement d'une norme en vue d’éviter que celle-ci ne crée une discrimination à l’encontre d’une catégorie de personnes, l’objectif étant de respecter le principe d’égalité des citoyens.
Il convient donc d’abord de vérifier la « norme » applicable et quelle est la hiérarchie des normes. En Belgique, la Convention européenne des droits de l’Homme (ci-après « CEDH ») prime sur la Constitution, laquelle prime sur les lois, décrets et ordonnances, etc. Un justiciable peut saisir la Cour constitutionnelle et la Cour européenne des droits de l'Homme si une norme nationale, ne répondant pas aux principes consacrés, lui cause préjudice. On ne peut donc mettre au même niveau le règlement d'ordre intérieur d’une école et un article de la CEDH ou un principe constitutionnel.
Dans le domaine qui soulève déraisonnablement la controverse, il s’agit de la liberté de culte. Or, la CEDH (article 9) et la Constitution (article 19) consacrent clairement la liberté de culte. Ce sont des normes supérieures auxquelles doivent se conformer les législations et règlementations nationales. Des limitations à ces libertés sont possibles selon la CEDH, mais seules des lois (et décrets) peuvent les limiter, pour autant que ces lois constituent « des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
Revendiquer l'application d'un principe consacré par la CEDH et par la Constitution, à savoir la liberté de culte, en l’absence de loi (ou de décret) limitant cette liberté, ce n'est pas « déroger » à une norme, mais c'est bien l’appliquer. Il ne peut donc être question d' « accommodement raisonnable ».
L' « égalité » que les auteurs de la carte blanche du 18 mai invoquent ressemble à la notion d'uniformité. Or l'égalité se fait dans la diversité et la différence et non dans l’uniformité. C'est consacré de façon claire par la CEDH et par la Constitution. La Déclaration universelle des droits de l'Homme, dont s'inspire la CEDH, née au lendemain de la seconde guerre mondiale, avait pour objectif d'empêcher qu'une hégémonie raciale ou idéologique puisse à nouveau s'installer, suite aux horreurs du régime nazi. Il ne s'agissait pas d'imposer un mode de vie particulier, en l'occurrence occidental, au reste du monde ou aux personnes qui choisissent de s'installer en Europe. L'égalité dont il est question n'est pas ce nivellement des différences, de type « hégémonique », mais une égalité fondamentale, laissant la place à la différence, et à son corollaire, le respect par chacune et chacun, quelles que soient ses croyances, de ces normes fondamentales, lesquelles doivent devenir le creuset de ce « socle commun de valeurs ». Il convient en revanche d'éviter de faire un amalgame, hélas trop récurrent, entre « valeurs universelles » et « mode de vie occidental ». Cela reviendrait à trahir l’universalité de ces valeurs.
De façon paradoxale, ce sont en fait les auteurs de cette carte blanche qui réclament des « accommodements » aux normes supérieures établies par la CEDH et par la Constitution car ils estiment dangereux de laisser à certains le droit de faire valoir leurs droits. Une telle démarche tend surtout à préserver un certain mode de vie, une certaine conception de l’identité occidentale, faits de repères historiques, culturels et autres, mais non des valeurs fondamentales.
Cette démarche aboutit à imposer une forme subtile d'hégémonie et de totalitarisme, curieusement dénommée « laïcité ». La question est de savoir si cet « accommodement » à la norme supérieure revendiquée par certains « laïques » est « raisonnable ». La CEDH prévoit cette possibilité de dérogation, pour autant que ce soit par une loi (ou un décret en Belgique). C'est à notre avis le seul vrai débat ouvert à ce sujet.
En Belgique, la laïcité est la neutralité. La neutralité est cet espace commun où chacun(e) peut trouver sa place. Mais ce n’est pas une norme imposant une manière de vivre « laïque » au sens philosophique du terme. Ceci qui constituerait selon nous une dérive et un détournement du principe constitutionnel de neutralité.
Il est temps d’aborder les réalités du 21e siècle et de dépasser le clivage « religion/laïcité » du 19e siècle : la laïcité politique, qui n’est autre que la neutralité, appartient à tous et toutes, pas plus aux « laïques philosophiques » (athées et agnostiques) qu'à ceux et celles qui se revendiquent d'une religion. Il revient dès lors à chacun et chacune, sans formation de camps opposés, de préserver et de défendre cet espace commun.
Et pour plus de clarté, il convient de séparer l'État de la laïcité organisée. Celle-ci est reconnue par l'État comme une conviction philosophique, à l'égal d'une religion, et bénéficie à ce titre de financements publics. La laïcité organisée n'a pas le monopole de la laïcité politique. Cette dernière appartient à toutes les convictions religieuses et philosophiques de façon égale : c'est le garant de notre liberté, de notre égalité et de notre fraternité. Nous battre pour préserver cet espace de neutralité, c'est le véritable enjeu de la démocratie et du vivre ensemble.
Dans le cadre du chantier neutralite.be :
Abdelghani Ben Moussa, militant antiraciste
Anne Rayet, avocate
Hajer Missaoui, juriste
Hava Yildiz, avocate
Inès Wouters, avocate
Malika Hamidi, doctorante en sociologie
Marie-Claire Foblets, professeure de droit KUL
Marie Jo Sanchez, coordinatrice d’école
Mehmet A. Saygin, juriste
Michael Privot, islamologue
Michel Staszewski, enseignant
Mohamed Boulif, consultant en finance
Nadine Rosa-Rosso, enseignante
Paul Lowenthal, professeur émérite UCL
Pierre Huygens, anthropologue
Souhail Chichah, chercheur en économie de la discrimination ULB
samedi 4 juillet 2009
Exemple pratique d'action citoyenne
N'achetez pas de grosses dattes !
Elles proviennent presque toutes de sociétés israéliennes.
Les bénéfices d'exportation de ces dattes aident à financer l'occupation de la Palestine.
L'État d'Israël a massacré à Gaza plus de 1400 Palestiniens en janvier 2009, dont un grand nombre d'enfants.
Acheter ces dattes, c'est soutenir ces pratiques meurtrières.
SVP, n'oubliez pas GAZA 2009 !
Venez vous joindre à nous dans le travail de sensibilisation des citoyens: venez nous rejoindre pour la distribution de tracts à la population belge.
ACTIONS DATTES ÉTÉ 2009
JOUR / OÙ / HEURE / LIEU DE RENCONTRE
dim 5/7 Marché Midi 10h café Avenida, coin Bld Lemonnier-Midi
dim 5/7 Marché Abattoirs 12h Metro Clémenceau
ven 10/7 Marché Schaarbeek 11h coin Av. Rogier-rue Royale St Marie
sam 11/7 Rue de Brabant 16h Place Liedts – arrêt du tram
dim 12/7 Marché Midi 10h café Avenida, coin Bld Lemonnier-Midi
dim 12/7 Marché abattoirs 12h Métro Clémenceau
jeu 16/7 Marché matinal 05h Station d'essence Quai des Usines
Grossistes fruits secs 08h coin Bld Dixmude-Ypres
lun 20/7 Chée de Gand 16h coin canal-chée de Gand
Du 15/8 au 21/8 Marchés : chq jour de la semaine un autre marché
Portez le T-SHIRT “BOYCOTT ISRAEL – PALESTINE VIVRA” : ceux qui ne l'ont pas peuvent l'acheter le jour de l'action (stock chez Dominique)
Plusieurs personnes (Nadia, Redouane, Dominique, Yvette, Youssef, Hossein,...) vont contacter des mosquées pour y distribuer des tracts ou parler.
BOYCOTTEZ LES PRODUITS EN PROVENANCE D'ISRAEL : LA PALESTINE VIVRA !
Elles proviennent presque toutes de sociétés israéliennes.
Les bénéfices d'exportation de ces dattes aident à financer l'occupation de la Palestine.
L'État d'Israël a massacré à Gaza plus de 1400 Palestiniens en janvier 2009, dont un grand nombre d'enfants.
Acheter ces dattes, c'est soutenir ces pratiques meurtrières.
SVP, n'oubliez pas GAZA 2009 !
Venez vous joindre à nous dans le travail de sensibilisation des citoyens: venez nous rejoindre pour la distribution de tracts à la population belge.
ACTIONS DATTES ÉTÉ 2009
JOUR / OÙ / HEURE / LIEU DE RENCONTRE
dim 5/7 Marché Midi 10h café Avenida, coin Bld Lemonnier-Midi
dim 5/7 Marché Abattoirs 12h Metro Clémenceau
ven 10/7 Marché Schaarbeek 11h coin Av. Rogier-rue Royale St Marie
sam 11/7 Rue de Brabant 16h Place Liedts – arrêt du tram
dim 12/7 Marché Midi 10h café Avenida, coin Bld Lemonnier-Midi
dim 12/7 Marché abattoirs 12h Métro Clémenceau
jeu 16/7 Marché matinal 05h Station d'essence Quai des Usines
Grossistes fruits secs 08h coin Bld Dixmude-Ypres
lun 20/7 Chée de Gand 16h coin canal-chée de Gand
Du 15/8 au 21/8 Marchés : chq jour de la semaine un autre marché
Portez le T-SHIRT “BOYCOTT ISRAEL – PALESTINE VIVRA” : ceux qui ne l'ont pas peuvent l'acheter le jour de l'action (stock chez Dominique)
Plusieurs personnes (Nadia, Redouane, Dominique, Yvette, Youssef, Hossein,...) vont contacter des mosquées pour y distribuer des tracts ou parler.
BOYCOTTEZ LES PRODUITS EN PROVENANCE D'ISRAEL : LA PALESTINE VIVRA !
vendredi 3 juillet 2009
Avis aux étudiant(e)s du secondaire...
Réussir ses examens de passage ?
Ateliers de néerlandais – français
(pour les étudiant(e)s du secondaire)
ÉGALITÉ peut vous aider à réussir un ou des examens de passage en néerlandais ou en français.
Une semaine d’atelier d’études-exercices-explications sera organisée :
du vendredi 21 août au vendredi 28 août
Fonctionnement
Chaque atelier regroupe maximum dix étudiants et un enseignant. Pour chaque matière, un atelier d’une heure est organisé chaque matin du vendredi au vendredi. L’atelier est suivi d’une heure trente d’études et d’exercices, avec correction par un enseignant.
Horaire
09h00 – 10h00 Révision de la matière
10h15 – 11h45 Etude et exercices individuels
Inscription
Le formulaire d’inscription doit être obligatoirement rentré pour le lundi 20 juillet 2009.
Par mail : info.egalite@gmail.com (mentionner comme objet : ateliers de rattrapage)
Par la poste : Nadine Rosa-Rosso, rue Van Artevelde, 161/19 – 1000 Bruxelles
Conditions
- vous êtes très motivé(e) à réussir votre examen
- vous vous engagez à suivre sérieusement les ateliers (arriver à l’heure, respecter la discipline du groupe, les autres étudiants, les enseignants, les locaux)
- vous apportez votre cours en ordre
- vous revoyez la matière de votre cours seul(e) avant de commencer l’atelier
Participation aux frais
ÉGALITÉ demande à chaque participant une contribution libre, à fixer lors de l’inscription.
Cette contribution peut être financière, matérielle, humaine…
Le nombre d’ateliers et les locaux seront fixés en fonction des inscriptions.
Chaque étudiant(e) sera contacté(e) après réception de son inscription.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Formulaire d’inscription par étudiant(e)
Nom………………………………………....................Prénom………………………………….................................
Adresse…………………………………………………………………………………………………………………………………….
Commune………………………………………………………………………………………………………………………………..
N° GSM…………………………………………………………… N° Téléphone……………………………………………
Je m’inscris pour l’atelier de
- Néerlandais
- Français
Je m’engage à respecter les quatre conditions.
Signature de l’étudiant(e)
Ateliers de néerlandais – français
(pour les étudiant(e)s du secondaire)
ÉGALITÉ peut vous aider à réussir un ou des examens de passage en néerlandais ou en français.
Une semaine d’atelier d’études-exercices-explications sera organisée :
du vendredi 21 août au vendredi 28 août
Fonctionnement
Chaque atelier regroupe maximum dix étudiants et un enseignant. Pour chaque matière, un atelier d’une heure est organisé chaque matin du vendredi au vendredi. L’atelier est suivi d’une heure trente d’études et d’exercices, avec correction par un enseignant.
Horaire
09h00 – 10h00 Révision de la matière
10h15 – 11h45 Etude et exercices individuels
Inscription
Le formulaire d’inscription doit être obligatoirement rentré pour le lundi 20 juillet 2009.
Par mail : info.egalite@gmail.com (mentionner comme objet : ateliers de rattrapage)
Par la poste : Nadine Rosa-Rosso, rue Van Artevelde, 161/19 – 1000 Bruxelles
Conditions
- vous êtes très motivé(e) à réussir votre examen
- vous vous engagez à suivre sérieusement les ateliers (arriver à l’heure, respecter la discipline du groupe, les autres étudiants, les enseignants, les locaux)
- vous apportez votre cours en ordre
- vous revoyez la matière de votre cours seul(e) avant de commencer l’atelier
Participation aux frais
ÉGALITÉ demande à chaque participant une contribution libre, à fixer lors de l’inscription.
Cette contribution peut être financière, matérielle, humaine…
Le nombre d’ateliers et les locaux seront fixés en fonction des inscriptions.
Chaque étudiant(e) sera contacté(e) après réception de son inscription.
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Formulaire d’inscription par étudiant(e)
Nom………………………………………....................Prénom………………………………….................................
Adresse…………………………………………………………………………………………………………………………………….
Commune………………………………………………………………………………………………………………………………..
N° GSM…………………………………………………………… N° Téléphone……………………………………………
Je m’inscris pour l’atelier de
- Néerlandais
- Français
Je m’engage à respecter les quatre conditions.
Signature de l’étudiant(e)
jeudi 2 juillet 2009
14è et dernière AG avant les congés d'été
Chères amies, chers amis,
vous êtes invité(e)s à la 14 ème et dernière assemblée régionale d'ÉGALITÉ avant les congés d'été,
qui se tiendra comme à l'habitude :
ce vendredi 3 juillet à 19 heures,
rue des Grands Carmes, 22 à 1000 Bruxelles.
Ordre du Jour :
- Témoignage de trois femmes qui vivent de près la problématique des lois anti-terroriste et de l'extradition qui en découle, chez nous en Belgique.
- Rencontre et dialogue sur les perspectives des différents groupes de travail en cours.
Des collations et boissons seront prévues.
Avant les congés que nous vous souhaitons des plus reposants, au plaisir de vous y rencontrer nombreux!
vous êtes invité(e)s à la 14 ème et dernière assemblée régionale d'ÉGALITÉ avant les congés d'été,
qui se tiendra comme à l'habitude :
ce vendredi 3 juillet à 19 heures,
rue des Grands Carmes, 22 à 1000 Bruxelles.
Ordre du Jour :
- Témoignage de trois femmes qui vivent de près la problématique des lois anti-terroriste et de l'extradition qui en découle, chez nous en Belgique.
- Rencontre et dialogue sur les perspectives des différents groupes de travail en cours.
Des collations et boissons seront prévues.
Avant les congés que nous vous souhaitons des plus reposants, au plaisir de vous y rencontrer nombreux!
mercredi 1 juillet 2009
A travers sa jeunesse, soutenons la Palestine
Nos jeunes de Comac Quartiers ont invité 13 jeunes palestiniens pour un séjour à Bruxelles, dans un projet d'échange.
Ces jeunes garçons et filles, viennent du camp de réfugiés de 'Aida', à Bethlehem.
Ils ont beaucoup à raconter.
Ils ont travaillé avec les jeunes de Comac Quartiers dans plusieurs ateliers, workshops.
Dans ces ateliers, ils ont fait connaître à leurs ami(e)s belges, leur monde, leur lutte, leur espoir pour une Palestine libre.
Ils veulent montrer les résultats de ces ateliers.
Parce que l'un de leur souci et de leur besoin est: la solidarité.
Ils vont exposer les résultats de ces ateliers dans la rue, à la population.
Ce samedi 4 juillet entre 14h et 17h, Place de la monnaie,
ils vous invitent à les rencontrer, avant qu'ils ne retournent en Palestine.
Ils vous attendent nombreux pour partager un moment ensemble...
Ces jeunes garçons et filles, viennent du camp de réfugiés de 'Aida', à Bethlehem.
Ils ont beaucoup à raconter.
Ils ont travaillé avec les jeunes de Comac Quartiers dans plusieurs ateliers, workshops.
Dans ces ateliers, ils ont fait connaître à leurs ami(e)s belges, leur monde, leur lutte, leur espoir pour une Palestine libre.
Ils veulent montrer les résultats de ces ateliers.
Parce que l'un de leur souci et de leur besoin est: la solidarité.
Ils vont exposer les résultats de ces ateliers dans la rue, à la population.
Ce samedi 4 juillet entre 14h et 17h, Place de la monnaie,
ils vous invitent à les rencontrer, avant qu'ils ne retournent en Palestine.
Ils vous attendent nombreux pour partager un moment ensemble...
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