vendredi 10 avril 2009

Faut-il attendre d'être vaincu pour changer?

" (...) Penser nous condamne à être libre. C'est pourquoi le pouvoir fait toujours tout pour réduire la pensée et ce qui la nourrit...

La liberté est une nécessité qui découle de notre faculté de penser. Si le journalisme est un contre-pouvoir, s'il est une transgression, sa cause, son éthique c'est de défendre et de nourrir et de permettre la pensée. De tous...

Etre digne de ce qui arrive, ne pas être inférieur à l'évènement, le prendre comme une question, et donc une pensée, penser l'évènement, tant qu'on peut, avec son âme et ses tripes...

Et que pouvons-nous sur le chaos du monde et sur le destin? Si peu. Nous avançons à tâtons...

Elle est partout cette pente douce amère qui va de la mélancolie à la soumission. Je ne dis pas qu'on ne s'indigne plus, on s'indigne même beaucoup, on ne fait que cela. Et que peut-on faire? On ne peut rien faire. De l'indignation à l'impuissance, de l'impuissance au ressentiment, voilà le terrain propice à toutes les infamies. A toutes les peurs. A notre goût immodéré pour la servitude volontaire... La Boétie ou Montaigne posent la seule question qui vaut aujourd'hui: pourquoi se laisser asservir alors que nous sommes nés pour être libres?

Les peuples n'ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur, disait Stendhal.
Trouvons le plus grand mur possible pour y inscrire ce proverbe dogon:

FAUT-IL ATTENDRE D'ETRE VAINCU POUR CHANGER ? (...) "


Daniel Mermet
Là-bas si j'y suis - Ed. La découverte - 1999 - Extraits

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